TABLEAU DES ADVERBES ESSEHTULS
Ailleurs.
Bien.
Dessous.
Incontinent.
Ainsi.
Çà.
Dessus.
Instamment.
Alentour.
Certes.
Dorénavant (4).
Jadis.
Alors.
Céans.
Encore.
Jamais.
Amont (1).
Cependant.
Enfin.
Jusque.
Assez.
Ensemble.
Là.
Aujourd'hui (2).
Combien.
Ensuite.
Loin.
Auparavant.
Comment.
Fort.
Lors.
Aussi.
Davantage.
Gratis.
Maintenant.
Aussitôt.
Dedans.
Guère.
Mieux.
Autant.
Dehors.
Hier.
Moins.
Autrefois.
Déjà.
Naguère*
Aval (3).
Demain.
Incessamment.
Ne.
Beaucoup.
Désormais.
Incognito.
Néanmoins.
(1) A mont (ad monlem), en liaut.
(2) Huy (hodiè); puis meshwj (magis hodiè, ou in medio hujus diei),
(3) A val (ad vallis ou valluni), en bas.
(4) l/ore en avant, de cette heure en l'avenir; on disait aussi d'ores et en avant.
Non, pour ne
pas.
Pis.
Quelquefois.
Tôt.
Notamment.
Plus.
Sciemment.
Toujours.
Nuitamment.
Plutôt.
Souvent.
Toutefois.
Où m.
Pourtant.
Surtout.
Très.
Parfois.
Presque.
Tant.
Trop.
Partout.
Puis.
Tantôt.
Volontiers.
Peu.
Quasi.
Tard.
Etc., etc., etc.
Tout adverbe équivaut à un nom complément d'une préposition ; ainsi, prudemment, aujourd'hui^ jamais^ trop^ sont les équivalents de avec prudence^ dans ce jour ^ en aucun temps, avec excès.
D'où il suit que les adverbes ont un sens complet et s'emploient ordinairement sans complément.
11 en est quelques-uns cependant qui font exception à cette r^e, et qui, n'ayant pas par eux-mêmes une signification absolue, pr^onent les mêmes compléments que les adjectifs dont ils sont formés ; tels sont : antérieurement^ dépendamm^nt^ différemment .^ indépendamment, postérieurement, préférablement, relativement, etc. :
// faut aimer Dieu préférablehent à toutes choses.
Les adverbes de quantité, assez, beaucoup, peu, plus, trop, moins, combien, que, tant, veulent la préposition de lorsqu'ils ont un nom comme complément :
Un bienfait reproché tint toujours lieu d'ofifense ;
Je veux moins de valeur et plus d'obéissance. ( Racine.)
Observation. — Un très-grand nombre d'adjectifs s'emploient accidentellement pour modifier un verbe ; alors ils sont adverbes, et comme tels invariables :
// faut accoutumer les hommes à raisonner juste. — (V. 1. 1", p. 117.)
iKMSutîonf adverbiales.
Une assemblage de mots remplissant la fonction d'un adverbe forme une expression à laquelle on donne le nom de locution adver^ biale; tels sont : avant-hier, après-demain, à Venvi, à dessein, sans doute, sur-le-champ, à tort et à travers, sens dessus dessous, etc.:
Ils servent à Venvi la passion d'un homme
Qui n'agit que pour goi feignant d'agir pour Rome. (Corneille.)
// faut, EN QUELQUE SORTE, respecter les fautes des grands hommes ; mais U ne faut pas les imiter, (La Roche.)
(1) Don y dont, donc, étaient employés l'un pour l'autre, et môme pour d*où (de unde), — Rabelais, dans ce dernier sens, écrivait dond.
A jamais.
Avant-hier.
Çà et là.
Cahin caha (1).
Ci-après.
GhinduB.
.Ci-joint.
D'ailleurs.
Delà.
De çà et de là.
De même.
Déplus.
Dealers.
L0CCT105S ADVEIBIUES.
D'ici.
D'où.
Du moins.
Du tout, etc.
En arrière.
En avant.
En sus.
En vain, etc.
Une fois pour toutes.
Jusque-là.
Là-<ledans.
Longtemps.
Mal à propos.
Ne pas, ne point.
Ne plus, etc.
Ni plus ni moins.
Par ici.
Par là, etc.
Pftle-mCle.
Peut-être.
Plus tard, etc.
Plus tôt.
Sans doute.
Tôt ou tard.
Tout à fait.
mmm adverbiales formées mi eipression sobstartivb
CMPLÉIENT h'm PRÉPOSITION.
A cœur ouvert.
A demi.
A Tamiable.
A la fois.
A l'envi.
A loisir.
A moitié.
A part.
A partie.
Après-demain.
A peine.
A présent.
A regret.
A témoin.
Au hasard.
Coup sur coup.
D'abord.
D'accord.
De jour.
De nuit.
Do suite.
D'ordinaire.
Du reste.
Nulle part.
Par hasard.
Par mégarde.
Quelque part.
Sens dessus dessous (2).
Tour à tour.
Tout à l'heure.
Tout d'un coup.
La plupart des noms abstraits employés en complément circonstanciel régis par la préposition avec ou par^ forment des locutions adverbiales équivalentes à des adverbes de manière ; ainsi , avec peine ^ avec soin^ avec résolution^ etc., se disent ipour péniblement ou difficilement^ soigneusement^ résolument ^ etc. ; par hasard^ par mégarde^ pour fortuitement^ involontairement.
Formation de l'adverbe.
