GRABIMAIRE GÉNÉRALE ET HISTORIQUE
CoucHEit, V. intr. Viser une chose, y aspirer :
Venge cette querelle, et justement sépare
Du cygne d'Apollon la corneille barbare,
Qui, croassant partout d'un orgueil effronté.
Ne couche rien de moins que l'immortalité. ( Régnier.)
Aujourd'hui on a dit en ce sens : Coucher en joue^ au propre au figuré :
Couler (se), v, pr. Se glisser, pénétrer dans :
Déjà ce malheureux, sans nuls empêchements,
Etoit prêt à sortir de vos retranchements,
Et d'un camp ennemi se couler dans un autre. (Mairet.)
Coulez-vous doucement parmi les autres, (Académie.)
Courre, v, tr. Courir, poursuivre; il se conjugue comme cour^
GouBRE le cerf, le lièvre, le daim.
Il s'emploie encore dans le sens de Faire courir :
Voulei'VOus COURRE votre cheval avec le mien ? (Académie.)
Crier, r, tr. Suivi d'un complément de personne ; gronder :
Tu ne me diras plus, toi qui toujours me crieSj
Que je gâte en brouillon toutes tes fourberies. (Molière.)
Pourquoi me crie^rvous ? — J'ai grand tort, en effet ! (Le môme.^
Dans ce sens il s'emploie aujourd'hui absolument : Il ne fait 9 crier; Laissez-la crier,
Dégoiser, v, intr. Il se disait proprement des oiseaux ; gazouilla chanter ; formé de dé et gosier,
Régnier Ta dit figurément du murmure que fait entendre une vière en coulant :
• • * Là, dedans les champs que (1) la rivière d*Oise
Sur des arènes d'or en ses bords se dégoise, (Satire XV.)
— Par analogie, Babiller :
Peste! madame la nourrice, comme vous dégoisez! (Molière.)
DiVERTra, V, tr. Détourner, distraire; du latin divertere, toud d'un autre côté :
C'est un artifice du diable de divertir ailleurs les armes dont ces gens-là ce hattoient les hérésies, (Pascal.)
Je ne m*iappaste point d'une vakie espérance ;
Fortune ne peut rien contre mon assurance,
Et mon repos d'esprit n'est jamais diverti, (Desportes.)
Votre feinte douceur forge un amusement,
Pour divertir Tefifet de mon ressentiment. (Molière.)
Divertir quelqu'un de ses occupations, (Académie.) (1) Que pour où.
Fàirb. V. tr. Dire; du latin /an, parler ; il s'emploie encore quelquefois dans les phrases interjetées :
Monsieur, au nom de Dieu, lui fais-je assez souvent,
Cessez de. vous laisser conduire au premier vent. (Molière.)
^tul heu! FTt WUl. Il fait diablement humide dans les églises, ; (H. de Balzac.)
Fewdrb, V. intr,^ suivi de la préposition à. Éluder, avoir peine à :
Tu feignais à sortir de ton dt^guisomcnt,
Et ne pouvais me croire en cet événement. ( Molière.)
«Fkiwer, V. intr. Offrir un festin :
'C'mI ainsi que vous festinez les dames en mon absence ! ( Molière. )
Fbstoyeb, V, tr. Faire fête à quelqu'un; bien traiter :
Chacun de festoyer sa voisine folâtre,
De prévoir la vieillesse et de boire d'autant. (E. Augier.)
Guerroyer, v. tr. Faire la guerre :
^^utmessire Imbault, au service dudit roy Loys VIII, à guerroyer lesAnglois, ^^oprès son décès, au service du roy sainct Loys. ( J. Bouchet.)
, Guigner, v. tr. Jeter un regard rapide sur; lorgner du coin de lœil:
Adonc le Père puissant...
Contr'eux guigne la tempête.
Laquelle, en les foudroyant,
Sifflait aigu, tournoyant.
Comme un fuseau sur la tête. (Ronsard.)
Par les forêts s*écarte cette bande.
Qui ore un pin, ore un sapin demande.
Guignant de l'œil les arbres les plus beaux,
Et plus duisant à tourner en vaisseaux. (E; Pasquier.)