‹ Grammaire générale et historique de la langue françaisChapitre 42 sur 139 · GRAMMAIRE GÉIIÉRALE ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

GRAMMAIRE GÉIIÉRALE ET HISTORIQUE

Ce sommeil fut profond, mais je ne sais s'il fut de longue durée, (Buffon.) Là tout est beau, parce que tout est vrai. ( J.-B. Roosieau.)

IV. Les conjonctions causatives sont celles qui indiquent, annoncent la cause, le motif, la raison de ce qui a été fait ou a eu lieu ; telles sont aussi ^ car^ comme ^ afin que ^ parce que^ à cause que ^ pour que^ de peur que^ etc. :

Tene^-vous prêt à répondre, car je veux vous interroger. (De Sacy.)

Le présent qui s'enfuit est déjà bien loin, puisqu'i/ s'anéantit dans le moment que nous parlons. (Fénelon.)

PooR Qu'une religion attache, il faut qu'elle ait une morale pure.

(Montesquieu.)

V. Les conjonctions explicatives sont celles qui annoncent que la proposition qui suit est Texplication ou une sorte de développement de celle qui précède, comme savoir, à savoir^ c'est-^-dire^ comme^ ainsi que^ de tnême que y de façon que:

L'histoire, ainsi que la physique, n'a commencé à se débrouiller que vers ta fin du seizième siècle. (Voltaire.)

Du pied des montagnes jaillissent des sources d^une eau pure comme le cristal.

. (Barthélémy.) La bienfaisance^ ainsi .que les attires vertus^ ne vieUltt jamais. (DeSégur.)

Les seules défaites qui ont fait la gloire des plus grands capitaines de la rèpu' hlique, c'est À savoir de Sylla, de Lucullus et de Pompée, (Racine.)

VL Les conjonctions htjpothé tiques ou conditionnelles sont celles qui lient deux termes ou deux propositions en exprimant une supposition ou une condition; telles sont si^ soit^ au cas que^ en cas que^ à moins que, à condition que^ bien entendu que^ pourvu que, etc. :

Si mourir pour son prince est un illustre sort.

Quand on meurt pour son Dieu, quelle sera la mort? (Corneille.)

TU Les conjonctions conclusives sont celles qui marquent que la proposition qui les suit est la déduction, la conséquence logique de la proposition qui précède; telles sont donc, partant, par conséquent, attendu qm, puisque, vu que, etc. :

Je le crois criminel puisque vous Taccusez. ( Racine.) Je pense, donc Dieu existe, car ce qm pense en moi, je ne le dois point a moi' même. (La Bruyère.)

J'eus un maître autrefois que je regrette fort,

Et que je ne sers plus, attendu qu'il est mort. (Destouches.)

n croit ses vœux reçus puisqu'ils sont écoutés. ( Corneille.)

DE LA CONJO?iCT:ON. 101

VIII. Les conjonctions transitives sont celles qui marquent la transition, le passage d'une idée à une autre ; ce sont : or^ au reste^ du reste :

Je ne sais si le style

Pourra vous en paraître assez net et facile.

Et si du choix des mots vous vous contenterez.

— Nous allons voir, Monsieur. — Au reste, vous saurez

Que je n'ai demeuré qu'un quart d*heure à le faire. (Molière.)

IX. Les conjonctiom périodiques sont celles qui en unissant deux propositions expriment un rapport de temps qui existe entre elles, comme quand^ lorsque^ alors que^ avant que^ aussitôt que^ pendant que^ tandis que^ tant que^ etc. :

Lorsque le déshonneur souille l'obéissance,

Les rois peuvent douter de leur toute-puissance. (Corneille.)

On trouvait les sénateurs romains occupés du labourage et des autres soins de la vie rustique quand on allait les quérir pour commander les armées. (Bossuet.) Tous les maux sont pareils alors qu'ils sont extrêmes. (Corneille.)

Tant que l'on hait beaucoup on aime encore un peu.

(M"* Deshoulières.)

Et.

I. La conjonction et sert à unir r Deux propositions affirmatives :

Les rois d'Assyrie apprirent le chemin de la terre sainte et en résolurent la (enquête. (Bossuet.) Lts rivières sont des chemins qui marchent et qui portent où, l'on veut aller.

(PascaL) Les lois tyranniques sèment la haine et recueillent la révolte. (De Ségur.) Tout ce que j'aperçois me charme et mHntéresse. ( La Harpe.)

2° Deux propositions dont Tune est affirmative et l'autre négative, ou réciproquement :

La félicité est dans le goût et non pas dans les choses, (La Rochefoucauld.) Il se donne beaucoup de mat, et ne réussit à rienj

Faisons toujours ce que le ciel prescrit. Et d'aucun autre soin ne nous brouillons l'esprit. (Molière.)

Je ne sors jamais de chez moi et je m'en trouve bien : on a tous ses moments a ^i,et la vie est si courte. (Voltaire.).

La conjonction et devait être exprimée avant le second verbe dans <*ette phrase :

Il est p/«m de lui-même, ne se perd pas de vue, ne sort point de l'idée de sa fjrandeur, de ses alliances, de sa dignité. (La Bruyère.)

3" Deux propositions négatives explicitement énoncées :

Il n't a pomr de ct^nets si mystérieux qu*ils ne prétendent pénétrer, tr luin SAURàiBiiT consentir à ignorer quelque chose* (Montesquieu.)

L'opinion publique est une juridiction que l'honnête homme ne doit jamais reconnaître parfaitement ET qu'il NE DOIT JAMAIS décliner. (Chamfbrt]

4" Les diverses parties du sujet, de l'attribut ou des compléments composés d'une proposition aflSrmative :

La COLÈRE ET la PRÉCIPITATION sont dcux choses fort opposées à la prudence,

(Fénelon.)

La SOTTISE, la calomnie, et la renommée, leur irès^umble servante, grossissent tout. (Voltaire.)

La fausse grandeur est farouche et inaccessible. (Fénelon.)

La naissance excite l*émclation dans les grandes âmes, et l*orgueil dans le» petites, (Vauven argues.)

Les superstitions de chaque peuple et de chaque pays. (Massillon.)

Ceux qui croient avoir du mérite se font un honneur d'être malheureux, pour persuader aux autres et à eux-mêmes qu'ils sont dignes d'être en butte à la fortune. (La Rochefoucauld.)

Les lois sont destinées à rendre les hommes sages et heureux. (Fénelon.)

H. Et peut être exprimé avant chacun des sujets, des attributs et des compléments partiels :

Et le riche et le pauvre, et le faible et le fort.

Vont tous également des douleurs à la mort. (Voltaire.)

Cette répétition, assez familière aux poètes, donne plus d'énergie à l'expression :

Quel carnage de toutes parts !

On égorge à la fois les enfants, les vieillards. Et la sœur et le frère.

Et la iille et la mère, Le fils dans les bras de son père. (Racine.)

Ijb plus souvent il n'est énoncé qu'avant le dernier terme :

Les plaintes, les regrets et les pleurs sont perdus. (Voltaire.)

Ou n'est placé qu'entre les termes mis en oppiDsiticn :

On ne parla que de pinceaux.

D'ombres et de couleurs, d'images, de tableaux. (La Harpe.)

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