‹ Grammaire générale et historique de la langue françaiseChapitre 74 sur 153 · G GRAMMAIRE GÉNÉRALE ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

G GRAMMAIRE GÉNÉRALE ET HISTORIQUE

Pantois, oise. Haletant, qui respire avec peine :

Son cstomach pantois sous la chaleur frissonne. (Régnier.)

Une sueur ne cesse de couler

Du front moiteux, une pantoise haleine

Bat leurs poumons (Ronsard.)

I^cuNiEux, EUSE. Richc, en parlant des personnes :

On devrait proscrire de tels personnages si heureux, si pécdkieix, d^une bien policée. (La Bruyère.)

Piteux, euse. Pitoyable, qui inspire la pitié :

Tout le monde frémit; et ces grands mouvements

Couvent en leurs fureurs de piteux changements. ( Régnier.)

Jl ne s'emploie plus aujourd'hui que dans le style familier :

La reine et le sénat

Ont approuvé mon trop piteux état. (Voltaire.)

Plaisant, ante. Agi'ëable, aimable :

Plus d^unc entremêla sur ce plaisant gazon

Ses pieds lascifs au bruit d*un allègre chanson. ( Augier.)

Plantureux, euse. Abondant :

De toutes les nations du Nord ou Ponant, cette-ci fust peut-estre seule, laf*s£l> faisant sa demeure en territoire plantureux, s'achemina d'un cœur gai à noui*^ûUi pourchas et conquest^s, (E. Pasquier.)

Que les saignées soient fréquentes et plantureuses. (Molière.)

M. F. Gënin dit, dans son Lexique de la langue de Molière: « On devrait écrire plentureuses par un c , la racine de ce mot » étant, non pas plante^ mais plenic^ syncopé de plenitatem :

» Vous aurez du foin assez,

» Et de l'avoine à plenté. (Prose de l'âne.)

)) Et non à planter^ comme je Tai vu imprimé. Les ânes mangent de » l'avoine, mais ils n'en plantent point; au rebours des homnies. »

Prescrit, ite. Fixé, déterminé d'avance, et non pas ordonné-

Pensez-vous qu'à choisir de deux choses prescrites,

Je n'aimasse pas mieux être ce que vous dites? (Molière.)

C'est le sens du latin prœscriptus^ écrit d'avance.

▼. Terbet hors d'usage.

^^BOMuiBR, V. tr. Avoir en abominulion, exécrer :

Quant aux meurtriers et déccpteurs, Celui qui terre et ciel domine Les abomine, (C. Marot.)

Si les princes sont touchés de voir le monde bénir la mémoire de Trajun et *wiiiNBR celle de Néron. (Montaigne.)

|I fout ABOMINER CCS porolcs tyranni^ues et barbares qui dispensent les souvermns de toutes lois, raison, équité, obligation, (Charron.)

ÀBscoNDRE, V. tr, Cachcr ; du latin abscondere:

Bel-Accueil ne sceust que rcspondre,

Ainçois se fust allé abscondre, (Roman de la Rose,)

^n a dit absconse et absconse pour caché :

As-tu le cuer endurcy plus que pierre,

De me laisser en cestui bois absconse, (C. Marot.)

"w(dg ioutpoinct absconse. (Amyot.)

ACCOINTER, V, tr. Aborder, entrer en liaison :

'Personne ne les saluait ni accointoit. (Montaigne.)

cowSi^ c» a qui considèrent les maulx en eux-mesmes, qui les youstent et ag- "OTert, comme feit Socrates la mort, (Charron.)

^ccoiSER, V, tr. Rendre coi, paisible, tranquille :

Tu fais nicher aux oyseaux

Le fruict de leur amourettes;

Tu accoises les ruisseaux,

Et les bois, hostes des bestes. (J. Iver.)

^iTÉRiSER, V, tr. Altérer, abâtardir :

Voilà comme à présent chascun Vadultérise,

Et forme une vertu comme il plaist à sa guise. (Régnier.)

