GRABIMAIRE GÉNÉRALE ET HISTORIQUE
Jargonner, V. intr. Caqueter; de jargon ^ langage, chant des oiseaux :
Vieos, belle, viens te pourmener
Dans ce boccage ; Entends les oiseaux jargonner
De leur ramage. (J. Passerai.)
Magniher, V. tr. Orner, glorifier :
Charles le Chauve voulut, pour se magnifier en qualité d'empereur, faire tenir un concile général, (E. Pasquier.)
Mbrcdrialiser, V, tr. Faire une mercuriale; réprimander :
Tels de mes amis ont parfois entreprins de me chapitrer et mercdrialisbr à ,c(Bur ouvert. (Montaigne.)
MoYENNER, V, tr, Procurcr :
Les difficullés anoblissent, aiguisent et reliaussent le plaisir divin et parfait que la vertu nous moyenne. (Montaigne.)
Ceux-là se moyennant à nous de noblesse à la pointe de leurs épée^, ceux-ci à la pointe setUemenl de leurs plumes. (E. Pasquier.)
Moyennes son retour : ma grâce, avec usure. Du mérite ignoré réparera l'injure. ( Rotrou.)
OuYRER, V, tr. Travailler; ourdir, tramer :
Certes , je crois, qu*on trouvera que le Romain avait usé contre tout droit de cent (nation) et odvbé un tour barbare. (E. Pasquier.)
Parangoner, V. tr. Comparer :
Je parangone au soleil que j'adore
L'autre soleil (Ronsard.)
Partir, départir, v. tr. Partager; du latin jpar^in ;
Nous partons le fruict de notre chasse avecques nos chiens et oyseaux, comme la peine et Vindustrie. (Montaigne.)
Ces gens gais et joyeux
Sont sur le point de partir leur chevance. (La Fontaine.)
Patrociner, V. intr. Faire Tavocat ; du latin ^a^rocman ;
Prêchez, patrocinei jusqu'à la Pentecôte. ( Molière. )
Plaidoyer, v. intr. Plaider :
// PLATDOYB beau qui playdoye sans partie, (Nicot.)
Pléger, v. tr. Garantir, cautionner; de plage ^ plaige y pleige, caution :
Va, j'estime si peu ces nouvelles amours.
Que je te plége encor son retour dans deux jours. (Corneille.)
Pratiquer, v, tr. Gagner, rallier à prix d'argent :
Icetes AvoiT pkatiqué deux soldats pour tuer Timoléon, s^ournant à Adrane en la Sicile. (Montaigne.)
PoYSER, V. intr. Peser; d'oùjîoys, pois^ aujourd'hui |?o/é?5 :
A chascun son fardeau poyse. (Nicot.)
Racoiser, V, tr. Apaiser; accorder :
// se persuade, par tels moyens extraordinaires, de racoiser toutes choses en un clin d' œil, (E. Pasquier.)
Molière a dit accoiser,
Raire, V, tr. Raser, tondre ; en latin, radere:
Un harhier rait Vautre, (Nicot.)
Après RAiRE n'y a que tondre. (Le môme.)
Ramentkvoir, V. tr. Rappeler :
Il y a des gens qui s'offensent au premier mot qu'on ramentoit nos afflictions passées. (Satire Ménippée.)
Ne ramentevons rien, et réparons l'offense. ( Molière. ) Cette opinion me ramentoit l'expérience que nous avons, (Montaigne.)
Rengréger, V. tr. Accroître, empirer:
C'est folie de vouloir s' éclair cir d'un mal auquel il n'y a point de médecine qui ne V empire et le rengrége. (Montaigne.)
Chacun rendit par là sa douleur rengrégée. (La Fontaine.)
Retancher et revencher, et — (se), v. tr.eipr. Se défendre, se dédommager d'une chose en s'en vengeant :
Du mot revenger nous avons fait reyatscher, comme si, en, nous revengeant de l'offense qui nous a été faite, nous nous défendissions, (E. Pasquier.)
Ne me bannissez pas de votre souvenir ;
Et puisque mon trépas conserve votre gloire,
Pour vous en revancher conservez ma mémoire. (Corneille.)
