‹ Grammaire générale et historique de la langue françaisChapitre 90 sur 139 · I. Du sujet · texte numérisé non relu

I. Du sujet

I. Le sujet est simple^ quand il n'exprime qu'une seule idée, c'est-à-dire quand il ne représente qu'un seul objet, ou des objets d'une même espèce que l'esprit embrasse collectivement d'une seule vue :

l'ÉGALiTB est au cimetière , mais elle n*est que là. [ Lévis.)

Les hommes sont encore enfants à soixante ans. (Aub^t.)

IL Le sujet est composé^ quand il exprime et comprend plusieurs objets différents de genre et d'espèce, à chacun desquels convient l'attribut de la proposition :

L'or et l'argent s*épuisent, — mais la vertu, la constance et la pauvreté ne s* épuisent jamais.

IIL Le sujet est incomplexe ^ quand il exprime en un seul mot une idée totale, et qu'il a par lui-même un sens complet :

La religion veille sur les crimes secrets; — les lois veillent sur les crimes publics,

IV. Le sujet est complexe^ lorsqu'il ne présente une signification complète qu'à l'aide de mots qui achèvent l'idée que seul il ne peut exprimer :

Le secret — DE PLAIRE DANS LES CONVERSATIONS — cst dc nc pos tvop expliquer les choses. (La Rochefoucauld.) Le meilleur moyen de se défaire d'un ennemi est d*en faire un ami.

(Henri IV.)

IL De Vattribut.

L L'attribut est simple^ quand il n'exprime qu'une manière d'être du sujet :

Les âmes faibles sont cruelles, (F. de NeafchÀteau.)

DE l'analyse. 237

JI. Il est composé , quand il exprime plusieurs manières d'être du sujet :

La fausse grandeur est farodchb et inaccessible. (La Bruyère.)

III. II est incomplexe ^ quand il présente par lui-même un sens complet, et qu'il n'a pas de complément :

L'homme est fin, Thomme est sage.

— Vous serez homme, et vous serez heureux.

( M"" Desbordes-Valmore.)

IV. II est complexe^ quand il ne présente un sens complet qu'avec le secours de termes complémentaires :

Le sourire est une marque — de bienveillance, d'applaudissement bt de satisfaction INTÉRIEURE. (BuffOO.)

Travailler est un devoir — indispensable ^ À l'homme socul.

(J.-J. Rousseau.) Uours est extrêmement friand — du miel que les abeilles font dans les troncs n'ARBRES. (Regnard.)

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