^iGNARDER (s*), V. pr. S'aniollir; de mignard:

On Dï^ *^permettoit pas en Gaule aux petits de s'amignarder dans le sein c

^- (E. Pasquier.)

^^GoissER, V. tr. Causer de l'angoisse , tourmenter : /»

^^eu des angoisses d'autruy m'ANcoissE matériellement. (Montaigne.)

[;• Vadve (Charron.)

^^RE, V. tr. Brûler; du latin ardere :

^^^ maison de son voisin voit ardre, doit avoir peur de la sienne. (Nicot.) n. 12

* ^Uis tourmenté par le présent, ennuyé du passé, angoissé pour Vadvenir.

178 GRAMMAIUE GÉNÉILVLE ET HISTORIQUE.

Assagir, v. tr. et intr. Rendre sage ; devenir sage :

Je ne crois point qu'il y ait poiny ni point qui sceut assagir une femme tieEMe ne le met en sa teste. (Desperriers.)

Les conditions de la vieillesse ne m'avertissent que /rop , m'AssAcissBirr el ; preichent. (Montaigne.)

Vieillir n'est pas assagir, ny quitter les vices, mais seulement les (Ranger, et pires. (Charron.)

AssoTTER, V. tr. Tromper :

// n'est si bon que femme n'ASSOTTE. (Nicot.)

Ayigourer, V. tr. Rendre plus vigoureux, plus fort; du latin t^**' r/or^ vigueur :

Là, sous une roche vive,

Une fontaine naïve.

Avec doux bruit ondoyant,

Avigouroit sur la rive

D'herbe un tapis verdoyant. (Baîf.)

Avérer, v tr. Vérifier ; de verus^ vrai, latin : ^

C'est un point délicat, et de pareils forfaits

Sans les bien avérer ne s'imputent jamais. (Molière.)

Le participe avéré est seul usité aujourd'hui : Un fait avéré.

Rallier, v. tr. Ralayer :

Ne pense% pas que ce soit un autre que lui qui rallie sa chambre, qui fasse ^^ Vit et le nettoie. (La Bruyère.)

Nicot a écrit ralier , et c'est comme on parle dans les provinces ; mais à Pa0^ * on dit plus communément balayer. (Ménage.)

Il est encore en usage dans le peuple.

Béer, v. intr. Aspirer, soupirer :

Les Seize voyoient l'Espagnol ne béer qu'après votre couronne. (E. Pasquier-^^

BiEN-HEURER, V. tr. Rendre heureux; de bien et heur y félicité :

N'avoir crainte de rien, et ne rien espérer,

Amy, c'est ce qui peut les hommes bierirheurer, (Régnier.)

Capriolbr, v. tr. Cabrioler; du latin caper^ chevreau; propre^^ ment Sauter comme un chevreau :

Parbleu ! si grande joie à l'heure me transporte,

Que mes jambes sur l'heure en caprioleraient,

Si nous n'étions point vus de gens qui s'en riraient. (Molière.)

Cdevir, v. intr. Venir à bout de; en finir avec; s'en rendra maître :

Je CHEViRAi avec votre maître, (E. Pasquler.) Nous ne saurions en chevir. (Molière.)

CoERCBB, V. tr. Contenir, réprimer; du latin coercere :

Nature, pour coebcer la pétulanre de la langue, nous a donné les dénis et gencivet cemme pour remparts. {L'Amant ressuscité,)

ConQiiÊTER, V, tr. conquérir; d'où conquête^ pays acquis par la guerre, et conquèts^ biens acquis pendant le mariage :

Choisissez en quels lieux il vous plaît de régner,

Ce bras tout aussitôt vous conquête un empire. (Corneille.)

ComEMNER, V. tr. Dédaigner, négliger; du latin contemnerCy mv-

priser :

Une chose sans plus en eux me desplaist^ qu'ils contemnèrent de rédiger leurs ^^et conceptions par escrit, (E. Pasquier.)

