‹ Grammaire générale et historique de la langue françaisChapitre 124 sur 139 · IL J · texte numérisé non relu

IL J

418 GRAlf]l4tt& «ÉHÉRMJE Et MSfiM«DS.

Mmtm.

Ce mot , emprunté du latin , signifie dans notre langue l'espèce de cacophonie qui résulte de Tottf effare prolongée de la bouche dans rémission consécutive de deux sons qui ne sont distingués Tua de Vm^ par aueime articiriation;

On regarde assez communément, dit Beai^ée, les d^x terfliés & hiatus et de bâillement comme synonymes , mais je suis persuadé qu'il en est de ceux-là comme de tous les autres, et qu'avec une relation commune à une suite non Interrompue de vôt^i simples , ces mots désignent des idées accessoires différentes qui en font les caractères spëciftcfues. Ainsi le bditlêment exprime spécialement l'état de te bouche, et Yhiatus énonce Tespèce de cacophonie qui en résulte, de manière que Yhiat^s est Teffet du bdUlemenf. Le bâillement est pénible pour celui qui parle, Vhiatus est désagréable pour celui qui écoute : la théorie de Tun appartient à l'anatomie, celle de l'autre est du ressort de la grammaire (l).

Les hiats» n'étaient p» formellement întertfits à lios ancieris poètes : Saint-Gelais, Théophile, Régnier, Marot, nepretinentatiCutf soin de les éviter; on en trouve même ^core dans Malherbe :

Qui ose a peu soavcnt la fortuné contraire. ( Régnier.)

Que trMetagùt mc^oii Pé^oUle h grand'pe^èr. (Le même.)

Estant en celle troupe,

êù^amfMT esiconuae (etten eetoope^ ( Mat^^Oelais;)

La Garde, tes doctes écrits

Montrent les soins que wnaè^ptisr {"SÊfAhérbt.f

La conjonction et suivie d'une vojelle produit un hiatus condamné aujourd'hui en poésie ; on ne dirait donc plus avec Régnier :

lautUe scieDoe,. itgrate et mospriéée.

Qui' sert de'faUe au peuple, et aux grands de risée.

La langue, ease perfectionnant, a dà beaucoup faire pour l'oreille, et comme celle^ci*était fréquemment offensé© de^ la rettconlre^ des^voyelles^ les hiatus ont été ^néralement bannis, noïMeutem^nldes vers, mais mômectefteproee; on a^étë^ jusqu'à iftteïT[Sdsét*eiit?^ les voyelles des lettres purement oxplétives, le plus souvent un t: Pense-r-il^ viendror'f-on ; quelquefois unte s : Kas-y, donnes-y: tes soins; et l'on va même jusqu'à séparer Vn des voyelles nasales pour la joindre à la voydledCi' mot suivant, cbrûiXi^ àhns' bën enfant^ bon ami y quUimprononceîcommsdd 9S^/(mf , bthmmf,

U) Beauzée, Gramm. générale.

0Q8BRTA1101«S CÛMPtÉMEirrililItiBS. 4 19

MUtoire, annales, chmniqm,

\J histoire est le récit des faits vrais ou reçus pour vrais, qui peuvent intéresser les contemporains ou la postérité.

La chronique est Thistoire des faits, divisée selon Tordre des ten^ps.

Les mmaUs sont des chroniques divisées par années.

D'après ces premières différences, qui ne portent que sur la forme, histoire désigne un genre, dont chronique et annales représentent deua espèces vM>iées.

Les diiëfenoeB qui se rapportent au fond ne sont pas moins importantes.

L'Ài^^otfr^ est la narration sérieuse, liée et suivie, des événements màcnorables les plus propres à instruire la postérité; ce qui suppose de Fart , de la philosophie et de la critique dans l'écrivain.

La chronique est la mention de faits et d événements plus ou moins importants, mais ajoutés les uns aux autres sans aucun Uen ée dépendance ou de succession logique, et marqués seulement pour détmtmner certaines dates.

Les annales sont les chroniques de chaque année, et quoiqu'elles aient pour principal objet Tordre des temps, elles enregistrent plus de détails et de petits faits que les chroniques proprement dites, et se rapprochent aussi un peu plus de Vhistoire.

On a voulu reconnîritre entre Vhistoire et les annales une autre différence : histoire eût été appliqué aux faits que Técrivain aurait TUS lui-même ou qui se seraient passés de son vivant, et annales eût désigné ceux dont il n'aurait eu connaissance que par la tradition ; mais la ^ri^ue n'a pas admis cette distinction.

VMstùire ne domine pas seulement les annales et la chronique en ce qu'elle exprime le genre dans la matière où les trois mots se renc(mtrent coname synonymes ; sa signification s'étend encore à tout exposé suivi. Ainsi on dit Vhistoire de la philosophie, Vhistoire des idées, des arts, des hérésies, etc.

