GRAMMAIRE GÉNÉRALE ET HISTORIQIJB
Ils se jetthent tous deux dedans un boscage, où ih panèrent toute la né^ ' grand mésaisb. (Amyot)
— Meschant^ tnéchant. Malheureux; du latin maie codent,
— MesdirCy médire. Mal parler, calomnier.
Même (a), loc, adv. Au milieu de, parmi :
Qii! te donne le front de surprendre mes pleurs? Gherdies-tu de la joie à même mes douleuiv ? (GomeiUe.)
MfSHLT, MESHui, odv, Dès lors, d'aujourd'hui, désormais ; for de huy et mais^ du latin magis hodie :
Je ne parleray donc meshuy? Si feray; car je n'en pourrais plus tenir,
(B. Despériers.) Le roi estima qu'il était meshui temps déparier au maréchal de Biron,
(E. Pasquier.) // 65/01/ MESHUI temps qu'il fust seul roi ; qui avoit compagnon avoit maistre
(Le môme.) Mie. Particule négative :
Ils disent qu'ils sont avocats,
Mais pourtant ne le sont-ils mie, ( Farce de Pathelin,)
Ma dame, qui bien cognent son parler, ne fust mte sourde ni muette, car in&
tinentpar son signal luy respondit, (A. de la Sale.)
Moult, moût, adv. Beaucoup; du latin multum :
Moult resscmbloit bien l'image
Qui faite fut à sa semblance ;
En sa main un Sautier (1) tenoit,
Et sachiez que moult se penoit
De faire à Dieu prière saintes. (Roman de la Rose.)
Robbe refait moult l'homme. (Nicot, Anciens proverbes,)
Ne, conj. Ni.
Les peuples hantoient et trafiquoient les uns avec les aultres sans crainit danger. (Amyot.)
Ohe, ores, or, adv. Maintenant; du latin hora :
O débile raison ! où est ores ta bride ?
Où ce flambeau qui sert aux personnes de guide ? (Régnier.)
Ores que la justice, icy-bas descendue.
Aux petits comme aux grands par tes mains est rendue. (Le m6^
Ores est temps de vous donner conseil
Sur les périls où beauté vous expose :
Fille ressemble à ce bouton vermeil,
Qu'en peu de jours on voit devenir rose. (M"* Deshoulières.)
— OrCy ores^ répété. Tantôt :
Ores il court le long d'un beau rivage,
Ores il erre en quelque bois sauvage. (Ronsard.)
(1) Psautier t livre qui contient les psaumes.
Or sur un mont, or dans une vallée,
Or près d'une onde à Técart recelée. ( Le même.)
— D'ores en /à, loc. adv. Désormais, dorénavant :
B'oRis m LÀ ce leur est plus languir que vivre. (La Boôtie.)
Paravant, adv. Auparavant, antérieurement :
Jl ki rendit mariniers et gens de mer, au lieu que paravant ih estaient bons ^r(^ champions de terre ferme, (Amyot.)
PiBFm (a la), loc, adv, À la dernière extrémité, tout à fait à la \par en composition avait la valeur du làiïn per^ et ajoutait plus de force au mot auquel il était joint :
^étaient réduits en telle calamité, qu*k la parpin la plus grande partie d* entre ^mwaroient sans estre ensevelis, (E. Pasquier.)
Pmr (un), loc, adv. Un peu :
^oy, voyons ung petit qu*il deviendra, (B. Despériers.)
^ ahien commença à leur répondre en grougnant vu petit, seulement tout bas,
(Amyot.)
Celte locution est encoi^e en usage dans les campagnes.
PiÉÇA (Dis), loc, adv. Depuis longtemps; formé de pièce (de
^naps) y a :
^ous save% que je suis fille dès piéça. (A. de la Sale.)
,^ors2e« citoyens, s'asseurans que ce qu'iU attendoient de piéça estoit advenu, *«» coururent tous en foule à la maison du tyran, où ils meirent le feu, (Amyot.)
Ce n'est pas cela qui le pique^ ains l'envie qu'il a de réintégrer les siens dans *** *ien« dont ils ont été dès piéça spoliés, ( E. Pasquier.)
Pi-Bm (tout), loc, adv. Beaucoup, extrêmement :
C^ iont bons princes et bons catholiques, et qui vous ayment tout plein.