Cï^iiciER, V. tr. Tourmenter; decriix^ croix, latin:

^^^ydore Virgile, ennemi capital de notre nation, se crucie dans son Histoire ^^^ie terre. (E. Pasquier.)

^oïDER, V, tr. Penser, croire :

Le soldat tout ainsi pour la guerre soupire ;

Jour et nuit il y pense, et toujours la désire.

Il se plaist aux trésors qu*il cuide ravager. ( Régnier.)

^^CoDCHER, v.Jntr,^ et — (se), v. pr. Se lever :

Car en chasseur fameux j'étais enharnaché.

Et dès le point du jour, je m'étais découché, ( Molière.)

v^nd ce vint à l'endemain, toutes les mesnies de l'ostel s'assemblèrent, et vinrtnt du seigneur à l'heure qu'il fut descodché. (Froissart.)

^^cdarpir, V, tr. Séparer des combattants acharnés Tun contre l'autre :

Andrès et Trufaldin, à l'éclat du murmure.

Ainsi que force monde, accourus d'aventure,

Ont à les décharpir eu de la peine assez.

Tant leurs esprits étoient par la fureur poussés. ( Molière.)

ï^coNFiRE, V. tr. Ruiner, mettre en déroute; tailler en pièces :

J*ai fait banqueroute au petun (1);

L'excès du vin m'est importun :

Dix pintes par jour me suffisent ;

Encore, ô falotte beauté

Dont les regards me déconfisent,

Est-ce pour boire à ta santé? ( Saint-Amant.)

Désamgourdir, V, tr, dégourdir :

Que leur corps se desnoue et se désangourdisse

Pour estre plus adroit à te faire service. ( Régnier.)

<1) Tabac.

Despbndeb, V. tr. Dépenser :

Autant DBSPBMD chiche que large (1). (Nicot, Anciens proverbei,)

Qui bien gaigne et bien despend.

Ne lui faut bourse à mettre argent. (Le môme, idem,)

Pour néant a Tavoir cil qui no veut dépendre. (Thibault de B

Tant dëpend-on, qu*on n*a chemise. (Villon.)

// DBSPBNDorr libéralement, et aimoit à faire des sacrifices, et à rumeU traiter houorablement les estratigers. (Amyot)

Détaler, r. intr. Descendre :

Ils contrefont le guet, et de voix magistrale :

Ouvrez, de par le roy. Au diable un qui dévale !

Un diacun sans parler se tient clos et couvert. (Régnier.)

Ébaudir, V, tr. Réjouir, divertir; d'oixébaicderie^ joie; leprii est bal, bau, gai, joyeux :

En ce papier, barbouillé plaisamment.

Pour iesbaudir en ton esloignement,

Tes yeux vitrez n'apprendront point les choses

Qui font en cour tant de métamorphoses. (Saint-Amant.)

Eclairer, v. tr. Espionner; d'où éclaireur^ encore usité :

J'ai voulu vous parler en secret d'une affaire.

Et suis bien aise ici qu'aucun ne nous éclaire, (Le même.)

Au diable le fâcheux qui toujours nous éclaire. ( Molière.)

Le participe passé s'employait aussi dans le sens d'épié^ surve

Dites-lui qu'il s'avance.

Assuré qu'on l'attend avec impatience.

Et qu'il ne se verra d'aucuns yeux éclairé. (Molière.)

Emmaigrir, V. tr. Rendre maigre ; aujourd'hui ama/jrnr :

Moi, jaloux ! Dieu m'en garde, et d'être assez badin

Pour m' aller emmaigrir avec un tel chagrin I (Molière.)

Empêcher, v. tr. Arrêter, embarrasser :

Oui, j'ai juré sa mort ; rien ne peut m* empêcher. ( Molière.)

Enamourer et — (s'), v. tr. et pr. Rendre amoureux; de\ amoureux :

Boyard, jeune page, s*étoit énamouré d'une damoiselle de même âge.

(E. Pasquier.)