Humeur, fantaisie, caprice.

Humeur^ restreint à la signification d'un sentiment vif qui se produit et se dissipe sans aucun sujet sérieux, a quelque rapport de synonymie avec fantaisie et caprice. Voici les nuances qu'il feut distinguer entre ces trois mots :

Humeur tient plus au tempérament, caprice plus à l'esprit, fantaisie plus aux accidents.

V humeur a rapport à ce qu'on sait, la' fantaisie à ce qu'on désire, le caprice à ce qu'on rejette.

Une personne atteinte de quelque affection maladive, ou qui se trouve seulement dans une position malaisée , a de Y humeur; une femme enceinte a des fantaisies; un enfant a des caprices.

Idée, pensée.

Ce qui fait que ces deux mots sont souvent confondus dans Tusage, c'est qu'ils désignent également les produits de l'action de Tâme ou de l'esprit ; il y a d'ailleurs entre eux une grande différence de sens : Vidée est une image, une représentation de l'objet dans l'esprit; la pensée est un acte de l'esprit, qui considère cet objet isolément ou dans ses rapports avec d'autres. Les esprits légers, étourdis, superficiels, ont autant et souvent plus de bonnes idées que beaucoup d'autres; on ne trouve des pensées de quelque valeur que chez les esprits distingués.

On dit des idées qu'elles sont brillantes, obscures, gaies; et des pensées^ qu'elles sont fines, fortes, profondes.

Une pensée est vraie ou fausse; une idée^ par elle même, est toujours vraie, en tant qu'image d'un objet , et ce qu'on appelle vulgairement une idée fausse n'est qu'un faux jugement porté à l'occasion "de cette image ou de cette représentation.

Ignorer.

Lorsque ignorer est pris affirmativement, le verbe de la proposition subordonnée se met au subjonctifs et il se met à Vindicatif si ignorer est pris dans un sens négatif :

On iGKOiiE communément que Tristan ait mis en vers Vofficede la sainte Vierge.

(Voltaire.) Il n'ignore pas qu*il a mal agi en cette circonstance.

Dans le premier cas, ignorer a le sens de douter^ et dans le second, celui de savoir; d'où la raison de l'emploi du mode, emploi très-logique au fond, quoique en contradiction apparente avec les principes généraux de construction.

Il y a, il est.

Ces deux expressions impersonnelles n'ont pas la même valeur : il y a exprime quelque chose de particulier; il est y quelque chose de général :

Il T A dans cette affaire des dangers auxquels vous ne pouvez échapper.

(Girault-Du vivier.) // n*Y A RIEN qui rafraîchisse le sang comme une bonne action, (La Bruyère.) Il est des contre-temps qu'il faut qu'un sage essuie. (Racine.]

Pour éviter Thiâtus, les poètes emploient il est sans distinction de sens.

Illisible, inlisible.

Ces deux mots ont une signification tout à fait distincte : inlisible se dit au propre et dans le sens matériel des caractères, de récriture qu'on ne peut déchiffrer, lire :

Sa main ne forme que des caractères illisibles. (Voltaire.)

Illisible se dit figurément des ouvrages si mal pensés et si mal écrits qu'on n'en peut supporter la lecture :

Pourquoi n*ont'il écrit gue ^'illisibles ouvrages? (La Harpe.)

L'Académie n'a pas admis cette distinction, et dit également une écriture inlisible et une écriture illisible.

Imaginer, s'imaginer.

Imaginer^ c'est Concevoir par la pensée, créer, inventer :

La principale qualité d*un peintre, d*un poëte, c'est de bien imaginer un dessin avant de l'exécuter. (Beauzée.)

Celui qui imagina les premiers caractères de l'alphabet a bien des droits à la reconnaissance du genre humain. (Girault-Duvivier.)

C'est la chaleur du génie et l'amour de son objet qui lui donnent d'iMAGiNsn et d'inventer. (Vauvcnargues.)

Imaginer a toujours un nom de chose pour complément direct. S'imaginer signifie Croire :

On s'imagine toujours qu'on a plus de pureté et deperfecUon qu'on n'en a en effet.

Il s'imagine être un grand homme.

On n'est jamais si heureux ni si malheureux qu'on se l'imagine.

( La Rochefoucauld.)

S'imaginer a toujours pour complément une proposition subordonnée ou un infinitif exprimé ou représenté par le pronom le. Dans la phrase suivante :

On serait tenté (I'imaginer que dès les commencements la brebis a élé confiée à la garde de l'homme. (Buflfon.)

imaginer est employé d'une manière vicieuse, c'est s'imaginer qu'il fallait écrire.

Immunité, exemption.