(N. Rapin.)
U est encore usité pour exprimer le nombre, la quantité matérielle :
'' y a tout plein de livres égarés. — Il y a tout plein de monde dans les rues,
» (Académie.)
ï^ossiBLi?, adv. Peut-être :
I ^^Peup/e lui feitplus d'honneur, tout mort qu'il estoit, qu'il n'en devait faire à ^^ du monde; si ce n* estoit possible à ceux qui l'avaient tué. (La Boëtie.)
Son heure doit venir, et c*est à vous, possible,
Qu'est réservé Thonneur de la rendre sensible. (Molière.)
"^ Possible que. Peut-être que :
Mais après tant de maux, possible que les dieux Changeront aujourd'hui nos fortunes en mieux. (Mairet.)
Possible que» malgré la cure que j'essaie
Mon &me saignera longtemps de cette plaie. (Molière.)
// arrivera possible que mon travail fera naitre à d'autres pençnnei Vtnak^ porter la chose plus loin. ( La Fontaine.)
Pour, modifiant un adjectif ou un adverbe. Si, à quelque degré que :
Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes.
(GoraeiUe.) Pour peu savant qu'on soit aux mouvements de l'àme, On devine aisément qu'elle en veut à Florame. (Le même.)
Premier, adv. D'abord, en premier lieu :
Si advint que la femme morut premier. (A. de la Sale.)
// faut connoître premiei que dejwjer, (Nicot.)
Peste soit qui premier trouva l'invention
De s'affliger l'esprit de cette vision. ( Molière.)
— Premier que^ loc. conj. Avant que :
Si je sors premier que vous, ce sera à vos despens, (B. Despériers.)
Premier que d'avoir mal, ils trouvent le remède. (Malherbe.)
Léandre assurément ne vous bravera pas,
Et là, premier que lui, si nous faisons la prise,
U aura fait pour nous les frais de l'entreprise. (Molière.)
Présent (de), loc. adv, A présent, pour Tinstant :
Frères, dormez jusqu'à demain :
Vous en devez avoir envie.
Et n'avez de présent besoin que de repos. (La Fontaine.)
A la seconde édition, Tauteur a mis à présent.
Prou, adv. Beaucoup ; de Titalien pro, prode^ bien, profit;
Après qu'il a proo cryé, et que personne ne lui répond, il se colère, et rnoy rire. (B. Despériers.)
Pour Dieu, ne prenez point de vilaine figure !
J'ai prou de ma frayeur en cette conjoncture. ( Molière.)
N'a pas longtemps de Rome revenait
Certain cadet qui n'y profita guère...
Prou de pardons il avait rapporté ;
De vertu, peu : chose assez ordinaire. (La Fontaine.)
Quant et, loc. prép. Avec :
Il lui donna pour subvenir à sa ville la somme de cent cinquante talens, tfe<f^^ il emporta les quarante quante et lui au Péloponèse, et depuis le roy tuy enV^^ le reste à plusieurs fois. (Amyot.)
Quand et quand, loc. adv. En même temps :
U a fait voirement présent au roi roi d^une fort riche é Va convié au recouvrement de l'Étai de Naples. (Fi. Pasquier.)
U a fait voirement présent au roi roi d^une fort riche épée, et quand bt quA'^
I>BS ARCHAÏSMES. 199
Quasi, adv. Presque :
(^dmes amis s'addressent à moy pour estre con8eille%,je le fais librement et élàrment, ians m'arrester, comme faict quasi tout le monde. ( Montaigoe.)
Lthonteru n'est admiré quasi de personne, (SaintrÊvremond.)
Madame Alix, bien joyeuse, s*en fut
Chex sire André, dont la femme accourut
En diligence et quasi hors d'haleine. (La Fontaine.)
Best encore fréquemment usité.
Basdus, adv. Tout près, tout contre :
Gmmm il passoit rasibds du chastel , veismes les ardiiers de la garde du roy ^*vM la porte qui ne bougèrent. (Ph. de Commincs.]
D est aujourd'hui populaire.
RiGAHD (au), pour LE REGARD, loc. prép. À Tégard :
^ i'est continué jusques au temps du roy Louis XII poua lb rbgard de la '7'^iRiB, et jusques à celui du roy François /*' pour lb regard des consulta- **»«.(A. Loyscl.)