Enquêter (s*), v. pr. S'enquérir; formé de en et quester^ c cher ; du latin quœsitare :

Ils ne s'ekqlêtent po/nt de cela,

[1) Avare que prodigue. — Large se prend aujourd'hui dans le sens de gêner

i, V. tr. Escalader, formé A* échelle :

C^ étroit vouloir, comme les outrecuidés géants, BSCHELEn les deux,

(B. Pasquier.)

î^iifFR, V. tr. Terminer, finir :

^à il usera sa vie en languissant toujours, et nivERA misérablement ses jours,

(A. de U gale.)

l^'i^niBR, V. inir. Briller, étinceler ; de flamme :

Et toi, sœur d*Apollon, vagabonde courrière.

Qui pour me découvrir flammes si clairement,

Allumes-tu la nuit d'aussi grande lumière,

Quand sans bruit tu descends pour baiser ton amant? [ Desportes. )

f'i-ORiR, BEFLORiE, V. lutr, Flcurir, refleurir; d'où les formes /Z6«- ^^^^it^ florissaient^ florissant^ usitées aujourd'hui au figuré :

^f'sse Dieu, par sa sainte grâce, qu'on la voie quelque temps reflorir comme •'9»»'€ïi«in^ (E. Pasquier.)

^ tfioletie et le muguet plorissent. (Amyot)

-aujourd'hui l'emploi de l'infinitif est un barbarisme :

Pour qu'elle sente en soi florir sa puberté,

Il n'est qu'un seul moyen, et c'est la liberté. (Ponsard.)

''^Orlignbr, r. intr. Dégénérer ; au propre, sortir de la ligne droite ^/^« lignej :

•<>««»• (fe Dieu! je l'étranglerais de mes propres mains, s'il fallait qu'elle form- «HÀT ^g l'honnêteté de sa mère. (Molière.)

^A^BELBR (sb), V. pr. Sc railler, se moquer :

■^*^ ^toit inepte à touts offices de la république, tousjours riant, tousjours buvant '^tant à un chascun, tousjours se gabblant, tousjours dissimulant son divin »fa»Ot>. ( Rabelais.)

^HoiJiLLBR, V. intr. Remuer :

Fais-moi grouiller un peu cette nature inerte. ( E. Augier.)

Et l'on demande l'heure, et l'on b&ille vingt fois,

Qu'elle grouille aussi peu qu'une pièce de bois. (Molière.)

l-es éditions modernes portent :

Qu'elle s'émeut autant qu'une pièce de bois.

j Cette correction a été faite au texte de Molière probablement à ^ demande de quelque précieuse de théâtre.

Gdbrbonner, V. tr. Récompenser :

Si les plus gens de bien sont les moins avancez. Soyons un peu meschants : on guerdonne Toffense ; Qui n'a point faict de mal n'a point de récompense.

(Satire Mévdppée.)

Jargonner, V, intr. Caqueter; de jargon^ langage^ ébm oiseaux :

Viens, belle, viens te pourmener

Dans ce boccagc ; Entends les oiseaux jargonner

De leur ramage. (J. Passerai.)

Magnifier, t7. tr. Orner, glorifier :

Charles le Chauve voulut, pour se uagnifier en qualité d'empereur, faU un concile général, (E. Pasquier.)

Mercdruliser, V, tr. Faire une mercuriale; réprimander :

Tels de mes amis ont parfois entreprins de me chapitrer et mbrcuru ^OBur ouvert* (Montaigne.)

Motenner, V, tr. Procurer :

Les difficultés anoblissent, aiguisent et reJiaussent le plaisir divin et pari la vertu nous moyenne. (Montaigne.)

Ceux-là se moyennant à nous de noblesse à la pointe de leurs épées, cem pointe seulement de leurs plumes. (Ë. Pasquier.)

Moyennes son retour : ma grâce, avec usure.

Du mérite ignoré réparera Tinjure. (Rotrou.)

Ouvrer, v, tr. Travailler; ourdir, tramer :

Certes, je crois, qu'on trouvera que le Romain avait usé contre tout c gent (nation) et ouvaé un tour barbare, (E. Pasquier.)

