DE LA DÉRIVATION
La dérivation forme les augmentatifs et les diminutifs des mots. Ainsi un mot est dit dérivé d'un autre , lorsqu'il en est formé.
Les augmentatifs donnent plus d'extension au sens d'un mot; ils expriment une chose plus vaste que l'objet désigné par le mot primitif. Coutelas dit plus que couteau; c'est l'augmentatif de ce mot.
Les diminutifs dépeignent la chose plus petite que le mot qui a servi à les former. Maisonnette, qui signifie petite maison; monticule, petite montagne; bleuâtre, rougeâlre, tirant sur le bleu, sur le rouge, sont autant de diminutifs. Il y a dans notre langue une toule de ces diminutifs , et le goût peut en créer d'autres au besoin. C'est ainsi que les anciens écrivains avaient forgé rossignolet de rossignol, agnelet d'agneau, fleurette de fleur, herbelte d'herbe , etc. On s'en sert moins aujourd'hui. Cependant, nous en avons encore qui servent à donner plus d'extension au sens du mot primitif : tels que trembloter, vivoter, sautiller; ce serait un tort de ne pas en faire usage. Car, si nous considérons avec Estarac les changements que les augmentatifs et les diminutifs font subir à l'idée primitive exprimée par le mot dont ils rférivem, nous reconnaîtrons :
Qu'à l'idée exprimée par le mot vivre, le diminutif viyofer ajoute l'idée accessoire de peine , de difficulté, de gêne; c'est vivre petitement et avec peine;
Qu'à l'idée primitive exprimée par le verbe trembler, trembloter 3i]onte l'idée accessoire d'tme diminution sensible dans les mouvements causés par le tremblement.
Si , du verbe pleurer, l'usage permettait de faire l'augmentatif pleur asser, elles diminutifs pleuroter et pleurnicher, chacun de ces troisderniers verbes