XIX. De la syllepie
La syllepse (1) e3t une figure qui règle l'accord des mots, non d'après les règles grammaticales, mais conformément aux vues particulières de Tesprit; c'est par la syllepse que les écrivains mettent un masculin en rapport avec un féminin, et un pluriel en rapport avec un singulier.
(1) 2uXX»î\|/jç, gr. ; compréhension.
DE LA COIfflfTKDCTlON. 133
On Astingue deux sortes de syllepses :
1* La syllepse de genre; 2** La syllepse de nombre.
L Syllepse de genre.
Cette syllepse consiste dans remploi d'un adjectif ou d'un pronom à un autre genre que le nom auquel il se rapporte :
Lfi PEB80N1IBS h' esprit ont en eux les semences de tous les sentiments.
(La Bruyère.)
Tàïi Vienne s*est levé, comme un seul homme, à l'approche des Turcs.
(Voltaire.)
L'adjectif /o?^^ et le participe levé sont au masculin singulier parer <p'Us s'accordent a\ec pétale sous-entendu.
Jeune et cJiarmant objet, dont le sort de la guerre,
Propice à ma vieillesse, honora cette terre.
Vous n'êtes point tombée en de barbares mains;
Tout respecte avec moi vos malheureux destins. (Voltaire.)
1*9 reine eût désiré que je lui eusse promis toutes choses oussi facilement que
'ikriatrs autres personnes, qui s'y étaient engagées d'autant plus aisément qu'ils
^^*knt résolus de n'en tenir aucune qu'en tant que leurs intérêts les y obligeraient.
(La Rochefoucauld.)
/fe et résolus sont au masculin parce que Fauteur avait dans la pensée les courtisans et non le terme personnes énoncé d'abord.