V. BKétathèse
la métathèse (4) consiste dans la transposition d'une lettre :
Le monde est un berlan où tout est confondu. (Régnier.)
Nous disons aujourd'hui, par métathèse, brelan,
(1) Atco, de ; xôtttw, je coupe, je retranche.
(?) En passant sur mon corps écrase-moi du pié,
Maudis-moi sans remords, franchis-moi sans pitié. (Lamartine.)
On voit l'orgueil à ses pie% abattu. (Gombault.)
(3) La première forme n'est admise aujourd'hui ni en vers ni en prose; si quel- ^Uelques poètes l'emploient, c'est par négligence :
Le rocher vif et nud enclôt de toutes parts
La grotte enveloppée en ces sombres remparts. ( Lamartine.)
(k) McTaGcatç, transposition, formé de jjieTa, au delà; TîOvjpct je place.
Ce changement, presque toujours fondé sur Teuphonie, a pari culièrement lieu quand les mots passent d'une langue dans une ai tre; ainsi, du grec fiop^ nous avons fait forme par la transpositifl des lettres /"et »i.
De forum nous avons forme four par mctathèse et apocope :
Penses-tu qu*à présent un homme a bonne grâce
Qui dans le Fùur l*£?esque entérine sa gr&co? ( Régnier.)
Et de four nous avons formé for par crase; ainsi que de ive$^ rvéque : For-l'Évéque,
TI. AUraetîon on Oommntatûm.
On désigne sous le nom d'attraction (l) ou de commutation (2) 1 changements de lettres opérés dans Torthographe de certains mo' par suite de rinfluence de certaines consonnes sur certaines auti avec lesquelles elles doivent se lier dans la prononciation; aiioi c'est par attraction ou commutation qu'on écrit illégal pour i légal^ allocution pour ad-locution^ etc.
Du latin cognoscere nous avons formé cognoistre :
... De ces discoureurs il ne s'en trouve point,
Ou pour le moins bien peu qui cognoissent ce point. (Régnier.)
Puis la consonne finale de la première syllabe s'est changée en n j attraction, et Ton a écrit connaître.
TH. ContracUon.
La contraction (3) est la réduction de deux syllabes en une seu La contraction ou change la forme des mots, ou en modifie seu ment le son : dans le premier cas elle est désignée sous le nom erase; dans le second, sous celui de synérèse et à'élision.
L La contraction appelée crase est la réunion de deux syllabes une seule ; c'est par crase que les Latins disaient mi pour miht^ pour si vis.
Toute voyelle surmontée d'un accent circonflexe indique la cic traction de deux voyelles en une seule ou la suppression d'une a sonne : ainsi nous écrivons âge pour aage^ rôle pour roole^ mai
(1) Atirahere, attractum, lat.; attirer.
(2) Comm«^a^'o, lat.; changement.
(3) Du latin contrûhere, eontractumf resserrer.
pour maistre^ ancêtre pour ancesire; nous aimâmes^ qu'il aimàty pour nous at/;ta5mtf5, qu'il iitmii«/, etc.:
Le bruit d*uno rcchorclie au logis ne m^mretiê.
Et nul remords fascheux ne me trouble la tette, (Régpaier.)
On écrit aujourd'hui arrête^ fâcheux^ tête.
Les vers suivants nous présentent des exemples de contractions «jourd'hui inusitées :
(Loi ) ferme sur ses pieds s'exerce en attendant
Que son ennemi vienne, estimant que la gloire
Jà riante en son cœur lui don*ra la victoire. ( Régnier.)
Ikm'ra est mis pour donnera par crase.
Oûi-dà. tWîs-volonticrsje repot/«/«rat bien,
Et par là vous verrez que je n'y trempe en rien. ( Molière.)
Spousterai ost mis par crase pour épousseteraiy conformément * h prononciation.
n. La contraction appelée synérèse est la réunion de deux syl- ^ en une seule, mais sans aucun changement dans le matériel du ''ïot; c'est par synérèse que les poètes latins contractaient en deux ^Uabes OrpJmis^ deerant.
C'est par une sorte de synérèse que nous prononçons Bcnordf pour ^gnard^ Montagne pour Montaigne^ Can pour Caen^ fan^ pan^ pour /ftwï, paon^ et ton pour taon; que de gaigner, dérivé de gain^ nous ^▼ons fait gagner ; et que les anciens poètes changeaient quelque- Wsune voyelle double en une simple :
n se plaist aux chevaux, aux chiens, à la campagne.
Facile au vice, il hait les vieux et les desdagne. (Régnier.)
ni. Vélision (1) est la suppression d'une voyelle finale qui s'ab- *ori)e dans la voyelle initiale du mot qui la suit.
Nous avons deux sortes A'élisions^ Tune est purement orale et '^'est marquée par aucun signe, comme dans ces vers :
Veuillent les immortels conducteurs de ma langue. Que je ne dise rien qui doive être repris !
S^ns leur aide il ne peut entrer dans les esprits
Que tout mal et toute injustice. ( La Fontaine.)
Où Ye final des mots doive^ aide^ toute^ disparaît complètement 4ms la prononciation : doiv'être^ aid'il^ tout' injustice.
Cette sorte d'élision ne s'applique qu'à Ve muet et à Ta, finale de l'article et du pronom la.
L'autre élision est ordinairement figurée par l'apostrophe ; elle
(1) Elisio, formé de êHdere, egittuili jM fewer, dtouffér; latin.