Je veux d'un si bon tour
Me revancher (La Fontaine.)
Rigoler pu rtgouler (se), v. pr. Se divertir, s'amuser :
Cestoit passetemps céleste les voir ainsi soi rigoler. ( Rabelais.)
Saouler, souler et — (se), v. tr. eipr. Rassasier; du latin, sa- ^iare^ saturare :
Us mangeoient à sa table, avaloient Tambrosie,
Et des plaisirs du ciel soûlaient leur fantaisie. (Régnier.)
Chacun se soCle d'un pain manger (1). (Nicot.)
Aujourd'hui il s'emploie familièrement.
Semonbre, V. tr. Exciter, exhorter ;
Lorsque nos rois vouloient semondrb quelques gentilshommes ou braves soldaisà bien faire le jour d'une bataille, les caressoient d'une accolée» (E. Pasquier.)
Son hôte D*eut pas la peine
De le semondre deux fois. ( La Fontaine.)
(Il) m'a fait en grande hâte ensevelir le mort, De peur que cet objet qui le rend hypocondre A faire un vilain coup ne me l'allât semondre. (Molière.)
La viande SEuoîih les gens. (Nicot.)
Semondre à des obsèques, (Académie.)
SouLER, V. tr. Avoir coutume ; du latin solere :
Au lieu de la poésie qui sodloit représenter les exploits d^armes des braves^ princes et grands seigneurs , commença de s'insinuer entre nous une nouvelle forme de les écrire en prose sous le nom et titre de romans, (E. Pasquier.)
Succéder, v, t. Réussir ; formé de succès :
Tout ce que j'entreprends me succède à rebours. (Mairet,)
Menons bien ce projet : la fourbe sera fine
S'il faut qu'elle succède ainsi que j'imagine. (Molière.)
Quelque chose de bon nous pourra succéder, (Molière. )
Vitupérer, v, tr. Blâmer; du l^tm mtuperare :
Si tu es aussi savant qu'Homère
Et n'as rien, l'on te vitupère, ( Nicot, Anciens proverbes,)
VI, Verbes encore en usage. "^
Affoler, v tr. Blesser, accabler :
Le point qui me console,
C'est que la pauvreté comme moi les affole, ( Régnier. )
Qui prêtera la parole
A la douleur qui m'affole ?
Qui donnera des accents
A la plainte qui me guide ?
Et qui lâchera la bride
A la fureur que je sens ? (Du Bellay. )
— Affolé., ée^ part, p. Passionné jusqu'à la folie :
Cest un magistrat de province
Affolé de sa propre amour;
Il demanderait du retour
Pour se troquer avec un prince. (Maynard.)
(1) Se rassasie, se dégoûte de manger du môme pain.
Allangourir (s'),, V, pr. Tomber en langueur, devenir languissant:
Ausiy s*affoiblissent et s'âllangouhissent au vent de sud et allant vers midy, eomme les méridionaulx venants au nord redoublent leurs forces, (Charron.)
Bailler, v. tr. Donner :
Un sergent baillera de faux exploits, sur quoi vous sere% condamné sans que vous le sachiez. (Molière.)
— Proverbialement : Vous nous la baillez belle. Barguigner, v, intr. Marchander; hésiter :
ii quoi bon tant barguigner et tant tourner autour du pot? ( Molière.)
Baver, bavasser, v. intr. Babiller, folâtrer; d'où baves^ paroles inutiles, hors de propos, et baveur^ grand parleur :
Je dis vray, non pas tout mon saoul, mais autant que je Vose dire, et l'on ose un peu plus en vieillissant; car il semble que la coutume concède à cet aage plus de liberté de bavasser et d'indiscrétion à parler de soy. (Montaigne.)
Buter, v. intr. Avoir pour but, tendre à, viser :
Un juge doit toujours buter à la justice. (E. Pasquier.)
Toutes mes volontés ne butent qu'à vous plaire. (Molière.) Si je suivais mon goût, je saurais où buter, ( La Fontaine.)
CoaiMETTRE, V. tr. Confier :
Allons, sans crainte aucune ,
A la foi d*un amant commettre ma fortune. (Molière.)
