GRAMMAIRE GÉNÉRALE ET RI8T0RI
Approche*, que je vou$ parle. (Académie.)
Je me trouve captive en de ti beaux liens.
Que je meurs guil le sache, et J*en fuis les moyens. (ConieiUe.)
C'est-à-dire, afin QfjEje vous parle; pour Qu't/ h MeAe.
Qu*avez-vous donc, dit-il, que vous ne mangei point. (BoUeaa.)
C'est-à-dire, puisque vam ne manges point.
On leur parle encore QU't/s sont déjà partis. (La Brayère.]
C'est-à-dire, lorsqu'ils sont partis.
H n'y a point au monde un ti terrible métier que celui de $e faire um grmd mm;
la vie s'achève que Von a à peine ébauché son ouvrage. ( La Bruyère.)
C'est-à-dire, quand, lorsqu'on a à peine ébauché^ etc.
Je ne vous quitte point,
Seigneur, que mon amour n*ait obtenu ce point. (Racine.)
C'est-à-dire, sans que mon ammir ait obtenu^ etc.
Quant aux volontés souveraines
De celui qui fait tout, et rien çti'avec dessein,
Qui les sait que lui seul? (L. Racine.)
C'est-à-dire, si ce n'est lui seul.
Comme.
I. Comme figure le plus ordinairement en tête d'une proposition ] incidente et sert à établir une comparaison :
La reconnaissance est le plus doux gomme le plus saint des devoirs, (Thomtf*)
Il y a des héros en mal comme en bien. (La Rochefoucauld.)
// n'y a rien qui rafraîchisse le sang gomme d'avoir su éviter de faire une sotH^'
( La Bruyère.)
II. Comme s'emploie souvent au commencement d'une phr»^ pour exprimer,
1** Une circonstance de temps :
Comme Abraham était déjà prêt à rapper son fils Isaac; un ange vint Vavertif*
(Restant)
2" Un résultat, une conséquence :
Comme toute disgrâce peut arriver aux hommes, ils devraient être préparée ^ toute disgrâce ? ( La Bruyère.)
Comme l'estime publique est l'objet qui fait produire de grandes choses, e'er^ aussi par de grandes clioses qu'il faut l'obtenir ou du moins la mériter.
(D*Alembert.)
Comme il ne comprend rien, un sot fronde sans cesse. (Do Voisenon.)
Comme on fait son lit, on se couche, (Proverbe.)
DE LA GoiumicnoN. 111
III. Comme ^ exprimé en tête d'un premier membre de phrase, 36 se répète pas ordinairement en tête du second :
ComcB Vambiiion n*a pas de frein, et que la soif des richesses nous consume 'MM, U en résulte que le bonheur nous fuit à mesure que nous le eherdions,
(Th. Corneille.)
IV. Comme a beaucoup d'acceptions différentes ; voici les senf^ dans lesquels il est pris le plus souvent :
Ainsi que:
JLet pemplesy comme les hommes, ne peuvent être heureux que dans un état de etlme, et loin des grands efforts que supposent de grands besoins, (Thomas.)
De même que :
En Uur donnant sa puissance, il leur commande d^en user comme t7 le fait /cmmême, pour le bien du monde. (BossuQjt.)
LspkSUmphisme est l'abus de la philosophie, comme la superstition est l'abus de le reiéfion. ( Boiste.)
Lu reconnaissance est le plus doux comme le plus saint des devoirs. (Thomas.) Puisque:
Gomme toutes disgrâces peuvent arriver aux hommes, ils devraient être préparétt i toutes disgrâces. (La Bruyère.)
Presque :
On se donne à Parts, sans se parler, comme tin rendez-vous publie, mais fort *tte<, lot» les soirs , au cours et aux Tuileries , pour se regarder au visage et fe ^i*epfrouver les uns les autres. (La Brayère.)
Qtiand, lorsque.
I. Quand exprime le plus souvent un rapport indéterminé eniro ^^^ actions, sans aucune idée particulière de temps :
^^ Userais pas venu à bout d'achever, qhjkkd j'aurais travaillé toute la journée.
(Académie.) Quand vous me hairiez, je ne me plaindrais pas. ( Radne.)
Quand le. désir de la célébrité n'est qu'un sentiment, il peut être, suivant sou ^1 honnête pour celui qui l'éprouve et utile à la société. (Duclos.)
