SE LA CONJONCTIOM ET DE LA DISJONCTION
La conjonction est la répétition de la même conjonction qui lie tous les membres ou incises d'une période. Cette figure pai ait multiplier les objets en les accumulant. Exemple :
On égorge à la fois les enfants, les vieillards, Et la sœur, et le frère , Et la fille et la mère.
Racine, dans Athalie.
Lu disjonction est la suppression de ces liaisons. Par là le discours acquiert plus de vivacité; cette ligure fait mieux voir les objets en les détachant. Exemple ;
J'entre. Le peuple fuit. Le sacrifice cesse. Le grand-prèlre vers moi s'avance avec fureur. Racine , dans Alhalie.
DE LA PERISSOLOGIE.
La périssologie , mol formé du grec ^ipicsoi superflu, et de Aoyos discours, signifie langage superflu. Beaucoup de Grammairiens ont à tort confondu celte figure avec le pléonasme. Pléonasme marque simplement abondance et richesse. Péri»sologie désigne la superfluité des mots dans chaque phrase, c'est-à-dire, leur inutilité. Le pléonasme est souvent une beauté dans la diction. La périssologie est un vice d'élocution. 11 y a, comme le dit Estarac,deux sortes de périssologie. Elle peut avoir lieu de deux manières, ou par la répétition superflue de la même idée partielle , ou par la répétition inutile de la même pensée.
1* Par la répétition inutile de la même idée partielle ; dans l'exemple suivant : ils se firent des reproches réciproques , les uns aux autres. Réciproques signifie la même chose que les uns aux autres ; ainsi l'une de ces expressions est superflue.
Cet ouvrage est rempli de beaucoup de beaux
traits. S'il en estrempli, il y en a beaucoup; beaucoup est une périssologie.
J'ai des raisons assez suffisantes pour me déterminer. Assez et suffisantes présentent inutilement la même idée, dans la même nuance.
J'ai mal à ma tête. Ma ne sert à rien ; ce ne peut être à la tête d'autrui.
2° La seconde espèce de périssologie consiste .t ressasser éternellement la même pensée pour la présenter sous toutes les faces possibles, et faire parade d'une stérile fécondité et d'une abondance inutile. C'est le défaut dans lequel sont souvent tombés Ovide et Sénèque ; c'est celui dont les jeunes gens doivent se garantir avec le plus grand soin, parce qu'ils sont naturellement plus portés a prendre des phiases vides de sens pour des pensées distinctes , et à confondre un bavardage insignifiant, quoique sonore, avec un discours plein de sens et de raison.
Les figures que nous ne définissons pns ici appartiennent proprement au style de la rhétorique: ce n'est pas le lieu de nous en occuper.
DES ASOTS EXPLETIFS.
Le mot explétif, en latin expletivus, formé de explere, remplir, signifie qui remplit. Ce terme d( Grammaire se dit des mots qui entrent dans une phrase sans être absolument nécessaires au sens. Exemple : donnez-moi cet enfant^ je vous le traiterai bien. Moi eivous sont de véritaldes mots explétifs dans ces deux propositions ; car ils sont inutiles: donnez cet enfant , je le traiterai bien, diraii tout autant. 11 faut se montrer sobre de ces locutions.