Un voleur se hasarde D*enlever le dépôt commis aux soins du garde. (La Fontaine.)
Comparoir, v. intr. Comparaître, se présenter en justice. 11 n'est plus usité qu'à Tinfinitif et dans ces phrases :
Être assigné à comparoir. Recevoir une assignation à couparoir. (Académie.)
Compatir, v, intr. Être compatible avec :
L'engagement ne compatit point avec mon humeur, (Molière.)
— S'accorder, s'entendre :
La division et l'aigreur des ducs de Nemours et de Beaufort étaient venues à une fxtrémité trés-dangereuse. Ils ne pouvaient compatir ensemble^ et 7eur8 forces séparés n'étaient pas suf^antes pour tenir la campagne devant Varmée du roi,
(La Rochefoucauld.)
CoNDOULOiR, V, intr. S'affliger, partager la douleur de quelqu'un. Il ne s'emploie plus que sous la forme pronominale :
Se CONDOULOIR avec quelqu'un. (Académie.)
Coucher, v. intr. Viser une chose, y aspirer :
Venge cette querelle, et justement sépare
Du cygne d* Apollon la corneille barbare,
Qui, croassant partout d'un orgueil effronté.
Ne couche rien de moins que Timmortalité. ( Régnier.)
Aujourd'hui on a dit en ce sens : Coucher en joue, au propre et au figuré :
Couler (se), v, pr. Se glisser, pénétrer dans :
Déjà ce malheureux, sans nuls empêchements,
Etoit prêt à sortir de vos retranchements,
Et d'un camp ennemi se couler dans un autre. (Mairet.)
CocLEZ-voDS doucement parmi les autres. (Académie.)
Courre, v, tr. Courir, poursuivre; il se conjugue comme courir : GocBRE le cerf, le lièvre, le daim.
Il s'emploie encore dans le sens de Faire courir : Voulez-vous COURRE votre cheval avec le mien ? (Académie.)
Crier, v, tr. Suivi d'un complément de personne ; gronder :
Tu ne me diras plus, toi qui toujours me cries,
Que je gâte en brouillon toutes tes fourberies. (Molière.)
Pourquoi me criez-vous ? — J'ai grand tort, en effet ! (Le même.)
Dans ce sens il s'emploie aujourd'hui absolument : // ne fait qwe crier; Laissez^la ç^VEXi,
Dégoiser, V. intr. Il se disait proprement des oiseaux ; gazouiller, chanter ; formé de dé et gosier.
Régnier Ta dit figurément du murmure que fait entendre une rivière en coulant :
... Là, dedans les champs que (1) la rivière d'Oise
Sur des arènes d*or en ses bords se dégoise. (Satire XV.)
— Par analogie, Babiller :
Peste! madame la nourrice, comme vous déguisez! (Molière.)
Divertir, v. tr. Détourner, distraire; du latin divertere, tourner d'un autre côté :
C'est un artifice du diable de divertir ailleurs les armes dont ces gens4à cornhattoient les hérésies. (Pascal.)
Je ne m*appaste point d'une vaine espérance ;
Fortune ne peut rien contre mon assurance,
Et mon repos d'esprit n'est jamais diverti. (Desportes.)
Votre feinte douceur forge un amusement,
Pour divertir l'effet de mon ressentiment. (Molière.)
Divertir quelqu'un de ses occupations. (Académie.) (1) Que pour où.
DES AP4CHAÏSMES. 187
Faire, v, tr. Dire; du latin fari^ parler ; il s'emploie encore quelquefois dans les phrases interjetées :
Monsieur, au nom de Dieu, lui fais-je assez souvent.
Cessez de vous laisser conduire au premier vent. (Molière.)
Heu! heu! fit WUl. Il fait diablement humide dans les églises,
(H. de Balzac.)
Feindre, v. intr,^ suivi de la préposition à. Éluder, avoir peine à :
Tu feignais à sortir de ton déguisement.
Et ne pouvais me croire en cet événement. (Molière.)
Festiner, V. intr. Offrir un festin :
Cest ainsi que vous festinez les dames en mon absence ! ( Molière. )
Festoyer, v. tr. Faire fête à quelqu'un; bien traiter :
Chacun de festoyer sa voisine folâtre.