Immunité se restreint à TafiFranchissement de quelque chose d'onéreux ; exemption s'étend à l'affranchissement de toute espèce

422 GRAMMAIRE GÉISl^ULE BT HISTORIQUE.

fie choses. Immunité représente la qualité, le titre en vertu desquels on est affranchi d'une charge ; exemption désigne le fait même par lequel on est exempté de telles ou telles choses déterminées : on dit les immunités d'une corporation , d'un ordre, les immunités^ des personnes et des biens; V exemption des impôts, du service militaire, d'un vice, d'une chose quelconque à laquelle on peut être sujet. Enfin les immunités sont comme un droit fixe inhérent à là qualité de certaines classes d'individus ou (fe certaines choses; les exemptions ne sont que des privilèges de faveur. .

Impertinent, imoleni.

Ces qualificatifs s'appliquent aux personnes et aux choses avec les nuances distinctîves indiquées par Fetymologie. Impertinent se dit de celui qui fait ou dit ce qu'il ne lui appartient pas {quod non pertinet) de faire ou de dire :

Tout le monde n*a pas Vart Vari d'être impertinent. (Desmahis.) Voilà une impertinente remarque. ( Diderot.)

^ Insolent se dit de celui qui agi4 ou parle contrairement à^ ce ^ est d'usage {non ut solet).

Une chose impertinente est celle qui ne* couinent p^ de la psrt de celui qui la fait ; une chose insolente est celle qui' contrevient, soit à un ordre naturel', soit à des règles ou à des bienséances reçues :

Combien de fourbes insolents à vanter leur sincérité! (Bôurdaloue.) La plus grande ignorance est souvent déguisée sous la plus insolente présomp^ tim. (SainvRéal^)

hnpie, irréligkux, incréchtk:

Impie^ dans son sens le plus général, s'applique à ce qui bmve, . outrage, viole toute chose digne de respect et dé vénération; mais nous le restreignons au sens d'irréligion , dans- lequel il a son véritable lien de synonymie avec les deux autres mots ; il se dit doac de rhonune qui vit conmie s'il ne reconnaissait peint de dieu ^ ou qixi ose braver le dieu même qu'il reconnaît : le don Juan de Molière est impie. Irréligieux s'entend de celui qui a peu ou point de religion, ou qui se dispense de toute espèce de culte et d'hommages envers la divinité ; quelques gens sont irréligieux par système, mais beaucoup le sont par indiflërence. Incrédule, littéralement qui ne eroU pas^ implique l'idée de nier une religioa dans laquelle on a été eatéehisé ; il y a peu d'hommes (pi soient £661**-

lement ina^édules^ mais le nombre de ceux qm aflfectent de Pêtre estcûQsidéiable:

Je regarde comme impie et détestable cette maocime, qu'en matière de gouverne'ment, la majorité d'un peuple a le droit de tout (aire, (A. dû TocqueviUe.)

Le oommun caractère est de n'en point avoir;

Le matin incrédule, on est dévot le soir. (Andrieux.)

De longues^ caîamUés pMiques corrompent un peuple i&RÉLiGiEuaL, ckatuxk te MPe de jouir de la vie. (Bo%e.)

Impoli j grossier, rustique.

lî n'y a dans mpoH que Tabsence d'une qualité; il y a dans grt^sier un vice positif, qui se retrouve encore a^Kivé dans rustique. L'homme impoti est cefni qui manque de politesse, et qui, par dëfaut d'éducation ou par stupidité naturelle , n*a ni appris ni su deviner !es manières qui pfaisent dans la société. Le grossier ^ nonseulement ne plaît pas, mais il semble qu'il n^ait appris qu'à déplaire, par ses procédés et par ses formes désagréables. Le rustique n'a proprement ni formes m manières apprises ; il dioque et éloigne tout le monde par ce que la nature inculte a de plus brutal : ^

0n trouve des esprO^ nés pouF tout cêniésier, qiitl im ê(mn0ad^''tmblâmù afpvoque aux hommes impolis, aux caractères incivils. (Laveaux.)

Des jeunes gens se eroient natuvels lorsqu'ils ne sont que grossiers.

( La Rochefoucauld.) Télémmiue fut surpris de voir, avec une apparence de simplicité rdstiqvs^ tout œ qui peut charmer les yeux, (l^weîon.)

On les trouvait occupés du labourage et êtes autres s<mis de la vie RCSTmoi, qwmd^n tes alhU quérir pour cmtmiméer fist armées. CBossfset.]

hnftmer, en imposer.

Imposer signifie Inspirer du re^^ect, commander radhriratîba, , prendre de Tascendant :

Aristide et Péridès xuposmsnx auttmt par la cavité de leur mainUes^^fm fsr la force de leur éloquence. ( Barthélémy.).

Us demandent un chef digne de leur coocafe»

Dont le nom seul impose à ce peuple volage. (Vbltaîre.)

Soit timidité, soit paresse, Louis XU ignora le grand art des hommes en place, celui (f îifïosisit à H renommée. ( Thomas.)

En imposer signifie Tromper, en faire accroire :

Le théâtre doit en imposer aux yeux, qu'il faut toujours séduire les premiers.

