‹ Grammaire générale et historique de la langue françaiseChapitre 62 sur 153 · GRAMMAIRE GÉNEILILE: ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

GRAMMAIRE GÉNEILILE: ET HISTORIQUE

la dissimulation, une imposture réfléchie ; la fourberie» une imposture qmwd nuire ; la duplicité, une imposture qui a deux faces. (Vauvcnargues.) -

Piiissc-t^il te confondre, et celui qui t'envoie ! ( Molière. )

3° Le svjet et le verbCy dans le second membre des comparaisons •

Le monde récoupensb p/iis souvent les apparences du mérite que le mérite mêiâe,

( La Rochefoucauld^)

Ellipse, — Que le monde ne récompense.

Si c'est Dieu qui Ta fait, pourquoi moi qui l'expie ? ( LamartiiMk)

Ellipse, — Pourquoi esl-ce?

4° Enfin, surtout dans le dialogue et dans le style familier, topi les termes, soit principaux, soit accessoires, qu'il est possiblftde suppléer facilement :

A moiy comte, deux mots. — Parle. — Ote-moi d'un doute. (Gomdllc*)

II. Cette figure ne doit rien ôter à la clarté du sens, et les mots sous-entendus doivent toujours se trouver, quoique ellipses, dans on juste rapport de construction avec les autrçs termes de la phrase; c'est ce qui a lieu dans les exemples qui suivent :

Dieu, qui agit par intelligence et avec une souveraine libérien applique savtrP^ 4M il lui plaIt et autant qu'il lui plaIt. ( Bossuet.)

C'est-à-dire, où il lui plaît de l'appliquer, et autant quHl itf* plaît DE l'appliquer.

Les traits de Dante étaient fortement prononcés: un nés» aquilin, des pOÊÊ' mettes légèrement saillantes^ la lèvre inférieure un peu avancée, d'épais chepéu^ noirs bouclés, la barbe de même couleur, quelque chose de positif et de sévère à^ la physionomie. ( Lamennais.)

C'est-à-dire, il avait vn nez aquilin^ il avait des pommettes saih lantfis^ IL avait la lèvre supérieure^ etc.

III. Seloi^ les grammairiens, le terme sous-entendu dans lespro* positions coordonnées doit être le même, sans aucun changement de nombre, de genre, de personne et de temps, que le terme exprima dans la proposition principale ; ainsi ils blâment les constructions suivantes :

, . . Les. rôjis, dans le ciel, on/ un juge sévère, L'innocence un vengeur, et l'orphelin un père. (Racine.)

parce que le terme exprimé est ont^ troisième personne du pluriel, et le terme sous-entendu est a, troisième personne du singulier; et que l'ellipse n'admet pas plus le passage du pluriel au singulier que

DE LA GONSTRIXTIK»!. 131

vAm éa smgulier au pluriel, que Voltaire s'est permis dans ce vers :

Vous régnez... Londre est libre, et vos loi* florissantes.

Quelques-uns même condamnent les ellipses suivantes, et y trouvent choquant le desaccord de genre et de nombre :

La fortune est plus opposée à la vertu que le vice, (La Rochefoucauld.)

Pour que le vice n'est opposé.

Il mis aussi lasse du monde que les gens de cour le sont de moi,

(M** de Maintenon.)

hOT sont LAS.

Si on interdisait ces constructions, on priverait les écrivains d'une bulede tours concis et rapides qui sont un des charmes du style.

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