De prévoir la vieillesse et de boire d'autant. (E. Augier.)
Guerroyer, v. tr. Faire la guerre :
Etfutmessire Imbault, au service dudit roy Loys VIII» à guerroyer lesAnglois, et après son décès, au seiwicedu roy sainct Loys. ( J. Bouchet.)
Guigner, v, tr. Jeter un regard rapide sur; lorgner du coin de lœil :
Adonc le Père puissant...
Contr'eux guigne la tempôte ,
Laquelle, en les foudroyant,
Sifflait aigu, tournoyant.
Comme un fuseau sur la tête. (Ronsard.)
Par les forêts s'écarte cette bande.
Qui ore un pin, ore un sapin demande.
Guignant de l'œil les arbres les plus beaux,
Et plus duisant à tourner en vaisseaux. (E. Pasquier.)
Ai guigné ceci tout le jour, (Molière.)
— (se), v, pr. Se faire signe du coin de Tœil :
Ils prinrent heure sur le poinct qu'il feroit quelque sacrifice, et se meslants portny la multitude, comme ils guignoyent l'un Vautre, que l'occasion estoit propre fl leur besongne, voicy un tiers qui, d'un grand coup d'espée, en assené l'un par la kste et le rue mort par terre. ( Montaigne.)
Impétrer, v, tr. Obtenir; du latin impétrare :
Fay qu'on voye en ces vers, d'une riche façon,
Briller l'auguste feu que tu vis au buisson ;
Impètres-en^ du moins quelque vive étincelle. ( Saint-Amant.)
On dit en terme de droit :
Impétrer des lettres du prince, Impétrer un bénéfice. (Académie.)
MiNUTBR, V, tr. Projeter tacitement, préparer sournoisement, secrètement :
Je le remcrci&is doucement de la teste,
Minutant à tous coups quelque retraite honneste. ( Régnier.)
Il MINUTE son départ. Il y a longtemps qu'il minutait de faire ce qu*il a fait.
(Académie.) Montrer, v. intr. Donner des leçons :
Outre le maître d'armes qui me montre, j'ai arrêté encore un maître en philosophie. (Molière.)
Son maître tous les jours vient pourtant lui montrer, (Regnard.)
Il se dit aujourd'hui dans le sens d'Enseigner, et prend toujours mi nom de chose pour complément direct : Montrer une langue; Montrer le latin, *
Morguer, V, tr. Braver insolemment :
Et de son large dos morguant les spectateurs. (Molière.)
.... Tous ces vaillants, de leur valeur guerrière, Morguent la destinée et gourmandent la mort. ( Régnier.)
Nuïr, V, tr. Dénier, refuser :
Et je n'ai pu nier au destin qui le tue
Quelques moments secrets d'une si chère vue. ( Molière.)
Obliger, v, tr. Absolu, lier; du latin obligare :
Mes plus ardents respects n'ont pu vous obliger ;
Vous avez voulu rompre : il n'y faut plus songer. (Molière.)
Proverbialement : Noblesse oblige.
Pâmer, v, intr. Se pâmer :
Madame,
D'où vous pourroit venir... Ah ! bons dieux! ellepdmc' (Molière.)
On n'en peut plus. — On pâme, — On se meurt de plaisir. ( Le môme.)
Sire, on pâme de joie ainsi que de tristesse. (Corneille.)
Quitter, v, tr. Abandonner, céder :
. . . L'amour en tout son empire,
Au jugement des beaux esprits,
N'a rien qui ne (juitte le prix
A celle pour qui je soupire. (Malherbe.)
Quitter tous ses droits. Quitter sa place à quelqu'un. Il n'en quitterait pa^ sa place à un autre, (Académie.)
Rebëquer, V. intr. Répliquer; répondre vivement, avec aigreur :
îls demandent ou de nous subjuguer et rendre esclaves, s'ils peuvent; ou s^ils ne peuvent, pour le moins nous affoiblir et mettre si bas que jamais ou de longtemps nous ne puissions nous relever et rebeqoer contre eux. ( P. Pithou.)