(YoltaMfe.]i Je sens avec effroi, dans lé rang où nous sommes, €diBbien>ii«st»lfr«ux dTm imposer mx hommes*. {e, de la 'Etucàfl^

424 GRAMMAIRE GÉNÉRALE ET HISTCmiQUE.

On devra donc dire :

Uair simple et noble de Vinnocenee impose ; Vair composé d'un hypocrite en impose. (Laveaux.)

Impôt, imposition, contribution.

Impôt est proprement la charge imposée; imposition y Taote par lequel on impose une charge; contrihMon^ l'acte de contribuer à une charge dont la répartition a été faite. iJ imposition a donc pour objet rétablissement de V impôts lequel est le produit définitif de la contribution. Mais imposition et contribution ayant aussi le sens d'une charge imposée^ ce qui peut les faire confondre avec impôts il devient nécessaire de marquer d'autres différences entre ces trois termes. L'impôt s'entend de la charge totale, fixe et permanente, ou de l'une des divisions de cette somme totale, que Tensemble des citoyens doit acquitter envers TEtat pour assurer les sévices publics ; l'imposition représente telle ou telle portion du revenu public, telle ou telle charge particulière et variable dont V impôt permanent se trouve accidentellement augmenté ; la contribution est une charge également additionnelle et variable, mais surtout extra- # ordinaire, que telle classe de citoyens ou tel département, telle commune, sont tenus d'acquitter pour un objet spécial.

Impudent, effronté, éhonté.

Ces mots se définissent et se distinguent d'eux-mêmes par leurs étymologies : Vimpudent brave la décence, l'honnêteté publique, il est sans pudeur; V effronté ne respecte ni mesiure, ni modération, ni règle de conduite, ni bienséance ; la rougeur ne lui vient jamais au visage, au front \ V éhonté joint à l'impudence et à Teffronterie tout le sang-froid d'un homme à qui manque le sens moral, ou qui n'a plus ni la conscience du mal qu'il fait en violant publiquement les lois de l'équité et de l'honneur, ni le sentiment de l'infamie dont il se couvre ; il n'a plus de honte. Vimpudent^ dit Roubaud, a secoue* le premier des freins qui nous est imposé pour nous retenir dans la bonne voie, la pudeur; V effronté a surmonté le sentiment qui naturellement nous contient dans les bornes de la modération, la crainte; V éhonté a rompu jusqu'au dernier les liens qui nous empêchent de donner dans les excès et de nous y complaire — V. Déhonté.

In.

Cette particule négative entre dans la composition d'un grand nombre de néologismes ; le Dictionnaire dit national a dressé une

liste complète de tous les barbarismes qu'on peut faire à Taide de cette nation. Nous nous contenterons de donner quelques-unes de ces expressions nouvelles que nous fournissent les écrivains :

Derrière le palais il était une issue,

Une porte, des Grecs encore inaperçue. (Delille.)

Sa rage inassouvie,

Qui des vuncus poursuit encor la vie,

De la cité fait un ^te tombeau. (Pamy.)

.... Le loup cruel, par la faim tourmenté, Ravit le tendre agneau qu*à la plaine isolée Redemande en bêlant sa mère inconsolée,

Dodone inconsuUée a perdu ses oracles. ( Delille. )

Le congrès des nations est permanent, inamovible, inbestitcablb. (Bignon.)

Des mets indigérès, le pénible fardeau

Ne doit point s'aggraver d'un aliment nouveau. (Domergue.)

Jadis, dans un vénal et vil laboratoire,

Cet art (1) inestimé semblait cacher sa gloire. ( Delille.)

Je me jette à travers des chemins écartés, ■

Je franchis des ravins, des rocs infréquentés* ( De Saint-Ange.)

Trop heureux de cacher dans un asile sûr

Mes jours inglorieux et mon destin obscur. ( Delille. )

Les vents ont dispersé ta cendre inhonorée. ( Esménard.)

La pièce est injouable avec les acteurs que nous avons. (Voltaire.)

Hardi nocher, vainqueur d'une onde innavigable. (Delille.)

La tulipe s'élève : un port majestueux,

Un éclat qui du jour reproduit tous les feux,

Dans les murs byzantins mérite qu'on l'adore

Et lui font pardonner son calice inodore. ( Boucher.)

Mais la superbe tour qui domine la place,

Encore inoffensée, insulte leur audace. ( Baour-Lormian.)

Dans les négociations matrimoniales, on néglige Vessentid; de là les mécomptes, rindifférence, la froideur, /'insupport, les dissensions domestiques et les inimitiés.

(Portalis.)

Vouspouve% adresser des lettres à M, Lavergne, banquier; cela est invioblable et INVIOLÉ. (Voltaire.)

Inaction, désœuvrement, oisiveté.

