GRAMMAIRE GÉNEILILE: ET HISTORIQUE
la dissimulation, une imposture réfléchie ; la fourberie» une imposture qmwd nuire ; la duplicité, une imposture qui a deux faces. (Vauvcnargues.) -
Piiissc-t^il te confondre, et celui qui t'envoie ! ( Molière. )
3° Le svjet et le verbCy dans le second membre des comparaisons •
Le monde récoupensb p/iis souvent les apparences du mérite que le mérite mêiâe,
( La Rochefoucauld^)
Ellipse, — Que le monde ne récompense.
Si c'est Dieu qui Ta fait, pourquoi moi qui l'expie ? ( LamartiiMk)
Ellipse, — Pourquoi esl-ce?
4° Enfin, surtout dans le dialogue et dans le style familier, topi les termes, soit principaux, soit accessoires, qu'il est possiblftde suppléer facilement :
A moiy comte, deux mots. — Parle. — Ote-moi d'un doute. (Gomdllc*)
II. Cette figure ne doit rien ôter à la clarté du sens, et les mots sous-entendus doivent toujours se trouver, quoique ellipses, dans on juste rapport de construction avec les autrçs termes de la phrase; c'est ce qui a lieu dans les exemples qui suivent :
Dieu, qui agit par intelligence et avec une souveraine libérien applique savtrP^ 4M il lui plaIt et autant qu'il lui plaIt. ( Bossuet.)
C'est-à-dire, où il lui plaît de l'appliquer, et autant quHl itf* plaît DE l'appliquer.
Les traits de Dante étaient fortement prononcés: un nés» aquilin, des pOÊÊ' mettes légèrement saillantes^ la lèvre inférieure un peu avancée, d'épais chepéu^ noirs bouclés, la barbe de même couleur, quelque chose de positif et de sévère à^ la physionomie. ( Lamennais.)
C'est-à-dire, il avait vn nez aquilin^ il avait des pommettes saih lantfis^ IL avait la lèvre supérieure^ etc.
III. Seloi^ les grammairiens, le terme sous-entendu dans lespro* positions coordonnées doit être le même, sans aucun changement de nombre, de genre, de personne et de temps, que le terme exprima dans la proposition principale ; ainsi ils blâment les constructions suivantes :
, . . Les. rôjis, dans le ciel, on/ un juge sévère, L'innocence un vengeur, et l'orphelin un père. (Racine.)
parce que le terme exprimé est ont^ troisième personne du pluriel, et le terme sous-entendu est a, troisième personne du singulier; et que l'ellipse n'admet pas plus le passage du pluriel au singulier que
DE LA GONSTRIXTIK»!. 131
vAm éa smgulier au pluriel, que Voltaire s'est permis dans ce vers :
Vous régnez... Londre est libre, et vos loi* florissantes.
Quelques-uns même condamnent les ellipses suivantes, et y trouvent choquant le desaccord de genre et de nombre :
La fortune est plus opposée à la vertu que le vice, (La Rochefoucauld.)
Pour que le vice n'est opposé.
Il mis aussi lasse du monde que les gens de cour le sont de moi,
(M** de Maintenon.)
hOT sont LAS.
Si on interdisait ces constructions, on priverait les écrivains d'une bulede tours concis et rapides qui sont un des charmes du style.