PREMIÈRE OBSERVATION
Du eomplément grammalieal et du eompMment logique.
Aujourd'hui, beaucoup de personnes confondent encore, comnic on le faisait autrefois, le complément grammatical et le complément logique^ et prennent pour le premier une partie complémentaire purement accessoire; il résulte de cette fausse appréciation une orthographe vicieuse.
Nous allons nous expliquer.
Le complément grammatical est représenté par un mot unique, qui est l'expression de Tidée principale; le complément logique est représenté au contraire par plusieurs termes, au nombre (lesquels figure en première ligne le complément grammatical; ainsi, (lans cette phrase :
Dieu a créé les hommes mortels^
le complément gramimatical est le mot hommes, et le complément logique est hommes mortels, qui' se compose du terme principal hommes et du terme accessoire mortels.
Si donc on donnait à écrire cette phrase :
Les hommes que Dieu a créés mortels périront tous,
nous aurions pour terme principal que, complément grammatical, et pour terme accessoire mortels, partie du complément logique; or, comme le mot important, le véritable complément grammatical, précède le participe, celui-ci est variable, et quoiqu'il soit suivi d'un terme complémentaire, il prend le genre et le nombre de que, pronom masculin pluriel, représentant son antécédent hommes. On écrira donc d'après ce principe :
Les Perses , adorateurs du soleil, ne souffraient point les idoles, ni les roin QD'on y avait faits dieux. (Bossuet.)
// passa par des chemins Qu'on avait crus impraticables. ( Fénelon.)
// ouvre de grands yeux, il frotte ses mains, il se baisse, il la voit déplus prh, il ne Va jamais tdb si belle, il a le cœur épanoui de joie.. ( La Bruyère.)
.... Vous m'avez crue attachée à vous nuire,
Dana le fond de mon cœur vous ne pouviez pas lire. ( Racine.)
Dieu a non^seulement donné la forme à la poussière de la terre, mais il L*a
RENDUE VIVANTE et ANIMÉE. (Buffon.)
Aujourd'hui il n'est plus permis d'écrire :
Il Va TROUVÉ fort grande et fort jolie. (Racine.) Vous u*ave% cru guérie. ( J.-J. Rousseau.)
DU l»ARTlCn»K. 13
Je LES ai CBo touè deux met fiU. (Voltaire.)
Combien de fois a-t-elle, en ce lieu, remercié Dieu humblement de deux grandes gi'âcei : l'une de Savoir fait chrétienne; Vautre^ Messieurs, qu'aUende%rvou8? Peut-être d^avoir rétabli les affaires du roi son fils? Non, C'est de Savoir fait reine malheureuse, ( BoMuet.)
n ne vous a pas fait une belle personne
Afin de mal user des choses qu 11 vous donne. (Molière.)
Dans les meilleures éditions modernes, on a établi Taccord de ces participes avec le complément grammatical qui les précède.