Quand sur une personne on prétend se régler,'
C'est par les beaux côtés qu'il lui iiiut ressembler (Molière.)
Q|iAm) le mérite sert de base à la réputation, c'est une grande maladresse que ^y joindre l'artifice, parce qu'il nuit plus à la réputation méritée qu'il ne sert à ^^^ qu'on ambitionne. (Le môme.)
On redoute l'écueil quand on a fait naufrage,
Et le malheur d'un fou sert à le rendre sage. (Destouches.)
Dans toutes ces phrases, la proposition en tête de laquelle la ^jonction quand est placée, ajouté à la principale qui la suit ou
la précède, et dont elle dépend, plutôt une idée de circonstmice morale qu'une idée de temps.
H. Lorsque sert particulièrement à marquer la circonstance de temps : •
Ten jugerai, lorsque je serai mieux informé, (Académie.)
Lorsque la domination de Rome était bornée dam l'Italie, la république ponooU facilement subsister. (Montesquieu.)
Lorsque vous étendrez les mains vers moi, je détournerai les yeux pour iiejwt vous voir; et lorsque vous muUipliere:^ vos prières, je ne vous écouterai point.
(DeSacy.)
Ils regrettent le temps à leur grand cœur si doux,
Lors^ti'assurés de vaincre ils combattaient sous vous. (Racine.)
On a le temps d*avoir les dents longues, lorsqu'on attend pour vivre le trépas et quelqu'un. {JAoWhve,)
Nous avons dû indiquer en quoi diffèrent ces deux conjonctions^ et montrer par des exemples leur valeur propre comme expression; maintenant nous ajouterons que dans Tusage on les. confond généralement, et que les meilleurs écrivains eux-mêmes les emploient le plus souvent Tune pour l'autre ; les citations qui suivent en four'nissent la preuve :
Quand nous aurons du bien, dites-vous, nous penserons à l'étude de la sagesse', il faut travailler à s'enrichir, sans cela même la sagesse est méprisée et passe poiff folie. (Bourdaloue.)
QvAVï) il s'agit du sort de la vie, la prudence ne permet pas de se détermineriez gèrement;mais toute délibération légère est un crime, quand il s'agit du destinât l'âme et du choix de la vertu, (J.-J. Rousseau.)
Quand les Romains conquirent les Gaules, leur séjour et leurs lois y donnèrent d^ abord la prééminence à la langue latine, (Rivarol.)
On,,a vu plus d'un exemple de V union et de l'accord du talent avec le gém^- Lorsque cet heureux ehsemble se rencontre, il n'y a plus d'inégalités dtoqwait^^ dans les productions de l'esprit, les intervalles du génie sont ocùupéspar le taUni / quand l'un s*endort, l'autre veille; quand l'un s'est négligé, l'autre vient après It^^^ perfectionne son ouvrage. (Harnumtel.)
LoRSûj[m la plupart des conditions sont très-inégales, et que l'inégalité des df^*^ ditions-est permanente. Vidée dû supérieur grandit dans V imagination' des homtfi^ '
(A. de Tocqueville.)
Si tu m'aimais, Phœdime, il fallait me pleurer,
Quand d*un titre funeste on me vint honorer.
Et lorsque, m'arrachant du doux sein de la Grèce,
Dans ce climat barbare on traîna ta maltresse. (Racine.)
On supprime quelquefois lorsque en tète de la proposition coor donnée, mais alors on donne au verbe la forme interrogative :
Les oolonies innombrables de la Grèce faisaient une immense circonférence au^ tour d'elle. Pénétra-t-elle en Sicile et en Italie, elle forma des nations, I^ayigua*
DE LA CONJONCTION. Il3
-ELLE vers les mei's du Pont, vers les côtes de l'Asie àfinewe, vers celles de l'Afrique, elle en fil de même, (Montesquieu.)
Cette construction est peu usiUn».
III. Quand est la seule de* ces conjonctions qu'on emploie dans es propositions interrogatives et au commencement d'une proposiion complémentaire dépendant des verbes demander^ savoir^ etc. :
Quand vie»f(rci-roM«? — // demande, il veut savoir quand vous viendra,
(Académie.) Et quel temps fut jamais plus fertile en miracles? Quand Dieu par plus d'effets montra-t-il son pouvoir? (Racine.)
Quand, quant.
Ces deux expressions diffèrent comph^tement de nature et di» sens.
