INTRODUCTION. XIX
îagémeascflient rapprochées que ces traits d'une parenté commune au grec et au français, sont pîut^ le résultat d'un même tour d'esprit que d'une comraimication effective entre les colonies grecques et les peuples gaulois.
Le basque n'a laissé que fort peu de traces : les montagnards dui Béam et du pays de Labour n'étaient ni commerçants, ni soldais; ils ne sortaient pas de leurs frontières, qu'ils pouvaient à peine défendre lorsqu'elles étaient menacées;- ils ont conservé leur indépendance sauvage, et ils vivaient tranquilles, en gardant leurs chèvres et en presssmt leur lait, sans s'inquiéter si leur langue était ou non celle qu'Adam parlait dans le paradis terrestre ; ils n'ont donc guère légué aux idiomes de la Gaule que les terminaisons de noms de ville ou do famille en oc, si fréquentes au centre et au midi de la France, en Périgord, en Gascogne.
Le nond)re de mots celtiques est plus considérable. On a dressé des li^es de racines dans les idiomes gallois qui montrent jusqu'à l'évidence la ténacité du génie populaire. De même que les Grecs ont apporté directement, sans l'intermédiaire du latin, les termes d'arts, de marine, etc., ainsi les Gaulois ont laissé dans la langue fraHçaise un certain nombre de monosyllabes expressifs que le latiU'ûe.pouvait remplacer. Fol, par exemple, glas, cri, broc, sont restés à cause de leur brièveté significative : c'est bien Yargute loqui dont parlait Caton. La plupart de ces mots représentent, cooune on le voit, les détails du ménage et de l'agriculture, ou les émotions primitives de l'âme.
Quant à la langue franque, on a singulièrement exagéré son influence. Les conquérants de la Gaule sont restés un moment les dominateurs des populations gallo-romaines, puis ils ont été subjugués eux-mêmes par une civilisation supérieure quoique dégénérée. On a remarqué que les mots empruntés aux langues germaniques expriment le plus smivent les idées sombres de carnage, de haine, et que souvent, par une ironie naturelle aux vaincus, les termes nobles ou emphatiques de l'idiome des conquérants sont tournés , dans le français, en termes de naépris : ainsi ross, coursier, palefroi, le nom poétique du cheval, est devenu une rosse en passant le Rhin; bûch, livre, s'est transformé en bouquin, etc.
La langue française est surtout fille de la latine. Mais quoique la civilisation romaine eût envahi complètement et dénationalisé la Gaule, la langue des ancêtres se parlait encore dans le nord et