\J inaction est la situation plus ou moins passagère, plus ou moins prolongée, de celui qui n'agit pas; le désoeuvrement est l'état de celui qui n'a pas l'emploi de son activité; ï oisiveté est le vice de celui qui ne fait rien ou qui perd son temps dans des occupations inutiles. Le mot inaction n'emporte que le sens général de cessation d'activité, cessation qui doit toujours se comprendre comme momentanée, s'il s'agit des personnes; désœuvrement marque \m éiai

(1) La chimie.

426 GRiMMAiu «ÉNÊiUiK sff umomvJE.

peuDaneiit d'i»actim^ et ûïiplkpie u& besoîii d'âet^rité mu saii&f»it ; msiveté dësigoe le caractère 4'uh0 vie voliHHaii^eneftt liaiBée Ams rindolence^ les plaisu^ ou les exardce» înuliles».

Incendie^ mbrasemeut.

Incendie désigne l'actioa du fea dons une masse cpi brûle ou qu'on brûle ; 'embrasement marque Tétat de combustion d'un corps devenu un brasier, une braise. Vincendie a soa comttatcement, ses progrès, dont le deroîef terafte est ïemèim^iÊteiii^ On dit de Vincendie qu'il est TÎolent^ radiée ^ et deVemètrmammmfi qu'il est coHàplel. lieimémy en debÂrs du seii» pfe^sique^,. se puésortesous un aspect moral : un incendie est tour^rs m nuiiëeur; souvent c'est un mailieur et un crime. Embrasem^rvi n'a jamais qu'un sens pliysique. Incendie désigne une action successive, qui: cent même n'être que partielle, tandis qu'embrasement désigne Tactioa générale d'un courant de £eu pai^ lequel totMes le» parues 4'ua objet sont enflammées simultanément i si Vineemdis «^ a éck^à mi théâtre n'avait pas été éOcMiffé à tmsfè^ a« heoC âe-fpielcpes maates, Vembrasement eut été générai.

Ina^ssammenL

Cet adverbe signifie proprement sans ceaser^ A'um» maamère continue; il a rapport à «n actiott préseirte :

Qu'est demwm U têÊÊt^ê iteuretuB m je MMfuuft nBEMàiuiiifc, «Btf Jés yeux de mes parents, tune vie innocetUe et sage? (J.-J. RousGeau.j

Le phsssewvent, aogourd'huî, on M (fonne te sens de bientôt^ prochainement^ en le joignant à un futur :

Je vous enverrai incessamment une tragédie. (Voltaire.)

Le roi a ordonné à son ambassadeur de partir incessamment. (Académie.)

Incursion, mmption.

Imursion exprime l'action de ceuvir dmis ou sur ; érruptêm^ désigne l'aetiot» écuaiÀe de bris^ une Hortière et de se pnécîpiler au ààoL incmÊTsioa marque un moiftDemettt plus sotidain et plus ipm^ sag^ ; trmptiwf^ une ageesaion plus vioteite et plu» sou^nœ. Les liartis^àétoefaés imk âes imursiêns; tes ma^es font érruptionf, Vohjet de Vinewmm est de faire dm but^ ; eeUii èe Virrupêiem est d'envahir. Les barbares qui détruisirent L'empive coiaaia. eonmencèrent par des incursions qu'ils renouvelèrent sow/seatf parce

(^SEftTATI^^ COMPLÉMEfiniUaES. 427

que les en^pereurç payaient bien leur retraite; et lears inva^ans &Mrent par de terribles irruptions, dont la violence ne s'arrêta que lorsqu'il ne leur resta plus qu'à s'asseoir sur les ruines de reiB{âre.

indécUnaUe.

Ce moi est un terme de granomaâre paortieulier aux tengves qin ont des cas ou des déclmaisons, et se dit pfflrlkiiëèreaieDt de certaios noms iapréguliers^ et quelquefois <le3 mois varâUes qui ne reçokent pas les signes du genre et du nombre. Atito«foi& &os granmaainais donnaient le nom d'indéclinables à la préposition , à l'adverbe, à la conjonctien et à l'inteilecliott, qu'mijovrâ'lnt mous déâgaons plus justement sous celui cV invariables.

Indemniter, dédommager.

/n€fe»tm*5tfr exprime lane action de droit rigoureux; détkmmagery une action de simple convenaiïce, ou même de pure générosité. Les tribunaux nous (^mdamnent à indemniser jastemea^it celui à qui nous arons causé un préju<fice dont llmportance a été appréciée; nous dédommageons de notre propre moa%'emecrt celui qui a éprouvé des pertes que nous ne "voulons pas laisser à sa chai^. On indemnise en aiigent ou en valeurs appréciables en argent ; on dédommage en argent, en valeurs quelconques, et en équnalents de toute nature. Indemniser n'est guère d'usage dans le sens figuré, où dédom^ magersi, au contraire, de nombreux emplois.

Indolent, nonchalant, paressetix, négligent, fainéant.