Les adverbes se sont formés primitivement d'une manière uni-
(1) Tant bien que mal ; anciennement, cahi-caha.
(2) Anciennement, c'en detsus dessous^ c'en devant derrière, c'est-à-dire, ce qui était en dessus est en dessous, ce qui était en avant va en arrière. Cette forme a été reproduite par H. de Balzac.
On a établi cette orthographe, dit Ménage, en s'appuya nt de cet endroit de Philippe de Gommines : De tous costei ay veu la maison de Bourgogne honorée, et puis tout en un coup choir ce que dessus dessous.
Vaugelas voulait qu'on écrivît sans dessus dessous; mais comme on écrit en tous sens, en ce sens-là , l'analogie exige sens dessus dessous, et conséquemment sens devant den^ère^ et cette forme a prévalu.
forme ol n'^jiçulièrc par raddilion de la finale ment au féminin des adjectifs dont ils dérivaient :
Quand je vom sonnerai, iournei le tour diligentei^ent. (Rabelais.)
Aujourd'hui ils suivent dans leur formation les règles suivantes: 1" Tout adverbe dérivé d'un adjectif terminé par une voyelle se
forme par l'addition de la finale ment : agréable^ agré(ibleiEBSSï\
aisé^ a/67?MENT; absolu^ absoliiMEKT^ poli^ jpo//MENT. Mais d'impuni
on a formc'î impunément.
Par exception on change Ve muet des adjectifs suivants en é fSsrmé
avant l'addition de ment :
Aveugle, Aveuglément, I Conforme, Conformément.
Commode, Commodément, \ Énorme, Enortnément,
2** Quand l'adjectif est terminé au masculin par une consonne, Tadverbc se forme du féminin par Taddition de ment :
Doux, douce. Doucement,
Fort, forte, Fortement.
Franc, franche. Franchement,
Long, longue, Longuement,
Vif, vive. Vivement,
Par exception, Gentil, gentille, Gentiment,
Ve muet du féminin se chansc en é fermé dans
Commun, commune. Communément.
Confus, confuse, Confusément,
Exprès, expresse. Expressément.
Importun, importune, Importunément,
Obscur, obscure. Obscurément,
Précis, précise, Précisément.
Profond, profonde. Profondément.
3® Si l'adjectif est terminé par a/if , ent^ l'adverbe se forme par le changement de ant en amment^ et de ent en emment :
Constant, Constamment. \ Éloquent, Eloquemment.
Excepté le monosyllabe lent et le dissyllabe présent^ qui forment leur adverbe de leur féminin par Taddition de ment : lentement^ pré' sentement,
Fonction de l'adverbe.
Les adverbes modifient par eux-mêmes et d'une manière complète les mots auxquels ils sont joints, tandis que les prépositions ne sont que des modifications incomplètes qui exigent un complément; on emploie donc
Sans complément :
les adverbes
Alentour. Dessous.
Auparavant. Dedans.
Dessus. Dehors.
Avec un complément :
les prépositions
Autour. Sous.
Avant. Dans.
Sur. Hors.
DE l'adverbe. 65
Hier, f avais mille affaires dans la maison, je swtis, et je demeurai tout le jour DEHORS. (Montesquieu.)
Tous les maux sont depuis longtemps hors de la boite de Pandore; mais l'espérance est encore dedans. ( Marmontcl.)
On étale le titre de bon citoyen, et on cache dessous celui de jaloux, (HassiUon.)
. . . Loin des doux rayons que rùpand Tœil du monde,
La déesse aux vapeurs a choisi son séjour ;
Les tristes aquilons y sifflent alentour. (Voltaire.)
Les plaisirs nonchalants folâtrent alentour. ( Boileau.)
H ne faut employer aucun terme dont on n'ait auparavant expliqué le sens(i).
(Pascal.)
On ne dirait donc plus aujourd'hui :
Ses sacrilèges mains
Dessous un même joug rangent tous les humains. (Racine.)
ni, comme la Fontaine :
Il tourne alentour du troupeau, Marque entre cent moutons le plus gras, le plus beau.
mais sous un même joug ^ autoltv du troupeau,
(V. ci-dessus, Autour.^ alentour.^ p. 48 et 49.)
Exceptions. — 1. Dessus^ dessous ^ dedans ^ dehors^ s'emploient comme prépositions :
1° Quand on veut exprimer une opposition; dans ce cas dessus et dessous j dedans et dehors ont un seul et môme complément •
Il n'est ni dessus ni dessous la tasse. (Académie.)
2° Quand ils sont précédés d'une des prépositions à, de^ en^ par :
n protège la religion au dedans et au dehors du royaume, et jusqu'aux ettré" mités du monde, (Bossuet.)
// n''est pas encore sorti de dessous la main qui l'a formé. (Massillon.)
Tout ce qui est en dehors de cette ligne ne fait point partie de la France,
(Académie.) // y avait autant de bâtiments par-dessous la terre, (Bossuet.)
On a retiré celanz dessous la table; ôte% cela de dessus le bujfet. (Académie.)
y Mais dessus^ dessous^ dedans^ dehors^ précédés de à, de^ en^ par^ s'emploient le plus ordinairement sans complément :
fai mis en dessus les effets dont on a le plus besoin, (Académie.)
(1) On a dit anciennement par avant :
Sortant de la vulgaire trace,
Dans un nouveau sontier, moy, le premier je pass?,
Ouvrant à vos François un passage inconnu,
Que nul, par avant moy, dans France n'a tenu. (J.-A. 'ic Baif.)