Au regard d'Alcidon tu dois continuer. (Corneille.)
^our ce regard^ loc. adv. A cet égard :
^^neme puis persuader qu'il n'y ait eu toujours en notre France quelque art ^^^e ou d'éloquence, aussi bien qu*en l'ancienne Gaule, tant célébrée pour cb ^'**i>par les Romains. (A. Loysel.)
Saitsque, loc. conj.^ suivi de Tindicatif. Si ce n'est que :
Sans que mon bon génie au-devant m*a poussé.
Déjà tout mon bonheur eût été renversé. (Molière.)
On n'eût jamais soupçonné ce ménage,
Sans qu'il restait un certain incarnat
Dessus son teint. (La Fontaine.)
^'î cmj. Aussi; néanmoins :
.... L'humanité, sottement abusée.
Court à ses appétits qui l'aveuglent si bien,
Qa*encor qu'elle ait des yeux, si ne voit-elle rien. (Régnier.)
v^^Wen que Marot n'çût le savoir correspondant à Ronsard, si avoit-il une fa^ ^esprit admirable. (E. Pasquier.)
Et quoique jusqu'ici la fortune contraire
Noos ait fait tout du pis qu'elle nous pouvoit faire,
Si faat^il espérer que sa légèreté
Is fera revenir à Votre Majesté. ( Mairet.)
"" Et si. Cependant :
';^»(c neurc jt suis fnmuut, e» /fc sçai
p'a* une de mes breldt. (Jb^yot.)
fZ^tte heure je suis malade, et ne sçais quel est mon mal. Je souffre, et n'ai ptnnt ^^twre. Je m'afflige, et si n'ai perdu /;
Depuis assez longtemps, je tAclie à le comprendre
Et si plus je récoute, et moins je puis Tentendro. ( Molière.)
Nous estropions le français pour la plupart, et si nous ne parlons que f^^^ langue. ( Boissy.)
Je n*ai jamais rôvé pour faire un compliment,
Et si y ad harangué tous les plus grands do France. (Poisson.)
Si. Si que. Tellement que :
Ainsi fut dit, ainsi s*exécuta:
Si que chacun glosait sur ce mystère. (La Fontaine.)
SiGNAMMENT, ticlv. Particulièrement :
De fonder la récompense des actions vertueuses sur Vapprohation daxdtrwit c'est prendre un trop incertain et trouble fondement , signamment en un sièd^ corrompu et ignorant i comme cettuy-cy. ( Montaigne.)
SOUVENTES FOIS, SOUVENTEFOIS, loC, ttÛV, SoUVent :
SouvENTEFois Doptinis allait faire revenir les brebis qui s'estoyent un peu tr(f^ loin escarlées du troupeau. (Amyot.)
L*un perd souventes fois ce que l'autre conserve. (Mairet).
Sus, prép. Il s'est dit primitivement pour sur, d'où s'est réguliè* rement formé de sus^ dessus :
Faire sus Tun des pieds dans la sale la grue ;
Entendre un marjolet (un petitF-maitre). . . (Régnier.)
Il s'est employé ensuite comme locution interjective :
Sus donc ! qui vous retient? (Corneille.) Tant plus, Ibc. adv. Plus :
Nul objet ne lui plaist que Tor et que Targent,
Et tant plus il en a, plus il est indigent. (Régnier.)
Tant plus je m'examine, et tant plus je me sonde ; ^
Ce n'est guères mon fait d'estre dans le grand monde. ( Du Lorens»/
Tant seulement, loc. adv. Seulement :
Chevrier, pauvre hère, il n'a pas tant seulement de quoi nourrir un chien.
(Amyot)
Vers, prép. Envers, à l'égard de :
Ah ! Madame, excusez un amant misérable.
Qu'un sort prodigieux a fait vers vous coupable. (Molière.)
VoiRE, yoirement, ttdv. De plus, aussi :
Je ne dy rien que toute la France, jusqu'aux plus petits, voibe que tout le moné^* universel ne sache. (Pierre Plthou.)
J'appelle un bon, voire un parfait hymen.
Quand les conjoints ^e souffirent leurs sottises. (La Fontaine.)
