‹ Grammaire générale et historique de la langue françaisChapitre 76 sur 139 · II. Solécismes de nombre · texte numérisé non relu

II. Solécismes de nombre

Après avoir passé une excellente nuit â.la belle étoile, sans nous inquiéter de l'avenir^ nous nous étions assis pour déjeuner, sur les midi , au pied d'une petite élévation tapissée de fleurs, (Ph. Chasles.)

Midi (médius dies) est essentiellement de nombre singulier : sur le midi.

les choses les plus importantes au bonhecr et à la sécurité pdbliqdbs sont aujottrd^hui sans accord entre elles. (Dupanloup.)

Le féminin pluriel publiques forme un double solécisme, car il ne peut se rapporter aux deux termes dont l'un est du genre masculin, ni au dernier seul qui est du nombre singulier.

Chacun de ses filets sont autant de Pactoles. (Delille.)

L'accord doit se faire avec chacun et non avec son complément pluriel filets; il fallait écrire est ou plutôt construire le vers autrement.

Des soM discords que rendent chaque sens. (Lamartine.)

Le solécismp résulte ici d'une erreur ; le poëte a pris, sans doute, le terme distributif chaque pour un collectif, et il a cru faire un ac- ^'ord sylleptique.

A l'angle d'un buisson, sous un tronc de charmille.

Un jeune montagnard, prè& d'une jeune fille.

Sur la raôme racine étamnt assis tous deux» (Lamartine.)

Ici, il n'y a qu'un sujet simple, du nombre singulier, le verbe «fevrait donc être au singulier, était assis.

, Une faute que commettent très-fréquenmient la plupart des poètes modernes, c'est de retrancher X$ cai*actéristique de la seconde personne du singulier des verbes :

Que m'importe quels vœux enchaîneront tes jours,

Ton travail en ce monde, et le pain dont tu vive,

Et ton chemin, si Dieu permet que je t*y suive 7 ( Lamartine.)

11 faut (2on^ tu vives.

Maintenant, Glaudius, toi qui de tout dispose^

Comme roi du festin, invente quelque chose. (À. Dumas.)

C'est encore faire un solécisme que deTajouter à l'indicatif des verbes de la première conjugaison, ou de la retrancher aux verbes des trois autres :

— Les fêtes de Baîa Vont conduite à la cour.

— Elle est dans ce palais. — Qu'elle vienne, va, cour.

(Soumet et Belmontet.)

— Vous savez à quel mot nous nous reconnaissons?

— Oui, maintenant vas donc, vas... On frappé... attendons.

(E. Legouvé.) Tu crois qu'on peut dissoudre un tel hymen, tu croi Que deux êtres, unis par un tel anathème. Peuvent chercher l'amour ailleurs que dans eux-même. ( Le môme.]

Les phrases qui suivent pèchent contre la concordance :

Plus souvent desséché par mon affliction,

Je trempe un peu ma lèvre à l'Imitation,

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