Ces mots marquent, en général, un défaut d'action dans le sujet. Leurs différences viennent des origines diverses qu'ils assignent à ce défaut. V indolent manque de passion; le nonchalant^ d'ardeur; le paresseux, de ressort; le négligent, de souci ;' le /ainéant, de volonté. Vindolent ne s'intéresse à rien ; le nonchalant veut n^en prendre qu'à son aise ; le paresseux craint la fatigue; le négligent n'aime pas l'ordre; le fainéant fuit toute action.

Indmre en^ à.

L'étymologie est la source la plus sure que Ton piûsse ocmsuUer pour bien distinguer ces deux ex{He9sio&s, qui signifient , eof général, €onduke ^isie manière lente, pkis ou moins cachée, à faire une chose. Induite en, c'est mettre directement et .immédia-

tement dans la chose : Induire en erreur. Induire à, c'est seulement mettre sur la voie qui mène à une chose ou à faire une chose : Induire A erreur.

Induire en erreur, c'est donc tromper quelqu'un ; induire à erreur, c'est faire qu'il se trompe. Cette distinction, déjà observée par beaucoup d'écrivains, quoique négligée par un plus grand nombre, nous paraît devoir être définitivement admise. Une autre différence plus constamment reconnue est celle qui est relative à l'intention. On induit en erreur avexî ou sans dessein ; c'est toujours avec dessein qu'on induit à erreur.

Ineffable, inénarrable, indicible, inexprimable.

Mot pour mot, ineffable signifie ce dont on ne peut parler ; inénarrable^ ce qu'on ne peirt raconter ; indicible^ ce qu'on ne peut dire ; inexprimable^ ce qu'on ne peut exprimer. Quoique tous ces qualificatifs paraissent se confondre, ils se distinguent néanmoins par des nuances analogues à celles qui existent entre les verbes latins dont ils représentent négativement les divers sens. Ineffable convient aux choses dont on ne pourrait parler dignement à cause de leur sublimité ou de leur caractère sacré; il se dit proprement des mystères ; inénarrable^ à celles que leur nature merveilleuse rend impossibles à raconter dans un langage humain; il est presque exclusivement employé dans un sens religieux ; indicible , à celles qui sont tellement délicates et fugitives qu'on les sent, qu'on les voit, sans pouvoir leur donner un nom, un caractère; il s'applique surtout aux nuances du sentiment, aux charmes de la beauté, aux innombrables accidents des effets produits par l'art et par la nature; inexprimable convient à celles dont la forme et la couleur ne peuvent être égalées par les ressources du langage.

Ineffaçable, indélébile.

L'un et l'autre se disent de choses qu'on ne peut pas faire disparaître en les détruisant ; mais il y a entre eux une différence fondalïientale. Ineffaçable s'applique à la forme; indélébile s'applique à la matière. On dira d'une lettre qu'elle est ineffaçable^ et de l'encre dont on s'est ser\'i pour la peindre qu'elle est indélébile. Au figuré, on dit, avec des distinctions analogues, une gloire ineffaçable^ parce que la gloire est une chose superposée à la personne; et un nom indélébile^ parce que le nom est tellement inhérent à la personne qu'il fait en quelque sorte partie d'elle-même. Ineffaçable^ d'ailleui's, ne marque pas aussi absolument qu indélébile ce qui résiste à la destruction.

OBSERVATIONS œMPLÉMENTAIRES. 429

Infatuer, fasciner, entêter.

La signification commune à ces trois verbes est Donner ou inspirer une prévention excessive et déraisonnable. Voici leurs distinctions littérales : infatuer^ c'est Rendre fou d'une chose ou d'une personne ; fasciner^ Ensorceler, mettre sous le charme de quelque objet; entêter^ Porter à la tête, s'établir dans un esprit si fortement qu'on peut le maîtriser et le mener où Ton veut. Un esprit vide se laisse facilement infatuer d'une idée qui le remplit et le flatte; un esprit faible et crédule est fasciné par tout objet qui a des dehors imposants ou merveilleux; un esprit lourd et opiniâtre repousse toutes les raisons qui contrarient l'idée préconçue dont il est entêté.

Infecter, infester. •

Infecter signifie, au propre, Répandre une mauvaise odeur, la contagioif ; et, au figuré. Gâter, corrompre :

Excepté ces moments de calamité où l'air est infecté de vapeurs mortelles; e^xcepté ces jours de désastres marqués parles rigueurs de la nature» dans tout autre temps» I lorsque les hommes sont maUieureux, ceux qui gouvernent sont coupables.

(La Harpe.) L'idolâtrie infecta tout le genre humain. (Bossuet.)

Infester $ï^nifie Ravager, désoler, etc.:

Athènes, avec ses vaisseaux, infestait les possessions des Lacédémoniens.