Parangoner, V, tr. Comparer :

Je parangone au soleil que j*adore

L'autre soleil (Ronsard.)

Partir, départir, v, tr. Partager; du latin partiri :

Nous PARTONS le fruicl de notre chasse avecques nos chiens et oyseaux, la peine et l'industrie, (Montaigne.)

Ces gens gais et joyeux

Sont sur le point de partir leur clievance. (La Fontaine.)

Patroctner, v, intr. Faire Tavocat; du latin ^a^rocmari;

Prêchez, patrocine% jusqu'à la Pentecôte. ( Molière.)

Playdoyer, v, intr. Plaider :

// PLAYDOYB beau qui playdoye sans partie, (Nicot.)

Pléger, v, tr. Garantir, cautionner; de plage ^ plàige, p caution :

Va, j'estime si peu ces nouvelles amours,

Que je te plége encor son retour dans deux jours. (Corneille.)

Pratiquer, ik ir. Gagner, rallier à prix d'argent :

Icetes AvoiT puatiqué deux soldais pour tuer T'moléon, séjournant à Adrane en la Sicile. (Montaigne.)

PoYSKR, V. intr. Peser; d'oixpoys^ pois^ aujourd'hui |)o/£?s :

A chascun son fardeau poyse. (Nicot.)

PiÀCOiSER, V. tr, x\paiser; accorder :

Il se persuade, par tels moyens extraordinaires, de racoiser toutes choses en un

«'md'œ/7. (E. Pasquier.)

Molière a dit accoiser,

Raibe, V. tr. Raser, tondre; en latin, radere:

(In harhier hait l'autre, (Nicot.)

Après RAiRE n'y a que tondre. (Le môme.)

Ramentevoir, V, tr. Rappeler :

^h a des gens qui s'ofjensent au premier mot qu'on ramentoit nos afflictions Pf^sées. (Satire Ménippée.)

Ne ramentevons rien, et réparons Toffense. ( Molière. )

C^lte opinion me ramentoit l'expérience que nous avons, (Montaigne.)

Rkngréger, V, tr. Accroître, empirer:

(^'est folie de vouloir s'éclaircir d'un mal auquel il n'y a point de médecine qui "s l empire et le rengrégb. (Montaigne.)

Chacun rendit par là sa douleur rengrégée, (La Fontaine.)

Reyancber et REYENCHER, ct — (se), V. tr. etpr. Se défendre, se ^^ommager d'une chose en s'en vengeant :

thimot revenger nous avons fait revancher, comme si, en nous revengeant de offense qui nous a été faite, nous nous défendissions. (E. Pasquier.)

Ne me bannissez pas de votre souvenir ;

Et puisque mon trépas conserve votre gloire,

Pour vous en revancher conservez ma mémoire. (Corneille.)

Je veux d*un si bon tour

Me revancher (La Fontaine.)

BiGOLER OU RiGOULER (se), V. pr, Sc divcrtir, s'amuser : ^ estait passetemps céleste les voir ainsi soi rigoler. ( Rabelais.)

Saouler, soûler et — (se), v. tr, ci pr. Rassasier; du latin, sa- ^*5rc, saturare :

Ils mangeoicnt à sa table, avaloient Tambrosie,

Et des plaisirs du ciel soûlaient leur fantaisie. (Régnier.)

Chacun se soCle d*unpain manger (1). (Nicot)

Aujourd'hui il s'emploie familièrement.

Semondee, V. tr. Exciter, exhorter :

Lorsque nos rois vouloieni semondiib quelques gentilshommes ou brttves foJc à bien faire le jour d'une bataille, les caressaient d'une accolée, (E. Pasqnier.

Son hôte n'eut pas la poino

De le semondre deux fois. ( La Fontaine.)

(Il) m'a fait en grande hàto ensevelir le mort, De peur que cet objet qui le rend hy))ocondre A faire un vilain coup ne me Tall&t semondre. (Molière.)

La viande semond les gens. (Nicot.)

