‹ Grammaire générale des grammaires françaises, présentant la solution analytique, raisonnée et logique de toutes les questions grammaticales anciennes et modernesChapitre 83 sur 279 · DE LA CONVERSATION · texte numérisé non relu

DE LA CONVERSATION

on FROMONCIATIOir FAMILIÈRE.

Dans la prononciaiion familière, l'accent de la voix doit moins servir à exprimer la passion qu'à rendre le sens de ce que l'on dit. La déclamation qui n'est que le cri de la passion se mêle à l'ar-

V Académie, ont absolument le même sens. L'épithète fréqtiente, ajoutée au mot répétition, qui explique redite, nous parait péremptoirement définir redite; il n'en est pasdeméme de répétition, traduit par le mot redite. L'académie a en tort de confondre ainsi ces deux mots. La répétition est quelquefois, souvent même, permise; jamais la redite. Il aurait fallu établir cette distinction. Pourquoi l'Académie a-t-elle repoussé aussi la synonymie ? Son Dictionnaire renferme une multitude de mots qui ne sont inexplicables que parce qu'elle s'est privée de cette riche ressource.

(1 ) Encore un mot dont nous avons besoin d'expliquer le sens, si nous voulons être compris de tout le monde. Pérorer, dit V académie, c'est parler, discourir longuement et avec une sorte d'emphase. Ce mot emphase donne à la définition de pérorer une acception qui lui ôie toute sa noblesse et tou!e sa dignité. Sans doute on dit. mais trivialement, d'un bavard, qu'il pérore; mais appliqucra-t-on ce sens à l'orateur de la chaire, de la tribune? non certainement, à moins qu'il ne se laisse emporter au-delà des boines du beau et du vrai ; alors il remplit véritablement le rôle du bavard. Notre opposition nous paraît d'autant mieux fondée à considérer pérorer comme un terme no))le, que l'Académie , qui le foule aux pieds, définit le mot péroraison : la conclusion d'une harangue, d'un plaidoyer, d'un sermon, d'un discours d^apparat. Selon nous, pérorer, en latin, perorare, c'est déclamer en paroles pour persuader.

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