DE LÀ L1T0T
Ce mot, qui se diteii grec Xitottiç, et qui signifie simplicité , étant formé de Xtxoç , simple , est l'opposé de l'hyperbole , c'esl-à'-dîré qu'où paraît
affaiblir une pensée dont on suppose que les idées accessoires réveilleront tome la forœ; par modestie, ou par égard, ou par politique, on dit moins qu'on ne pense; mais on est bien assuré que ce moins réveillera l'idée du plus.
(l'est ainsi que , dans le Cid de Corneille, Chimène dit à Rodrii^iie :
Va, je lie te hais pas. (Act. 3, se. 4.)
Pour faire entendre quelle L'aime.
C'est par la même raison qu'on dit, par ménagement, à quelqu'un qu'on trouve dijjne de blâme : je ne puis vous louer; je ne puis approuver votre démarche.
Si l'on dit de quelqu'un : ce n'est pas un sot, on veut faire entendre qu'il a des connaissances et de l'esprit.
Cette figure s'appelle aussi exténuation, ou diminution.
DES TROPES. 95
des métaphores. Les langues ont raregaent autant de mots qu'il peut se présenter d'idées à expriijjer ; et celte disette force nécessairement à em? ployer des métaphores. C'est pour cela qu'on dit i la lumière de l'esprit, le [lambeau de la raison, la clef des sciences, etc., comme l'on dit au propre : la lumière du soleil, la clef d'une armoire, eic. Ainsi l'on supplée par des images ou par des idées accessoires aux mots que la langue ne peut fournir; et il arrive souvent que ces idées accessoires et ces images occupent plus agréablement l'esprit , rendent le discours plus énergique, donnent, pour ainsi dire , plus de corps à nos pensées que ne l'auraient fait les mois propres eux-mêmes, si la langue en avait fourni de tels.
Au propre, on dit : s'enivrer de quelque liqueur; au figuré, oîi s'enivre déplaisir^ d'espérance, d'éloges, etc.