Les grandes char
GRAMMAIRE FRANÇAISE
Us se sont crus perdus, ils se sont dits étrangers.
Quelle gloire s'est acquise Alexandre l
Elle s'est proposé de vous peindre.
Elle s'est proposée pour vous peindre.
Ce sont des choses qu'ils se sont cru permis de faire, et qu'ils se sont imaginéqu'on tolérerait.
Ce sont des choses qu'elle s' estini2iQiné pouvoir faire.
Elle aurait fait toutes les choses qu'elle se serait imaginé {de faire).
Elle s'est laissée tomber.
Elle s'est laissé tromper.
Elle s'est fait mourir.
Point de cas analogue.
Les entrepi'ises qu'elle s'est imaginé devoir réussir ont complètement échoué.
Pointde cas analogue .
Des peines, je m'en suis donné; combien je m'en suis données! De ces livres^ combien vous en êtes-vous procuré ? Je m'en suis trop acheté.
De la peine , que je m'en suis donné 1
Point de cas analogue.
leurs qu'il a fait onf beau' coup nui.
13. Cette promenade a été plus agréable que je ne l'avais cru.
14. Il a vu disparaître la foule de flatteurs que sa fortune avait formée autour de lui.
Il a vu disparaître cette foule de flatteurs que sa fortune avait attirés autour de lui.
Lepeud'aifecûon que vous lui avez témoignée, lui a rendu le courage.
Lepeu d'affection que vous lui avez témoigné l'a découragé.
trouvé dans cet ouvrage (!)/
La chose est plus facile que je ne me l'étais imaginé.
C'est le bonheur du peuple, plutôt que sa propre gloire, qu'il s'est proposé.
Quelle quantité de matériaux il s'est procurés!
Le peu de peine qu'il s'est donnée /'a fatigué.
Le peu de peine qu'il s'est donné me prouve son indifférence.
Il y a cependant quelques cas où la question n'amène pas une réponse satisfaisante, où le sens figuré du verbe réfléchi rend difficile la décomposition grammaticale, comme dans se douter, s'apercevoir de quelque chose, s'attaquer à quelqu'un, s'emparer d'un objet, s'abstenir, s'échapper, etc.
Nous allons examiner chacune de ces difficultés, et donner un moyen de les résoudre.
Cette maison s'est bâtie en quelques mois.
On dit figurément qu'une maison se bâtit, se démolit, se vend, se loue, pour ; on la bâtit, on la démolit, on la vend, on laloue; mais puisque, dans ce cas, on prend le passif pour l'actif, l'effet pour la cause, en attribuant à un objet une action qu'il reçoit, et qu'il est incapable d'exécuter, il ne faut le considérer que dans son sens figuré, et faire la question comme si cet objet agissait réellement :
Cette maison s'est bâtie. — Cette maison a bâti, quoi? — Se, soi.
Elle ne s'est pas abstenue de manger, et s'en est repentie.
On ne dit point abstenir quelqu'un,repentir quelqu'un; la question : elle a abstenu qui? répugne donc, et ne peut amener aucune réponse saiisfai' santé.
Ces verbes sont essentiellement réfléchis, c'està-dire qu'ils ne peuvent se conjuguer sans les pronoms compléments me, te, se, nous,vous : je m'abstiens, tu te repens, etc.
Tout participe d'un verbe essentiellement réfléchi s'accorde avec le pronom complément qui le précède, et qui est identique avec le sujet : elle s'eit agenouillée ; ils se sont écriés; nous nous en sommes emparés; elle s'est moquée de nous, etc.
(1) Ici il y a réellement accord arec le pronom se, identique Que de fautes il s'est arec l'impersonnel il, dont %!M ((e fautes est le détermioatif.
DES PARTICIPES (SYNTAXE)
On excepte seulement le participe du verbe s'arroger, qui suit la règle générale : ils se sont arrogé des droits; les droits (\niis ss sont arrogés.
La raison de l'accord des participes des verbes essentiellement réfléchis est dans la décomposition étymologique de ces verbes : s'abstenir, c'est se tenir loin de; s'emparer, se mettre en part, en possession; se repentir, se mettre en peine à cause, etc.