Il ne s'emploie plus que sous la forme pronominale :
// s'est REBBQCB cotitre son précepteur, (Académie.)
Remémorer, v. tr. Se rappeler, se sbuvenir :
A ceulx4à est une grande félicité de remémorer les faicts glorieux de leurs parents. (Amyot.)
Aujourd'hui, dans le sens transitif, il signifie Remettre en mémoire, et il n'a le sens qui précède que sous la forme réfléchie :
Je vais vous remémorer tout ce qui se passa dans cette bataille. (Académie.) h vais tâcher de me remémorer ce que vous dites» (La môme.)
Ressembler, v. intr. Il s'employait transitivement :
rai vu en mon temps cent laboureurs, cent artisans, plus Jœureux que les recimsdt l'Université, et lesquels j'aimerois mieux ressembler. (Montaigne.)
Ils ont vu les meilleurs habitants et les soldats marcher par la ville, appuya «fun bâton, pasles et faibles, plus blancs et plus ternis qu'images de pierre, res- SEMBUNTS p/ws DES FANTÔMES quc DB8U0MMBS. (Pierre Pithou.)
Sabouler, t\ tr. Fouler aux pieds :
Letiers qui avoit esté attrapé, le peuplepousse et saboule au travers la presse (1 ).
(Montaigne.)
Aujourd'hui, Tourmenter, houspiller; réprimander :
Comme vous le saboulez ! // a été d'importance saboulé par son père.
(Académie. )
Il appartient au langage du peuple.
Soucier, v. intr. Causer du souci :
Non, Lucile Jamais vous ne m'avez aimé.
— - Et je crois que cela faiblement vous soucie, ( Molière. )
Penses-tu que ton titre de roi
Me fasse peur ni me soucie ? ( La Fontaine.)
On ne dit plus que Se soucier,^ s'inquiéter, se mettre en peine, prendre intérêt à quelque chose.
I Vn. Adverbes, prépofHîons, eoiyonctioiis et inteijeeUoiis.
A CHEF, loc. adv. A la fin :
Contre le tronc sonne mainte cognée...
Qui mainte plaie et mainte redoublant,
Coup dessus coup contre l'arbre tremblant,
A chef branlé, d'une longue traverse
Le fait tomber tout plat à la renverse. (E. Pasquior.)
(1) Foule.
— Mettre^ venir à chef. Exécuter une chose, en venir à bout :
Il pense mettre à chef quelque belle entreprise. (Régnier.)
> . . Le pis de leur méchef
Fut qu'aucun d'eux ne put venir à chef
De son dessein (La Fontaine.)
Adonc, adv. Alors :
Les autres disent que l'occasion de ce grand débord fut pour décharger le pays des Gaulois adong trop abondant en peuple. (E. Pasquier.)
Les Athéniens adong commencèrent à trouver l'opinion de Themistocles bonne de vouloir combattre par mer, (Amyot.)
AiNS, conj. Mais :
Cela non-seulement ne fut point loué, ains fut estimé vaine gloire et présumption. (Amyot.)
Ainsi (par), loc, conj. Ainsi, donc :
Par ainsi, tout esprit n'est propre à tout subject ;
L'œil foible s'esblouit en un luysant object. (Régnier.)
Ainsi comme ainsi, loc. adv. Aussi, c'est pourquoi :
Nous ne pouvons pas tout : ainsi gomme ainsi nous faut-il souvent , comme à la dernière anchre, remettre la protection de notre vaisseau d la pure conduicte du ciel.
Après (par), loc, adv. Ensuite :
Les prédicateurs et sorbonisies nous ont faict donner dans les rets des tyrans^ et nous ont par après mis en cage. {Pierre Pithou.)
J'ai peur, si le logis du roi fait ma demeure,
De me trouver si bien dès le premier quart d'heure.
Que j'aye peine aussi d'en sortir par après, (Molière.)
Arrivant que, loc, conj. S'il arrive, s'il arrivait que :
Vous savez du sénat l'ordonnance dernière
Par laquelle, arrivant qu'elle fût prisonnière,
Il nous est à tous deux expressément enjoint
De l'envoyer à Rome et de n'y manquer point. (Mairet)
Aucunement, adv. Il s'employait dans le sens affirmatif :
En un mot l'airaez-vous? — Je Taime aucunement,
Non pas jusqu'à troubler votre contentement. (Corneille.)
