SUR CETTE NOUVELLE ÉDITION
Nous venons do relire encore une fois consciencieusement toute notre Grammaire,
Quelques fautes typographiques s'étaient gliss;?es dans la deuxième édition ; nous avons dû les faire entièrement disparaître : elles n'existent plus.
De nombreuses critiques nous avaient été adressées par des lettres psrticiilières et par la voie de la presse ; nous avoqs fait droit à toutes celles dont l'appréciation était et bien raisonnée et judicieusement motivée ; quant à celles que l'esprit de système ou de chicane seul avait inspirées et dictées, nous nous sommes permis de passer outre, après en avoir toutefois approfondi la dénonciation et mesuré la portée.
Personne n'a attaqué notre travail sur le fond ni sur la forme; nous sommes heureux d'avoir à nous en applaudir.
Maintenant, notre Grammaire est-elle parfaite? Hélas! non; nous laisserons à d'autres la folle présomption de prétendre être parfaits en matièrede grammaire. La raison de cette désespérante solution , pour ce qui nous rea:arde , la voici î il n'y aura jamais de grammaire raisonnablement poasible , tant que l'autorité académique n'aura pas fait la sienne. Ce jour-là seulement, \es grammairiens, qui tous contredisent à cœur-joie toute espèce de grammaire, de quelque main qu'elle sorte, seront une bonne fois tous forcés de s'entendre ; il en sera de même des auteurs , quelque grand nom qu'ils portent, à quelque époque qu'ils appartiennent.
Quanta nous, nous n'avons nullement eu la prétention de faire une grammaire extraordinaire, paè même une grammaire dite des auteurs; parce que les auteurs en général ne se montrent pas eux-mêmes assez corrects et assez sages dans leurs innovations; nous avons recherché partout les règles du bon usage, et nous en avons composé un ouvrage qu'on pourrait intituler l'histoire des grammaires et des grammairiens, convenable aux savants comme aux gens du monde. Tout ce qui a été dit sur la grammaire, nous l'avons rassemblé dans notre recueil , ayant le soin toutefoi de tout coordonner d'une fagon qui en absorbât, autant que possible, la difficult ; tel était notre but : nous aurons assez réussi, si nous l'avons rigoureusement atteint.
N )us pensons que ces quelques mots suffisent pour prouver de nouveau notre zèle. Nous aurions pu, à l'exemple des autres, nous faire représenter ici par une pompeuse Préface enrichie de la signature d'un nom tout à la fois académique, scientifique et lettré; mais le public éclairé sait ce que valent ces sortes âe préfaces: nous avons cru de notre dignité, de notre devoir, de ne point attirer sur nous le trop juste reproche de n'avoir pas agi par nous-même loyalement et franchement dans une tâche qu'il n'est permis de confier à personne.
NVPOLEON LANDAIS.
Mars 1841.
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