‹ Grammaire générale et historique de la langue françaisChapitre 38 sur 139 · II. Tout de suite signifie Aussitôt, sur-le-champ · texte numérisé non relu

II. Tout de suite signifie Aussitôt, sur-le-champ

// faut que les enfants obéissent tout de suite. (Académie.)

Je crois que si l'on pouvait oublier que l'en est malade, on serait tout db sdite guéri. (Fénelon.)

// vole tout de suite au camp des troupes du Péloponèse et les amène au combat.

(Barthélémy.)

Selon l'Académie, on peut employer aussi cette locution dans le sens de de suite^ sans interruption :

// a couru vingt postes tout de suite.

Dans ce cas, tout et de suite ne forment pas une seule expression , tout est un terme distinct qui modifie la locution adverbiale de suite.

DE l'adverbe. 85

Tout à coup, tout d'un coup.

f . Tout à coup signifie Soudainement, sur-le-champ, incontinent :

Ce mal lui a pris tout à coup, comme il y pensait le moins. (Académie.)

Dieu changea tout à coup le cœur du roi, (Bossuet.)

Tout à coup une noire tempête enveloppa le del et irrita toutes tes ondes de la mer, (Fénelon.)

Un bruit confus s'élève, et du peuple surpris

Détourne tout à coup les vœux et les esprits. (Racine.)

II. Tout d'un coup signifie En même temps, d'une seule fois :

Cet homme a gagné mille écus tout d'un coup. (Académie.)

// faut que tous ceux qui assistent à une pièce de théâtre connaissent tout d'un coup les personnages qui se présentent. (Voltaire. )

La confiance et l'amitié naissent tovt d'un coup entre les cctnrs qui se ressens- Vent par la bonté. (Prévôt.) •

Ce n'est qu'au poids de l'or qu'on achète leurs drogues.

Qui pourrait s'en passer et mourir tout d'un coup.

De son vivant, sans doute, épargnerait beaucoup. (Regpard.)

D'un coup s'employait autrefois dans le même sens :

U faut sauver d'un coup ton honneur et ta flamme. (Corneille.)

La Bruyère a employé tout d'un coup dans Facception de 5ômdamement :

S'il marche dans les places, il se sent tout d'un coup rudement frappé à l'esto^' mac et au visage.

He la plaee des adverbes et des locnlions adverbiales.

Un adverbe modifie, comme on Ta vu, ou un verbe, ou un adjectif, ou un autre adverbe.

I. L'adverbe qui modifie un verbe employé à un temps simple, se place avant ou après lui î '

C est par la douceur, par la patience et par Vaffeetionqu^on t^àMknE insbnsibl»* van les esprits. (Fénelon.)

Quelques crimes toujours précédent de grands crimes. (Racine.)

L'amour qui naIt suBrrEiiBNT est plus long à guérir. (La Bruyère.)

Il fuit pour mieux combattre» et cette prompte ruse

Divise adroitement trois fibres qu'efle abuse. (Corneille.)

Elle AFFECTE TOUJOUBS un son de voix languissant et niais. (MoUère.)

Page 1