AvECQUES, AVECQUE, avecq', AVEC. Aujourd'hui on écrit toujours avec^ en prose et en vers :
Toute chose en vivant avecq' l'âge s'altère. (Régnier.)
L'enfant qui sçait desjà demander et respondre,
Qui marque asseurément la terre de ses pas,
Avecque ses pareils se plaist en ses ébats. (Régnier.)
Après mille ans et plus de guerre déclarée,
Les loups firent la paix avecque les brebis. (La Fontaine.)
DES ÀRGHAÏSAIES. 191
Cas que (au), loc, conj. Si :
Je veux mourir au cas qu'on me trouve menteur. (Corneille.)
Cependant que, loc, adv. Tandis que :
Cependant que chacun, après cette tempête,
Songe à cacher aux yeux la honte de sa tète... ( Molière.)
Cependant que son front, au Caucase pareil, Non content d'arrêter les rayons du soleil.
Brave l'effet de la tempête. (La Fontaine.)
Combien que, loc. conj. Quoique :
Ui autres Grecs ne feirent aucun devoir de les aller secourir, combien qoe les Athéniens les requissent de vouloir aller au-devant des Barbares. (Amyot.)
Comment que, loc, conj. De quelque façon que :
Es touts affaires, quand ils sont passer , comment que ce soit^ j'y ay peu de] regret; cette imagination (1) me met hors de peine qu'ils debvoient ainsi passer»
(Montaigne.)
D'abord que, loc. conj.
Je n'en ai point douté d'abord que je l'ai vue. (Molière.)
Déa, da, adv. Certes, assurément :
Etnik, où vîteS'Vous jamais une confirmation faite sans date? (E. Pasquier.)
Quoi, d'un enfant monaut
J'accoucherai ! n'y savez-vous remède ?
— Si dà, fit-il, je vous puis donner aide. ( La Fontaine.)
Demeurant de (au), loc. adv. A tout le reste :
Avec la puissance qu'ils pouvoient acquérir en mer, ih estaient asse% forts pour dmner loy ad demeurant de la Grèce. (Amyot.)
Depuis (du), adv. Depuis ce temps-là ; ou simplement, depuis : La belle du depuis ne le recherche point. (Régnier.)
Depuis que, loc. conj. Du moment que :
Ce n'est plus obéir depuis qu'on examine. (Corneille.)
Devers, pr^^. Vers, du côté de ;
Las ! Tircis, tourne au moins ton regard devers moi, Pour voir mes tristes yeux qui fondent dessus toi. Qu'au moins, avant ta mort, ta bouche me console D'une seale parole. (Jean de Lingendes.)
Le prôtre avait à peine obtenu le silence
Et devers l'Orient assuré son aspect... (Corneille.)
(1) Pensée.
192 GRAMMAIRE GÉNÉRALE ET tllSTORIQUE.
DoNCQUES, DONCQ, DONC, coTij. Aujourd'hui, donc :
Doncques, si le pouroir de parier m'est ôté,
Pour moi J'aime autant perdre aussi l'humanité. (Molière.)
Doncques votre lumière a donné de l'onibrage,
Donc vous êtes couvert d'un éternel nuage. {Mairet.)
Et d'où doncques viendrait cette prompte sortie ? ( Molière. )
Faut-il doncq' à présent s'estonner si je suis
Enclin à des honneurs qu'esviter je ne puis? (Régnier.)
On écrivit originairement avec une s finale, doncques^ avecqucs^ ores^ illecques^ mesmes.
D'oRES-EN-AVANT, loc. odv . A partir d'aujourd'hui; de l'italien d'om in avanti; on écrit aujourd'hui doi^énavant :
Aussi mon cœur d'oreb-en-avant tournera-Hl toujours vers les astres resplendissants de vos yeux adorables, ( Molière.)
Emmi, prép. Au milieu, dans, parmi, entre :
Emmi le castel en estant
Est une tor et fort et grant. ^ (Rom<m de Perceval.)
