‹ Grammaire générale et historique de la langue françaisChapitre 119 sur 139 · CHATIMENT · texte numérisé non relu

CHATIMENT

// se regarde comme indigne de cet excellent, mais redoutable ministère.

(Fléchier.) Les hommes indignes d*être libres veulent que chacun soit esclave,

(Marmontel.)

Oui, oui, je m*en souviens, et j'épaodrai mon sang

Plutôt que de rien faire indigne de mon rang. (Corneille.)

Si Racine a dit :

Indigne également de vivre et de mourir.

On Tabandonne aux mains qui daignent le nourrir,

c'est que l'idée de vivre qui précède est l'idée dominante.

Diminutifs.

On donne ce nom aux mots qui ont une signification plus faible ou plus adoucie que ceux dont ils se forment par l'addition d'une certaine terminaison.

Du temps de Rabelais et de Marot, les diminutifs étaient nombreux en notre langue ; au dix-septième siècle, ils ont été bannis du style élevé et relégués dans la langue familière et comique.

Les diminutifs restés en usage sont terminés : 1® En au^ eau., tau:

Arbre,

Arbrisseau.

Lion,

Lionceau.

Côte,

Coteau.

Pasteor,

Pastoureau.

Ecrit,

Ecriteau.

Pigeon,

Pigeonneau.

rable,

Fabliau.

Souris,

Sourissau.

Fripon,

Friponneau.

Ver,

Vermisseau.

Jambon,

Jambonneau.

Voleur»

Volereau.

Mal j>rend aux volereaux de faire les voleorg.'

(La Fontaine.)

^Eaet^

ette :

Amour,

Amourette.

Fleur,

Fleurette.

Doux, douce,

Doucette.

Grand,

Grandelette.

Chemise,

Chemisette.

Manche,

Manchette.

Bergère, Brebis,

Bergeretté.

Brebiette.

PauTfe,

Pauvrette.

Poule,

Poulette.

Broche,

Brochette.

Seule,

Seulette.

Chanson,

Chansonnette.

Petite BREBIETTE tousjours semble jeunette. (Nicot.)

Ayant la main trop débile pour bien tenir la docte plume du cygne, j'ayprins la PLUMETTE (f un passereau, VoyseaU de la Mère d'Amour. ( J. lyer.)

Mon Dieu, la sœur, vous fsdtes la discrète

Et TOUS n'y touchez pas, tant vous semblez doucette. (Molière.)

S"" En on :

Aigle, Aiglon. Jupe, Aile, Aileron. Mouche, Ane, Anon. Nègre, Carafe, Carafon. Oiseau, Cotte, Cotillon. Puce, Enfant, Enfançon (vieux). Sable, Guenille, Guenillon. Val,

Jupon.

Moucheron.

Négrillon.

Oisillon.

Puceron.

Sablon.

Vallon.

Quoi qu'U faue, un Anon ne sera jamais qu'un âne.

Un image eust deseur Tautel

Qui moult estoit de belle taille,

Deseur son chief une touaille (1),

Un enfançon en son devant. (Gautier de Coinsi.)

4^ En 0^, otte :

Char, Chariot. Vieil, Cuisse, Cuissot. Balle,

Vieillot.

Ballotte.

Discerner.

Avant le complément indirect de ce verbe on emploie indifféremment de ou d'avec :

Discernons Vami d'avec le flatteur. (Académie.)

Mais sachez de Tami discerner le dalteur. (Boileau.)

(1) On disait aussi louaillon, étoffe de soie, napi>e, voile.

OBSERTITIQKS GOMPLÉMEMTAIBBS. 3S1

n 9^ applique à discerner la came du juste d'avec le pécheur. (Fléchier.)

Procureur delà Cour, j'entends qu'on me discerne

D'un méchant procureur dn GhMelet moderne. (Boursault.)

Quelques écrivains, au lieu de deux complànents, donnent à ce verbe un seul complément composé :

Discerne%-yous si mal le crime et l'innocence ? ( Racine.)

Mais l'Académie semble, par son silence, condamner cette construction.

Discernement, jugement.

Le jugement est la faculté qui considère et apprécie une chose en elle-même; le discernement est la faculté qui distingue cette chose de celles avec lesquelles elle pourrait être confondue. Pour apprécier ce qui est bien et ce qui est mal, ce qui est vrai et ce qui est faux y le jugement peut suflSre ; mais, s'il faut choisir ce qui est bon ou ce qui est beau dans les choses de goût, le discernement est indispensable.

Discord, discorde.

Le premier de ces mots était déjà vieux du temps de Vaugelas. Quelques écrivains le regrettent, non sans raison; car il ne paraît pas que discord et discorde aient jamais eu un sens bien identique, même lorsque tous les deux s'employaient concurremment. Roubaud les distingue par cette nuance : « La pomme jetée devant les déesses rivales excite entre elles im discord; adjugée à Tune des trois, elle allmne le feu de la discorde. » Le discord précède donc la discorde j coname l'accord précède la concorde; Tun est la cause et l'autre l'effet.

Discourir, disserter.

Ces verbes expriment tous deux un acte de l'esprit, manifesté par la parole; mais discourir a un sens plus étendu, disserter un sens plus spécial. Le sujet sur lequel on discourt est large, mais vague; celui sur lequel on disserte est restreint et déterminé. On discourt sur la politique, sur la morale, sur l'histoire, etc.; on disserte sur tel ou tel point spécial de l'histoire, de la politique, de la morale :

Socrate passa le dernier jour de sa vie à mscouiUR de l'immortalité de Vâme.

(Académie.) U DISCOURT des lois et des coutumes. (lia Bruyère.) Il A savamment disbbrtb sur ee point de ohrMologie. (académie»)

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