Semondre à des obsèques, (Académie.)

SouLBR, V. tr. Avoir coutume ; du latin solere :

Au lieu de la poésie qui souloit représenter les exploits d^ armes des in princes et grands seigneurs, commença de s'insinuer entre nous une now forme de les écrire en prose sous le nom et titre de romans. (E. Pasquier.)

Succéder, v. t. Réussir ; formé de succès :

Tout ce que J'entreprends me succède à rebours. (Mairet )

Menons bien ce projet : la fourbe sera fine

S'il faut qu'elle succède ainsi que j'imagine. (Molière.)

Quelque chose de bon nous pourra succéder. (Molière. )

Vitupérer, v. tr. Blâmer; du laimvituperare :

Si tu es aussi savant qu'Homère

Et n'as rien, l'on te vitupère. ( Nic^t, Anciens proverbes.)

▼Z. Verbes encore en mage.

Affoler, v tr. Blesser, accabler :

Le point qui me console,

C'est que la pauvreté comme moi les affole, (Régnier.)

Qui prêtera la parole

A la douleur qui in*affole ?

Qui donnera des accents

A la plainte qui me guide?

Et qui lâchera la bride

A la fureur que je sens ? (Du Bellay. )

— Affolé^ ee, part, p. Passionné jusqu'à la folie :

C'est un magistrat de province

Affolé de sa propre amour;

11 demanderait du retour

Pour se troquer avec un prince. (Ma3mard.)

(1) Se rassasie, se dégoûte de manger du môme pain.

ÂLUNGOUBiR (s'), V, pr. TombcF en langueur, devenir languis*

mt:

Amy ïafpDîblissent et s'allangodrissbnt au vent de sud et allant vers midy, mnieUs méridionaulx venants au nord redoublent leurs forces. (Charron.)

Bjullbr, V. tr. Donner :

Un strijent baillera de faux exploits, sur quoi vous sere% condamné sans que uikiachie%. (Molière.)

— Proverbialement : Vous nous la baillez belle. Barguigrbr, V. intr. Marchander; hésiter :

A quoi bon tant barguigner et tant tourner autour du pot ? ( Molière.)

Bav£r, batasser, V. intr. Babiller, folâtrer; d'où ôares, paroles itttiies, hors de propos, et baveur^ grand parleur :

hiisvray, non pas tout mon saoul, mais autant que je Vose dire, et Von ose un !iip/us en vieillissant; car il semble que la coutume concède à cet aage plus de ^/é (/e BAVASSER et d'indiscrétion à parler de soy. (Montaigne.)

Buter, v. intr. Avoir pour but, tendre à, viser :

Un juge doit toujours buter à la justice. (E. Pasquier.)

Toutes mes volontés ne butent qu*à vous plaire. ( Molière.) Si je suivais mon goût, je saurais où buter. ( La Fontaine.)

Commettre, v. tr. Confier :

Allons, sans crainte aucune,

A la foi d'un amant commettre ma fortune. (Molière.)

Un voleur se hasarde D'enlever le dépôt commis aux soins du garde. (La Fontaine.)

Comparoir, v. intr. Comparaître, se présenter en justice. H n'est plus usité qu'à Tinfinitif et dans ces phrases :

'*''e assigné à comparoir. Recevoir une assignation à comparoir. (Académie.)

Compatir, v. intr. Être compatible avec :

' engagement ne compatit point avec mon humeur. (Molière.)

— S'accorder, s'entendre :

^^ division et l'aigreur des ducs de Nemours et de Beaufort étaient venues à une ^fmitétrés-dangereuse. Ils ne pouvaient compatir ensemble^ et leurs forces se- ^^ n'étaient pas suffisantes pour tenir la campagne devant Varmée du roi.

(La Rochefouoauld.)

CoNDouLOiR, V. intr. S'affliger, partager la douleur de quelqu'un. H ne s'emploie plus que sous la forme pronominale :

^B CONDOULOIR avcc quelqu'un. (Académie.)

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