(La Harpe.) Autrefois on pensait que les malins esprits se faisaient un plaisir ({'infester les châteaux inhabités. (Trévoux.)

Inhumer, enterrer.

Ces deux verbes signifient étymologiquement Mettre en terre ; mais inhumer a été spécialement aifecté à la sépulture religieuse, et enterrer a conservé le sens général. On enterre un homme, un chien, un trésor, etc.; on n'inhume que l'homme. Il y a encore cette différence entre un homme enterré et un homme inhumé^ que le premier a été simplement mis en terre, et que le second a été mis en terre avec des cérémonies religieuses. On enterre les cadavres des soldats tués sur le champ de bataille; plus tard, si, dans cette masse, on reconnaît des parents, on les fait inhumer. On enterre partout ; on n'inhume que dans les cimetières ou dans les autres lieux consacrés aux sépultures.

436 GRASMAIliE OÉlrttALE CT 1I16T0inf)!CJE.

JnêiUter..

Insulter gvelqu*vn^ c'esft Tottini^r de paroles ou lui f»re suMr de mauvais ti^temaote :

Cet ivrogne a insui^té son hôte. (Académie.)

Km$ulteA pas ici cettxqvâ vous ont sauvés. (Voltaire.]

Insultera quelqu'un^ c'est manquer aux égards qui lui sont du6, ouque recbment son rang, ses malbeurs ou- m. iaHAesie :

N*insultons pas kVJi maVieureux. {kcaâémie.)

Ce même Agamemnon à gui vous inmltei,

Il coaimaBëe 4 la Grèce, dl est mon père, il m'enne. ( Bacine. )

On dit figurément et par analogie : Insviter au bon sens^ au bon jgoût; insulter a la détresse publique. (Académie.)

AdiiUe aaol, AchiUe à son amour ^*a|»pyxiue ! '

Voudrait-il insulter à la crainte publique? (Racine.) •

Il insulte à la peur, il brave le danger. (Bosset)

Intérieur, interne., intrimèque.

Ces trois adjectifs ne présentent pas Pidée d'intériorité sousks mêmes aspects, et se distinguent grammaticalement par les divers genres de style auquels ils appartiennent. Intérieur^ qui est de la langue vulgaire, a l'emploi le plus étendu; mteme est affecté aia sciences et principalement aux sciences spéculatives; intrinsèque est un mot d'école, qui peut s'appliquer aux objets les plus spécula^ tifs comme aux plus positifs.

Intérieur marque ce qui est en dedans de la chose, tout en faisant partie de la chose même; nous disons, en parlant du corps, ses organes intérieurs^ et en parlant de l'esprit, ses dispositions mf^ricwres, ce qui signifie des organes et des dispositions qui ne sont pas apparents.

Interne marque ce qui est concentré, renfermé dans la chose sans participer de son essence; une maladie interne^ une cause interne^ c'est-à-dire une maladie, une cause qui agissent au dedans sur le sujet, mais sans lui appartenir. C'est par cette raison qyi'on dit un élève interne à tel collège, un étudiant interne à tel hôpital ; on ne pourrait pas dire intérieurs dans ces établissements , parce que leur présence n'est qu'accidentelle, adventice. A part cette distinction, qu'il est très-important d'observer, intérieur et externe se confondent généralement.

Intrinsèque suppose plutôt qu'il ne désigne l'idée de ce qui est

cacÉé du< nmlmné ; il âfgnffie ce qai est profMre et e^seftfiet à uns cht^tté) twewfle oth phys^àpie. Les qtiafités intrinsèques S'xm oftjët sont celles qu'il possède par lui-même, telles que fe éactîlîtë et ht malléabilité de Tor ; sa TUleÉff intrinsèqwe est c^e qail a fé^ement, en dépit de la manière dont dtepeut être ^f)précîëe par ropmîon. Les prêtres ofi4 proclamé la gloire mêrimièfue du sacerdoce dans ks temps où il était U moins m^ hotmeor. la valeur itt^fiMègme ée» monnaies a été souvent inférieure à la valeur nominale que les gouvernements leur ont donnée.

Irruption, éruption.

Irruption se dit de l'Invasion soudaine et violente d'un territoire par les ennemis, de TenvaWssenfônt d'une teri^ par les eaux ;

Lé 9éffé, il€^e ÉteHUsm^ â» ntve&tt ie Ut met, €stmi^efm» êe êê^nmvmêmL

EttJtptioh exprliïfê le passage brusque ou pénible du dedans au dehors :

Il impérée qiie les ef^ûnts ê'aeceutumefU à mâcher; e*49t U meilkurmof^ de faciliter /'érdption des dents. (J.-J. Rousseau.)

La p^Ute vérole s'tmnet^ee p&r un€ légère ixavaam, (Voltaire.)

Joindre.