Ils s'étaient persuadés que personne n'oserait les contredire. {Dictionnaire de l' Académie.)
{L'Académie a changé cet exemple dans sa dernière édition. )
Lemare condamne l'accord du participe persuadé dans cette phrase, parce qu'il regarde s' comme complément indirect, et la proposition que personne n oserait les contredire comme complément direct.
Cependant cet accord est justifié par des exemples de Buffon, de Boileau, de La Harpe, et d'autres bons auteurs.
L'inaccord aurait aussi sa raison, puisqu'on dit persuader quelqu'un de quelque chose, et persuader quelque chose à quelqu'un. Dans le premier cas, la persuasion est plus intime, elle est fondée, et c'est là le sens de se persuader que.
Observez que le mot que est aussi bien traduisible par de ceci, que par ceci : ils se sont plaints qn on voulût les tromper ; de sorte que ce mot ne peut pas toujours être considéré comme régime direct, ainsi que le voudrait Lemare.
Il n'en est pas de même de la phrase suivante :
Ils se sont imaginé que personne n'oserait les contredire; parce que le mot que, traduisible par ceci, est considéré comme régime direct.
Elle s'est aperçue de cela; elle s'en était doutée; elle s'est tue.
Quelques verbes, accidentellement réfléchis, tels que s'apercevoir de quelque chose, se douter, se taire, s'attaquer à quelqu'un, s'échapper, etc., résistent plus ou moins à la décomposition grammaticale, qui ne satisfait point l'esprit; en effet, on ne dit pas : douter quelqu'un, taire quelqu'un, échapper quelqu'un; et attaquer soi à quelqu'un, apercevoir soi de quelque chose, ne présentent pas un sens satisfaisant. Cependant les participes passés de ces verbes s'accordent avec le pronom complément qui les précède, sans doute parce que l'esprit voit dans leur décomposition quelque raison de cet accord : Elle s'est doutée {elle s'est mise en doute); elle s'est tue {elle s'est tenue ensiience); elle s'est attaquée à moi {elle s'est mise en attaque contre moi); elle s'est aperçue rfe cela {elle s'est mi.se en perception, en vue de cela).
. Je ne tiens pas, continue M. Boniface , à l'explication que je donne, on peut en trouver une meilleure; mais toutefois est-il certain que , dans ce
cas, le participe s'accorde , quelle que soit la raison de cet accord.
On pourrait s'en tenir à la règle suivante : Le participe d'un verbe réfléchi s'accorde avec le pronom complément qui le précède, ei qui est identique avec le sujet, si ce compiément ne peut être indirect, c'est-à-dire se tourner par à soi, en soi. Cette règle s'applique surtout aux trois cas précédents, où la question ne peut être posée d'une manière satisfaisante.
(Alexandre Boniface.)
Le savant lexicographe M. Vanier a traité du participe dans son dictionnaire , et il s'en est acquitté en homme véritablement lettré, en homme sensément avide du progrès raisonnable et surtout raisonné^ Nous n'admettons pas , comme nôtres , toutes les vues sous lesquelles il envisage la question; nous répudions principalement, et de toutes nos forces , les (fermes forgés par le néologisme grammatical ; mais on se rappellera que nous devons enregistrer pour les savants tout ce qui tient réellement au domaine de la science ; laissons parler M. Vanier :
Les Latins ont trois sortes de participes et tous trois adjectifs : un dit présent, un futur, et l'autre surnommé passé ou passif.
Les Grammairiens qui nous ont fait nos rudiments, à l'instar de ceux du Latium, ont introduit chez nous toute la nomenclature latine, et ils ont appelé participe présent un mot qui n'est signe d'aucun temps, et participe passif un mot qui n'exprime aucune action soufferte. Quand une fois on fait un faux pas , il est difficile de n'en pas faire un second, un troisième, tout en voulant se retirer du bourbier dans lequel on s'était enfoncé; et voilà positivement ce qui est arrivé. De là un principe mal posé, des règles mal faites, et les nombreuses exceptions qui en découlent ; véritable labyrinthe où la raison se perd. Laissons donc cette vieille friperie de l'ancienne école , el abordons la question franchement.