‹ Grammaire générale des grammaires françaises, présentant la solution analytique, raisonnée et logique de toutes les questions grammaticales anciennes et modernesChapitre 51 sur 279 · MONDOR · texte numérisé non relu

MONDOR

De vous aussi , m'est avis.

( Voltaire , la Prude, acte v , se. 8.

M'est avis se dit encore familièrement.

comme employé dans des constructions où itous employons QUE.

Cette manière de parler est une imitation des Latins, qui disaient i«à ut, littéralement ainsi comme; magis liaud quasi, pas plus tomme si.

Uaud iik vitam agerent, ut nunc plerumque videmus.

(Lucrèce, m.)

Je vous félicite donc d'avoir une femme si belle, si sage , si bien faite comme elle est. ( Molière , le Médecin malgré lui, acte ii, se. 4.)

Qu'il fasse autant pour soi comme je fais pour lui.

(P. Corneille, Pohjeucte, acte m, se. 3.)

€ Ce vers est un solécisme. On dit autant que, » et non pas autant comme. Soi ne se dit plus qu'à » l'indéfini : il faut faire quelque chose pour soi : il » travaille pour lui. » (Voltaire.)

Ce serait en effetunsolécisme aujourd'hui; mais ce n'en était point un du temps de Corneille. On

disait alors plus souvent autant comme qu'autant que , et les poètes pouvaient en user indifféremment. A l'égard de soi, il n'y a peut-être pas un poète qui ne i'aitemployé pour /wi, sans en excepter Boileau.

» s'y livrait, quand les grandes images ne le soute- » naient pas. Le bonheur sam pareil n'éiait pas si » ridicule qu'aujourd'hui. Ce fut Boileau qui pro-

Peut-être que tu mens aussi hien comme lui.

(P. Corneille , le Menteur, acte iv , se. 7. )

f On a déjà dit que comme ici est un solécisme » et qu'il faut que. » (Voltaire.)

€ On ne dit point autant comme , mais autant » que.... >

FAIRE DE avec un nom ou un adjectif.

Tantôt en le voyant y ai fait de l'effrayée.

(P. Corneille, Nicomède, actei^sc. 5.)

a Les comédiens ont corrigé j'ai feint d'être t effrayée, mais la.ch'ose n'est pas moins petite et » moins indigne de la grandeur tragique. » (Voltaire. )

Sans doute il ne faudrait pas dire aujourd'hui : j'ai fait de l'effrayée , mais cette manière de parler était usitée anciennement , comme oif le voit par l'exemple qui suit :

A luy s'adresse ; et, faisant du mocqtieur. Il le picqua jusques au fond du cueur.

{\M3, Iliade, u.)

MÊME adjectif, placé avant le nom.

Ce que vous m'ordonnez est la même justice»

(P. Corneille, le Menteur, acteii, se. V.)

« La memejîisfice ne signifiepas /a justice même.»

PAMER sans pronom.

TVIon cœur pâme de joie , et mon ame n'aspire Qu'à vous aswcier l'un et l'autre à l'empire.

(P. Corneille, Héraclius, acte v, se. 5.)

Mais voyez qu'elle pâme ; et, d'un amour parfait, Dans cette pâmoison, sire , admirez l'effet.

(P. Corneille, le Cid, acte iv , se. 5.)

Sire, on pâme de joie ainsi que de tristesse. (Ihid.)

€ On ne dit pas pâmer; on dit se pâmer. > (Voltaire. )

Cependant madame de Sévigné a dit en prose pâmer de rire , et par conséquent Corneille a bien pu dire en vers : pâmer de joie.

« Cela est au point que le roi et toutes les dames en pâment de rire. » (Madame de Sévigné, tome i , Lettre du 26 mars 4671. )

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