Dans le sens d'Ajouter, ce vearbe veut la préposition à avant son conçlément indirect :

Je vous prie de joindre vos prières aux miennes,

LorsquMl ^igt^le Afii^, tmir^ il prendiz on ovec:

Il JOIGNIT AU plaisir de vaincre celui de pardonner. R ïdilfl" l'âuttitité êpîritueîle âvsc la temporelte.

Dans cette acception, le verbe joindre s'emploie encore avec un complément direct composé :

'// JOINT LADevicoi tt uiiiAJESTé. .(Ac*démîe^}

Jouer.

^ En termes de musique, paer est' un mot générique, qui se dit de tous les instruments de musique ; toucher est plus spécialement affeëtë «lut kisthnMiÉts à tottdihes , 'mnmer aiïK insti^KHents à vent et à soiïs^htfftfnèmquës, bè^ttre ^mëSi^\x%nMi rfeoïmeren les frappant

avec des baguettes; pincer n'est propre qu'aux iustruments à cordes auxquels ou fait rendre des sons en employant les doigts au lieu d'archet; ainsi Ton dit:

Jouer de la flûte, du violon , des castagnettes ;

Toucher Torgue, le clavecin , le piano :

Le P. Cotin avait de l'esprit, faisait des vers, parlait bien, chantait mieux, avait la voix belle, touchait l'orgue et le clavecin, ( J.-J, Rousseau.)

Pincer la harpe, la guitare, le luth , le théorbe ; Sonner de la trompette, du cor; Battre la caisse, le tambour.

Jouir.

Ce mot, dérivé àejoie, exprime le Plaisir, la satisfaction qui résulte d'un avantage, d'un bien obtenu ; il ne peut donc se dire qu'en bonne part ; ainsi l'on dit : Jouir d'un privilège; d'un droit; Jouir d'une honnête aisance; Jouir de la considération publique j Jouir d'une bonne santé.

Si Ton dit : Jouni de rembarras de quelqu'un^ de son affUctioUy de sa détresse^ c'est par ellipse pour : Jouir du plaisir de le voir embarrassé, affligé, malheureux.

C'est donc fausser le sens du mot et s'exprimer contre l'usage établi que de dire : Jouir d'une mauvaise santé.

Juger.

Juger ^ suivi d'un complément direct ou pris dans le sens absolu, signifie Décider :

Quand il jugeait une affaire, ce n'est pas lui qui jugeait, c'était la loi,

(Voltaire.)

Suivi de la préposition de , il a le sens de Conjecturer, se faire une idée de :

// JUGE à V aventure de toutes actions des hommes, (Pascal.) Apprenons à juger des choses par de véritables principes, (Bossuet.) D'après les effets que Von voit, on juge des causes que l'on ne voit pas,

(Condillac.) Le monde juge des gens par les habits. (Brueys.)

Labyrinthe, dédale.

Dans le sens figuré, ces mots se disent des choses compliquées, embrouillées, obscures ; mais le premier est le plus souvent em-

(OSBRYllKHVS CXmPLÈMEBÇTktKSS. 433

ployé dans le langage familier, et le second semble propre au style élevé :

Elle se trouva elle-même embarrassée dans un labyrinthe de difficultés insur^ montables. (Voltaire.) Le DÉDALE immense des opinions humaines. (J.-J. Rousseau.]

La cbicane difforme

Encoure le pesais du dédah des formes. (C. Delarigne.)

Laconique, eûneis.

L'idée de brièveté est commune à ces deux mois; iacotriqme^ dit de ce qui est énoncé en peu de paroles ; concis de ce qui est exposé sans termes inutiles. Il peut y avoir de robscurité dans ce qui est laconique^ et Texcès de brièveté est très-souvent un défaut; mais ce qui est concis est toujours clair et complet, car la concision n'est pas opposée aux développements essentiels. Par extension, ces deux mots* se disent dres personnes : um orateur OEKfCis; uti homme la-

COIOQUE.

Latdenm.

Ce mot se dit familièrement d'une fiUe ou d'une femme laide :

Voye^ CETTE PETITE LAIDERON qui fait la coquette, (Académie.) C'est une laidebox asse:i piquante. (La mâme.^

M"^ de la Suze a dit :

Ces pauvres iaibbbonnes s'ajustaient twt ât leur mieux.

Ce féminin n'a pas été adopté.

Langage, langue, idiome, dialecte, patois, jargon.

Langage est, entre ces termes, le plus général; il se dit de tous * les signes qui servent à exprimer la pensée; langue se dit de l'ensemble des termes et des formes de construction particuliers à une nation ; idiome est un terme plus restreint qui, en éveillant l'idée de langue, exprime les tours d'élocution propres à un groupe d'individus, pris dans une grande Edition; dialecte s'entend. des modifications qu'a subies une langue nationale dans les formes et la prononciation des mots ; patois se dit de la corruption des formes correctes et régulières ; jargon^ d'un langage de conventi(Hi particulier aux gens de certains états, et étranger aux personnes de distinction*

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