‹ Grammaire générale et historique de la langue françaisChapitre 137 sur 139 · INTRODUCTION. 3LXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. 3LXXV

sertes de réunioûs. Les ruelles du dix-septième siède n'ont rien fécondé; les plus grands poètes, les grands moralistes, les hwnmes supérieurs , sont demeurés en dehors de ces coteries du grand monde ou les ont immortalisées par le ridicule.

On trouve des gens qui veulent être fins à tout j»:ix. Molière a monbré ces Damis, qui du haut de leur esprit se prennent à juger, avec une impétuosité de rigueur extraordinaire, les choses qu'ils n'entendent guère et sur rintelligence desquelles ils se flattent de ne le céder à personne. Telles furent les réunions de Thôtel d© Rambouillet. On s'isole du vulgaire pour exagérer, on descend du maniéré au prétentieux, du prétentieux au logogriphe, puis à l'inintelligible et à l'absurde. Les beaux esprits n'ont rien produit, que des lettres, des madrigaux, des niaiseries industrieusement élucubrées. Rien de naturel, rien de grand, rien de vrai n'est sorti de ces écrivains vivant dans un monde de conv^tion, où la nécessité de toujours renchérir pour être toujours remarqués les faisait swttf des Umites naturelles du swis commun et du vrai.

Tel était, au commencement du dix-septième siècle, l'état de It littérature. Deux hommes supérieurs, Mathurin Régnier et Piore de Malherbe , guidés , l'un par Textrême droiture du sentiment po* pulaire, l'autre par l'austérité naturelle de son esprit, tinrent bon chacun de leur côté contre l'envahissement du faux goût, et p»r des voies fort opposées arrivèrent au même résultai

Régnier, successeur naturel de Meung, de Villon et de Marôt, défendait contre Malherbe, en la personne de son onde Desportas, la pléiade, Ronsard, et tout le luxe de poésie empnmté à l'antiquité; Malherbe , poëte naturellement sec, et qui s'érigeait en tyran des diphthongues, ennemi de Ronsard, conb*ibua cependant aussi à ramener la réforme littéraire à sa vraie mesure; toutefois V'm^ fluence de ce dernier, salutaire au goût, fut fatale à la poésie.

La seule loi reconnue légitime en poésie est le sentiment de la beauté éternelle puisée aux sources vives du bien et du vrai.

Au-dessous d'eux se placent deux hommes d'un talent incontestable, Balzac et Voiture, l'orateur vide et le bel esprit de ruelle. Quel grand écrivain eût été Balzac s'il avait eu quelque chose à dire! et Voiture, quel délicieux épistolier s'il eût été moins raffiné! Quel travail, quel effort, quelle dignité dans cette phrase pesante, escortée d'une escouade d*incises symétrisées soi^eusement, dans cette période monotone et cadencée qui s'avance avec les mêmes tournures et la même façon d'aller! Voiture, au contraire,

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