GRAMMAIRE GÉ?7ÉRALE ET HISTORIQUE
Graudb ^a la), loc. adv. Magnifiquement, d'une manière somptueuse :
// se persuada qu'il était un seigneur et vécut À la grande. (Saint-Simon}
Hdy, adj. Aujourd'hui, ce jour d'huit du jour d'hui^ a» jour d'hui :
Tels sont but qui demain ne verront pas. (Nicot.)
Pourveu qu*on soil morgant, qu'on bride sa moustache.
Qu'on frise ses cheveux, qu'on porte un grand panache,
Qu'on parle barragouyn, et qu'on suive le vent,
En ce temps du jour d'hui l'on n'est que trop savant. (Régnier.) '^
Ja, adv. Maintenant; autrefois; déjà; du latin jam;
Mon amtj, ne vous glorifie% JÀ tant. (B. Despériers.)
Jaçoit que, loc. conj. Quoique :
Jaçoit que Von fasse souvent de telles assemblées provinciales, si est-ce qi^dks ne se font que lorsque nos rois leur demandent ayde émargent, (E. Pasquier.)
Jaçoit que l'on ait dit qu'argent je demandois... (B. Despériers.)
Léans, adv. Là dedans, céans :
L'épouse de léans,
A dire vrai, recevait bien les gens,
Mais c'était tout (La Fontaine.)
Lbz, adv. et prép. Tout proche; près de :
La reine vint à Gasaad, et si se siet lez lui et H commence à demander fw^ |^ estoit. (Roman de Lancelot.)
Il n*est plus employé que dans les noms des lieux : A f^' lez-Tours,
Mal, adv. Il était souvent employé en composition comme d^ gatif ou péjoratif :
Mais c'est mal contenter mon humeur frénétique, Passer de la satyre en un panégyrique. (Régnier.)
Je ne sçay qui me rend plus coupable,
Ou de dire si peu d'un subject si capable.
Ou la honte que j'ay d'estre si mal appris.
Ou la témérité de 1 avoir entrepris. (Le môme.)
Je serais malvoulu des hommes et des dieux. (Corneille.)
Mon courage est mal propre à cette lâcheté. { Le môme.)
Elle ne voudrait pas te voir mal satisfait.
Ni rompre sur-le-champ le dessein qu'elle a fait, (Le même.)
Il était aussi adjectif, mal^ malle et male^ mauvais, tné du latin malus:
Il se lèvera bien malin et à heure non accoutumée, et fera tout le jour ^^^^ chière. (A. de la Sale.)
Que MALES furies le peuvent tourmenter. (B. Despériers.)
Mal, majlb, adj. Maie heure ^ malheure y n. f. Mauvaise heuro {mla horajj malheur :
-- A la maie fleure:
Allez à la maie heure, allez, âmes tragiques
Qui prenez votre joie aux misères publiques ! ( Malherbe. )
Hé bien ! à la malheure est-il venu d'Espagne,
Ce courrier que la foudre ou la grêle accompagne? ( Molière.)
Nous disons encore à la bonne heure ; mais cette locution n'a <pi*un sens aflBrmatif .
— Maie rage. Faim extraordinaire, enragée, mala rabies :
. l^ puisse mourir de mâle rage, si j' estais homme de guerre ou que f eusse une ^, si je ne te tuoye tout roide. (B. Despériers.)
KiTiif (a gb), loc adv. Ce matin :
Moi-même mille fois je me suis étonnée
Et de ma passion et de ma destinée ;
Encore à ce matin^ je pleurais en rêvant
Au malheur inconnu qui me va poursuivant. (Mairet)
^, MES, adv. Mal. 11 entrait dans la composition d'une foule de mots :
^^ Méchance, Malheur; mauvaise chance.
''^Méchant. Malheureux; mal chanceux.
— Mèche f. Accident ; malheur :
'^^^^and iiBSCHiEF et ennuy leur advint. (Gérard de Nevers.)
"■"^ Mécheoir^ méchoir. Tomber dans Tinfortune. " — ' Mécréance, Mauvaise foi.
Mécréant. Incrédule; tout peuple non catholique. ■""^ Mécroire. Ne pas croire.
Mé faire. Mal faire; faire du mal.
Méfait. Mauvaise action; faute.
Mésadvenance. Disgrâce.
Mésadvenir. Arriver mal; ne pas réussir :
... De Narcissus me souvint
A qui si très-fort mésadvint, (Roman de la Rose.)
Mésaise. Tristesse :
"Jflflfc dit que mésaise que l'homme ait ou euer ne li doit parer ou visage.
(Joinvilie.)