I. Quand ^ dérivé de qitando^ est une conjonction qui signilie lorsque ou dans quel tempa:
Tout sera terminé quakd vous partirez. — Qi'And partira-vous?
Je conçois vos douleurs; mais un devoir austère,
Quand mon père a parlé, m'ordonne de me taire. (Racine.)
On n'est pas digne de soutenir la justice et la vérité quand on peut aimer quelque éose plus qu'elles, (Massillon.)
Amour, amour, quand tu nous tiens,
On peut bien dire : Adieu, prudence. (La Fontaine.)
n. Quant ^ dérivé de quantum (pertinet adj.en tant que^ est une préposition qui est toujours suivie de à; il signifie à l'égard de^ con- ^^^rnant^ touchant :
QoAirr À cet enfant dont vous me parle%t songe* que j'ai voulu avant tout pwir- ^^^ à son établissement. (Racine.)
Quant À cette affaire, je m'en inquiète peu. (Académie.)
n n'est pour voir que l'œil du maître ; Quant à moi, j'y mettrais encor l'œil d6 l'amant. (La Fontaine.)
^iage observe le désordre public qu'il ne peut arrêter; mais qcant aux désor- ^^particuliers, il s'y oppose et détourne les yeux, de peur qu'ils ne s'autorisent ^^ présence. (J.-J. Rousseau.)
Quant à mon confesseur, ses avis sont ma loi ;
Mais le vieux que j'ai pris dit toujours comme moi. (G. Delavigne.)
Parce que, puisque.
Ces deux conjonctions déterminent d'une manière toute différente *® sens de la proposition principale, et conséquemment ne peuvent
s'employer l'une pour Tautrc ; ainsi Ton exprime deux idées diâ rentes en disant :
Je le veux, parce que cela est juste; c'est-à-dire, par la raison que. Je le veux, puisque cela est juste; c'est-à-dire, attendu que.
I. Parce que exprime donc la cause et équivaut h par le fait que par la raison que^ par le inotifque :
Les grands hommes entreprennent de grandes choses parce Qv*elle$ sont grandes ti les fous PARCE Qu*j^ Ics croiciit faciles. (Vauvcnargues.)
Les plus grandes places sont toujours au-dessous des plus grandes âmes; rienui U$ enfle et ne les éblouit, parce que rien n'est plus liaut qu'elles. (Massillon.)
n y a des vérités qui sont la source des plus grands désordres, parce Qu'ell» remuent toutes les passions. (Chateaubriand.)
tueni louies tes passions, ^unaieauonana»;
IL Puisque exprime la conséquence et peut se traduire par e, attendu que :
vu
Ne vous lasse% point d'examiner les causes des grands changements^ pcisqce rien ne servira jamais tant à votre instruction. (Bossuet.)
Puisque Vénus le veut, de ce sang déplorable.
Je péris la dernière et la plus misérable. (Racine.)
Parce que, par ce que.
I. Parce que^ écrit en deux mots, est une locution conjonctive qui signifie par le motifs par la raison que :
Peu de chose nous console, parce que peu de chose nous afflige. (PascaL) Si elle eut de la joie de régner sur une grande nation, c'est parce qf elle pouvait contenter le désir immense qui sans cesse la sollicitait à faire le bien.
(Bossuet)
On se croit grand, parce Qu'on est dans les places élevées; puissant, parcb (^[^ a de l'autorité; riche, parce Qu'on est dans l'opulence; iiréprorJutble, parce (H* f^ est applaudi ; juste, parce qu'on est heureux : artifice ordinaire de notre vafi*^ pour nous dérober la vue de notre néant. (Bourdaloue.) «
Là, tout est beau, parce que tout est vrai. (J.-B. Rousseau.)
II. Par ce que^ écrit en trois mots, est une expression formée"^ la proposition jpar, du pronom démonstratif ce et de la conjonction^ que; il signifie par cela, par la chose ou les aiOSES g^:
Par ce Qu'i/ m'a dit j'ai deviné ce qu'il était forcé de me taire.
Par ce qu'i7 a fait on peut juger ce qu'il est capable de faire.
Ces deux mensonges peuvent que^'vefois se ressembhr; mais je les con^^^^^^ PAR CE X^v' ils ont de difféi'ent. (J.-J. llousscau.)
DE LA GONiONCnON. 115
Pendant que, tandis que, tant que.