Il est encore usité dans quelques campagnes.
Encontre ou a l'encontre de, loc. prép. Contre :
l\ ne se peut munir encontre tant de maux,
Dont l'air intempéré fait guerre aux animaux* (Régnier.)
L'inimitié qu'il conceut À l'encontre de çcluy-là procéda d'une cause assei légère. (Amyot.)
A rencontre est encore usité :
AUer À l'encontre de quelque chose. Plaider À l'encontre de quelqu'un.
(Académie.)
Encore, encores, encor, adv. A présent, en ce moment c
L'aimes-tu encores ? — Oui. (Marot.)
Èncor si pour rimer, dans sa verve indiscrète,
Ma muse, au moins, souffrait une froide épithète. (Boilcau.)
Encore que, loc. conj. Quoique, bien que :
Encore que les choses fussent en ces termes^ la négociation ne laissait pas da continuel', (La Rochefoucauld.)
Encores que nostre salaire ne soit point borné ains remis à nostre discrétion, si est-il honteux, non-seulement de l'escrire^ mais aussi de le dire, (E. Pasquier.) Encor qu'il soit sans crime, il n'est pas innocent. (Corneille.)
Environ, prép. Vers :
il «e débatoit à soi-même s'il irott ou non : mais à la fin marcha après les autresj et y arriva environ sept heures du matin. (Ph. de Coramines.)
ËNTiRON (a l'), loc. adv. Aux environs, tout autour :
Or étoit ceste fonteine en une vallée a8se% creuse, et toute la place À l'entiron pleine de ronces, (Amyot.)
On écrivait aussi alenviron^ en un seul mot :
La flotte couvroit tous les rivages d'ALBNviRON, tant que la veue se pouvoit estendre. (Amyot.)
Ès, prép. Dans : Es registres du parlement.
S'il y a de la malefaçon exemplaire, je ne pense point qu'il la faille dissimuler . ss autres choses, je seray bien d'advis que Von pardonne à la pudeur des personnes. • (E. Pasquier.)
Il se montroit juge droiturier (1) ès affaires des particuliers, (Amyot.)
. . . Son propre malheur, aussi bien que le vôtre,
Sur la pointe du jour le fit tomber ès mains
D'un escadron errant de chevaux africains. (Mairet.)
Docteur en droit romain, et maître ès jeux floraux. (C. Delavigne.)
Fois (toutes et quantes), loc, adv. Toutes les fois :
ïli feirent très-bien cognoistre que la, force des Grecs est inexpugnable toutbs iT QUANTES FOIS qu'H y a bon ordre et qu'ils» s'accordent bien entre etdx soub% la conduitie d'un sage capitiaine, (Amyot.)
Etpouve% entendre et croire que toutes et qdantes (2) fois qu'il souvenait à ce bon roy de la souffrette et danger d'iceux serviteurs, il avoit le cœur bien pressé et Men déplaisant, (Olivier de la Marche.)
For, FOfis, prép. Hors, hormis, à Texception de; du latin foras (3) :
Tout est perdu, fors l'honneur, (François P'.)
Soîez certain qu'en sortant dudit lieu,
Rien n'oublia fors de me dire adieu. (Marot.)
— Fors que de., loc, prép. Hors, excepté :
La dame était de gracieux maintien,
De doux regard, jeune, fringante et belle,
Somme qu'enfin il ne lui manquait rien
Fors que d'avoir un ami digne d'elle. {La Fontaine.)
(1) Equitable, ou qui se conforme au droit écrit.
(2) n dérive du latin quantus :
Oqdants ADy.TRES y entreront, avant que celuy-cy en sorte. (Rabelais.) Qdantes paroZes semées haineusement contre luy !... Qdants heurts de guerre! QDANTES rencontres et batailles il a soutenus et portés en sa personne!
(Olivier de la Marche.)
(3) Il entre dans les composés fourvoyer ( for voyer, aller hors de la voie) ; for^ *iû [for sens, hors de sens), qu'on écrit aujourd'hui forcené, sans tenir compte do fétymologie; forfaire, forfait, forfaiture, etc.