GONDILLAC.) RÉPONSES A DIVERSES QUESTIONS SUR LE SUBJONCTIF
Faut-il dire :
La langue matetHelle est la première qu'on doive ou qu'on doit apprendre ?
H faut doit, si, donnant un précepte, on veut parler en général ; il faut doive, s'il y a supposition, doute, choix.
Faut-il dire :
Si c'est moi qui dois ou doive cette somme, je la paierait
Dans si c' est moi (qui doive cette somme, je la paierai , je n'affirme pas que je dois la somme, j'en doute, au contraire; cela signifie is'il est vrai que je la doive, si les circonstances veulent que j'en sois débiteur, en un mot, si c'est moi qui me trouve la devoir, je la paierai.
S'il est vrai qu'Homère ait fait Virgile, c'est son plus bel ouvrage. (Voltaire.)
Si j'apprends que laprincesse soit arrivée, jevous le ferai savoir.
Dans Girault-Duvivier on trouve ces exemples :
Si c était moi qui proposasse; — vous qui proposassiez.
Si dans ces phrases on substituait le présent à l'imparfait, le second verbe ne serait-il pas de même au subjonctif? Il serait absurde de penser que le doute ne se trouvât pas aussi formellement exprimé en disant : Si c'est moi qui propose, au lieu que si c'était moi qui proposasse. Seulement la première rapproche le temps, le moment où l'action doit avoir lieu; mais, dans l'une comme diins l'autre, il y a doute.
S in.
Après ordonner, peut-on employer indifféremment le subjonctif ou le conditionnel?
On les emploie l'un ou l'autre, selon le sens qu'on veut exprimer :
Œdipe, en achevant sa triste destinée, Ordonna que chacun régnerait son année.
(Racine.)
Le gouverneur ordonna que nous irions jusqu'à Thèbes pour être présentés au roi, (Fénelon.)
DU VERBE
Servius ordonna qu'on assemblerait le peuple 1 par centuries, lorsqu'il serait question d'élire des magistrats. (Vertot.)
Il ordonna qu'on les laissât aller. (Rollin.)
Après le passé du verbe ordonner, on n'emploie le conditionnel que lorsque l'ordre tombe sur quelque chose d^loignë, et dépendant implicitement ou explicitement d'une condition.