‹ Grammaire générale et historique de la langue françaiseChapitre 28 sur 153 · I. — LOCOTIOHS PRÉROSmnS FOUilS Dl PLUSIEURS MOTS IHYAUABUS · texte numérisé non relu

I. — LOCOTIOHS PRÉROSmnS FOUilS Dl PLUSIEURS MOTS IHYAUABUS

Au-delà de.

En deçà de.

Loin de.

Près de.

A moins de.

En sus de.

Par delà.

Proche de.

Auprès de.

Jusqu'à.

Par-dessous.

Quant à.

Avant de.

Jusques à (6).

ParKiessus.

Sus à.

// a touché des gratifications en sus de son revenu, (Académie.)

On a enjoint à tous les bâtiments de courir sus aux ennemis, (La même.)

AUons, courei sus aux fanatiques et aux fripons. (Voltaire.)

On peut dire que Henri IV était véritablement le héros de la France. Ses talents, ses vertus et jusqu'à ses défauts, tout, pour ainsi dire, nous appartient.

(Thomas.)

(1) A, formé du latin ad, entre dans la composition d'un très-grand nombre à» noms, d'adjectifs et de verbes.

(3) Il est composé de à etprè«.

(3) On a écrit avecque, avecques :

Tous les jours je me lève avecque le soleil. (Boileau.)

(4) n est dérivé du mot latin casa, maison, demeure, et régit toujours un liff^ de personne.

(5) Mal (mauvais) gré.

(d) Il n'y a aucune différence de valeur entre ces deux mots; le second 8*610' ploie au lieu du premier, dans les vers, quand la mesure le commande, et dans 1^ prose, quand l'euphonie l'exige ; ainsi l'on dit ne pas : J'en ai compté ivsxfi ^ QUATRE, jusqu'à QUINZE, ni JvsQu'À QUAND continuerc^^ous ce tapage? mais: /«^ ai compté jusques à quatre, jusques à quinze; Jusqoes à quand^ etc.

. ^ LOCUTIONS PRiPOSITIVIS FORIKES D'Clll OU DE PLVSIBDIS PlfPOSlTlOUS

ET nu SDBSTA!(Tir.

A cause de. A la réserve de. Au travers de. De manière à,

A côté de. A l'égard de. Au-dessous de. Du côté de.

A défaut de. A rencontre de (1). Au-dessus de. En faveur de.

Au défaut de. A Tcnvi de (2). Au-devant de. Faute de (3).

Afin de. A Texception de. Au secours de. Le long de (&).

A l'abri de. Autour de. Avant de. Sous couleur de (5).

A la merci de. A travers de. Avant que de. Vis à vis.

Aller À l'encontre de quelque chose. — Je ne vais pas À l'encontre de ce que vous dites. (Académie.)

Errant à la merci d9ses inquiétudes,

Sa douleur Tcntralnalt aux noires solitudes. (Segrais.)

A DiFAUT D'ofi/res armes , f7 prit une barre de fer. (Académie.)

Au défaut de ton bras pr(^tc-moi ton épéc. (Corneille.) Is mettaient sous le joug les rois et les nations sous couleur de les défendre.

(Voltaire.)

Je plaignais ses commis sous couleur d'amitié. ( Ë. Augier.)

Ils travaillent À l*envi l'un de Vautre, À l'envi les uns des autres. (Académie.)

m. ~ LOGDTIOKS PRÉPOSITIVES FOUÉBS D'0?i ADJECTIF OU D^Ull TERBI.

Attenant.

Hormis (6).

Pendant.

Touchant.

Attendu.

Joignant.

Proclie.

Vu.

Concernant.

Moyennant.

Sauf(8).

Y compris.

Durant.

Non compris.

Suivant.

Excepté.

Nonobstant {!).

Supposé.

Bemarquet partlcullèret sur l'emploi de quelques prépotîtiont.

I. A s'exprime généralement avant chacun des compléments indirects et circonstanciels coordonnés placés sous sa dépendance :

Je trouve plus de plaisir À labourer, À semer, À planter, À recueillir, qu*k faire des tragédies. (Voltaire.)

(1) Cette expression a vieilli; l'Académie en restreint l'usage aux deux phrases que nous citons. — On a écrit en un seul mot alencontre.

(2) Voyez à Venvi, locution adverbiale.

(3) On a dit faute de, à faute de et par faute de : Faute,à faute, par faute d'argent; faute, à faute, par faute de payer; la première locution est la seule usitée aujourd'hui.

(4) On a dit : au long, du long et le long de la rivière; les deux premières constructions sont maintenant inusitées.

(5) On dit plus souvent sous prétexte,

(6) Hors et mis.

(7) Non et obstare, s'opposer, sans tenir compte de l'opposition de.

(8) "Dtsalvus, lat., sauvé.

A la fierté, au courage, À la force, le lion joint la noblesse, la clémence.

(Buffon.)

A la gloire, aux plaisirs^ À la grandeur, À la galanterie qui occupaient le$ pre^ mières années du gouvernement, Louis XIV voulut joindre les douceurs de Vamitié,

(Voltaire.)

La Harpe dit avec raison que Texactitude grammaticale exigeait la répétition de à dans les vers suivants, avant le dernier infinitif;

Quel fhiit reTÎent aux plus rares esprits

De tant de soins à polir leurs écrits,

A rejeter les beautés hors de place,

Mettre d'accord la force avec la gr&ce? (J.-B. Rousseau.)

II. A peut cependant ne s'exprimer qu'une seule fois, lorsqu'il précède deux termes qui ont à peu près la même signification :

La France alors, décidée comme aujourd'hui À conserver et maintenir tous let grands résultats de sa révolution, refusait de remonter vers le passé, ^olé.)

III. A ne doit pas se répéter lorsqu'il précède deux noms for^ mant une seule et même expression :

Entre les romans anciensy c'est À Théagène et Ghariclée que je donne la préférence, (Domergue.)

Crébillon doit sa renommée À Rhadamiste et Zénorie.

Dans le premier de ces exemples, il s'agit d'un roman qui a pour titre Théagène et Chariclée; dans le second, d'une tragédie intitulée Rhadamiste et Zénobie.

IV. A se sous-entend âJ^rès jusque^ mais seulement quand il précède les adverbes aujourd'hui^ ici^ et là :

l^e\ne^ jusqu'aujourd'hui Yous avez pu connaître Quelle fidélité m'attachait à vos lois. (Voltaire.)

.... Vous Sivez jusqu'ici,,.

Résisté sans courber le dos. ( La Fontaine.)

Plutôt que jusque-là j'abaisse mon orgueil. (Voltaire. )

A s'exprime très-souvent en prose avant aujourd'hui :

J'ai différé jusqu'à aujourd'hui à vous donner de mes nouvelles, (Académie.)

V. il ne doit pas s'employer pour l'article au avant un infinitif pris substantivement ; ainsi on dit : au lever, au coucher du soleil; au revoir, et non a revoir; les constructions suivantes sont donc incorrectes :

Nous échangeâmes un À revoir, et nous nous séparâmes. (A. Jal.)

A revoir dans le ciel, mon vieux compagnon d'armes! (G. Delavigne.)

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