CRAMMAIRE GÉNÉRALE ET HISTORIQUE
sion impai faite que présente la proposition principale ; aussi dans les constructions elliptiques on ne sous-entend presque jamais les propositions subordonnées, tandis que très-souvent on ellipse la proposition principale qu'il est toujours facile de suppléer :
Lorsque vous faites Vaumône^ ûub votre main gauche ne sache point eeqmfiU votre main droite. (DoSacy.)
Qu'aux accents de ma voix la terre se réveille !
Rois, soyez attentifs; peuples, prCtez Toreillc;
Que Tunivcrs se taise et m'écoute parler! (J.-B. Rousseau.)
Dans ces deux exemples, les propositions principales sont sousentendues avant les subordonnées, et cependant le sens est très-dair; on supplée facilement une de ces propositions, il fautj il importe^ je veux^ je commande.
On sous-entend très-souvent aussi, dans cette construction elliptique, la conjonction que elle-même :
Majestueuses forêts, paisibles solitudes, puissent les cris de la guerre ne trmibiff jamais vos résonnantes clairières! (Bernardin de Saint-Pierre.)
Périsse le Troïen, auteur de nos alarmes ! ( Racine.)
II. Que s'emploie dans un grand nombre de gallicismes pour unir la proposition subordonnée au verbe sous la dépendance duquel elle est placée :
Il y a six ans ûu*i7 est mort. — Il y a deux ans que je ne Vaï vu.
Je vois bien que c'est là que vous voulez venir. (Corneille.)
Je ne suivrai jamais ces maximes sévères,
Qui font que les enfants comptent les jours des pères. (Molière.).
C'est une maladie d'esprit que de souhaiter des choses impossibles. (Fénelon.)
C'est un vieil adage auE la santé vaut la richesse.
C'est posséder les biens que savoir s'en passer. (Regnard.)
Vous save'k que les poètes se piquent d'être prophètes; mais ce n*est que dfl** l'enthousiasme de leur poésie qvHIs le sont; et M. Despréaux parlait en prose: *^ prédictions ne laissèrent pas néanmoins que de me faire plaisir. (Racine.)
Ce n'est point par des pleurs que Ton peut émouvoir
Un cœur qui ne connaît amour, lois, ni devoir. (Crébillon.)
Voilà un bras que je me ferais couper tout à V heure si j'étais que de vous.
(Molière.)
III. Très-souvent la proposition principale sert uniquement à an*^ noncer la proposition subordonnée, laquelle contient et énonce ridé(? dominante :
La différence des climats paît que les peuples ont un grand besoin des marchandises les uns des autres. (Montesquieu.)
// semble que ce fut la destinée du Dante que chaque honneur nouveau fLt pour lui le présage d'une calamité. (Lamennais.)
DE LA COIUONCriOIf. 1Û9
IV. Que est la seule conjonction employée pour unir dans les comparaisons le second terme au premier :
La SANTÉ de l'âme n'est pas plus assurée que celle tht corps; et quoique Von paraisse éloigné des passions, on n'est pas moins en danger de s'y laisser emporter QUE DE TOMBER MALADE quand on sepoTte bien. ( La Bochefoucauld.)
Persuader les esprits vaut mieux que les comprimer. (A. de Rémusat.)
Le monde récompense plus souvent les apparences du mérite que le hérite luimême. (La Rochefoucauld.)
V. C'est encore le seul terme en usage pour marquer la corrëlatkm des propositions établissant un rapport logique entre deux idées :
Tant ya la cruche à Ceau Qu'à la fin elle se brise. (Proferbc.)
SI grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes.
( J.-B. Rousseau.)
Oti QfX TOUS soyez, vous êtes mort pour moi. ( J.-J. Rousseau.)
VI. Que est quelquefois explétif; ainsi, joint aux adverbes ;?«/^étre^ sans doute ^ etc., places avant le verbe qu'ils modifient, il n'ajoute rien au sens de la phrase et n'exprime aucun rapport particulier :
Pelt-ktre quV7 se piquait d'achevei' un ouvrage aussi glorieux, ou Qu'il se flattait ^un si grand service serait toujours présent aux yeux de la reine,
(La Rochefoucauld.)
Sans doute qu'// n'a pas songé à ce qu'il faisait (Académie.)
Vn. Que s'emploie au rommencement des propositions coordonnées, pour éviter la répc tition de la conjonction exprimée dans la preanère :
^ (luoi vous servira que vous ayei de l'esprit^ si vous ne l'employé* pas et qob ^t ne V appliquiez pas? ( Bossuet.)
Puisqu'on plaide, qu'on meurt et qu'on devient malade. Il faut des médecins, il faut des avocats. ( La Fontidne.)
^eptune, quand il élève son trident et qvHI menace les flots soulevés^ n'apatse f^plus soudainement Us flots, (Féneion.)
VIII. Que tient souvent la place d'une conjonction ou d'une locu- ^on conjonctive qui n'a pas été précédemment exprimée, mais Rue le sens permet de suppléer facilement :
Qo*un homme iUùstre se trouve au milieu de ceux qui, sans le connaître person- *^^^kmcnt, célèbrent son nom en sa présence, il jouira avec plaisir de sa célébrité.
(Duclos.)
C'est-à-dire, Si nn homme fllvstrc, etc.