CHAPITRE Vni
DE l'adverbe.
V adverbe est un mot invariable qui sert à modifier ou un verbe, ou un adjectif, ou un autre adverbe :
On s'ennuie presque toujours avec ceux qu'on ennuie, ( La Rochefoucauld.}
Cette phrase renferme deux adverbes qui tous deux modifient le verbe, et dont le premier modifie le second.
Les adverbes modifient les mots auxquels ils se rapportent en y ajoutant :
1** Une idée de manière, de qualité ; tels sont les adverbes formés (les adjectifs : prudemment ,, sagement,^ etc.:
Un trône indignement renversé e/ hiragulbusement rélabli. (Bossuet.)
2" Une idée de temps : aiijourcVhui^ hier^ demain^ autre fois Jadis, alors ^ aussitôt^ désormais, tôt, bientôt, tard, toujours^ jamais^ etc.:
Quelques crimes toujours précèdent les grands crimes. (Racine.)
3" Une idée de situation, de lieu , d'ordre : ici, là, y, devant, derrière^ dedans, dehors, dessus, dessous, d'abord, premièrement^ ensuite, etc. :
On étale le titre de bon ciioyent et on cache dessous celui de jaloux.
(Massillon.)
4® Une idée de quantité : assez, beaucoup, peu, trop, moins, très, fort, que, combien, si, tant, tellement, etc.:
J'ai fait ce que j'ai pu : vous régnez ; c'est a88e%. ( Racine.)
5® Une idée de comparaison, de préférence : mieux, plus, moins, autant, davantage, etc.:
La sagesse vaux mieux que les amies des gens de guerre, (Fléchier.) 6** Une idée d'affirmation : oui, assurément, certainement, cer-
Certes, à voir les hommes si occupés, si vifs on dirait qu'ils travaillent pour des années étemelles. {MsL&^Uon,)
7** Une idée de négation : non, non,., pas, ne, ne.,, pas, ne. point, nullement, aucunement, etc.:
Le jour n'est pas plus pur que le fond de mon cœur. ( Racine.)