DES ABCHAÏSIIKS. 201
Vrai (db ou au), loc. adv. Réellement, effectivement :
Le ciel défend, de vrai, certains contentements ; .
Mais on trouve avec lui des accommodements. (Molière.)
Je ne sais pas, de vrai, quel homme ce peut être. [Le même.)
Je ne sais pas au vrai si vous les lui devez ;
Mais il me les a, lui, mille fois demandés. (Regnard.)
&oeiitî<ms et conttmetîoiis.
AUSSITOT GOMMB. Aussitôt que :
Il rendra les desseins qu'ils feront pour lui nuire Aussitôt confondus comme délibérez. (Malherbe.)
ksTB QUE. Il suffit; c'est assez que ; de l'italien basta :
18TB Qu'elles peuvent, sans nous , ranger la grâce de leurs yeulx à la gayeie, sévérité et à la douleur. (Montaigne.)
^som (faire). Être nécessaire :
ussi bien nods fbra-t-il ici besoin pour apprêter le souper. (Molière.)
aE, pron. Il était souvent ellipse avant que :
i te diray que nous ferons, (B. Despériers.) /
i m'en voys changer mon visage en aultre forme. Or me regarde bien au visage, ' voir QUE je deviendray. (Le même.)
Chaude (l'avoir), avec Tellipse du mot alerte ou alarme :
Mon front Va, sur mon âme, eu bien chaude pourtant. ( Molière.)
^koire suivi d'un infinitif, au lieu de croire qtie suivi d'un mode "sonnel :
Malgré vos changements, mon esprit résolu x
Croit suffire à mes feux que vous ayez voulu. (Corneille.)
^n dirait aujourd'hui : Croit qu'il suffit à mes feux.
t^ONT, pron. Il s'employait sans antécédent dans le sens de tmâè, ix:
Amour trouva celle qui m*est amère,
Et j'y étois. J'en sçal bien mieux le conte :
— Bonjour, dit-il, bonjour, Vénus, ma mère.
Puis tout à coup, il voit qu'il se mécompte.
Dont la couleur au visage lui monte.
D'avoir failli , honteux, Dieu sait combien. ( Marot. )
^nE APRÈS A, suivi d'un infinitif. Être occupé à :
^s'accommoder avecques Dieu de ses acquêts, il dict estre tous les jotirs ^ A sATisFAinE, par bienfaicts, aux successeurs de ceulx qu'il a dérobbe*.
(Montaigne.)
202 GRÀMlfÀIRE GÂNÉRâLE ET HISTORIQUB.
ÊTRE POUR, suivi d'un infinitif. Devoir, dans le sens du futur:
Les Perses esioient trop loinçt et n'avoit'On pas crainte , au moim çitère» »• seurée, qu'ils fussent pour venir. (Amyot.)
Cette construction est encore usitée dans le langage familier.
Faire, employé dans une phrase incidente ou subordonnée auliea du verbe exprimé dans la proposition principale :
L*on reprend tes humeurs ainsi qu*on fait les nôtres. (Régnier.)
On vous aime autant en un quart d'heure qu'on ferait un autre en six fMi»*
(Molière.) l\ rappelle son frère, et Taime, dans son âme, Cent fois plus qu*il ne fait nière, fils, fille et femme. ( Le même.)
Quelquefois môme il précédait le verbe dont il tenait la place :
Un livret tout moysi vît pour vous ; et encore.
Comme la mort vous fait^ la teigne le dévore. ( Régnier.)
Mais cette dernière construction était peu usitée. Quelques poètes modernes essayent de rajeunir cette expression que la prose a eu le bon goût de bannir :
Quand mon mari combat en bon soldat de Rome,
Je dois agir en femme ainsi qu'il fait en homme. (Ponsard.)
Faire a. Contribuer à ; c'est le sens que les Anglais donnent ^ verbe to do :
Je veux bien que mon fils y trempe grandement. Même si cela fait à votre allégement. (Molière.)
C'est-à-dire, contribue à vous soulager.
Faire son pouvoir. Faire tout son possible, faire du mieux Cfi*^^ peut :
Madame, toutefois, elle a fait son pouvoir,
Du moins en apparence, à vous bien recevoir. (Corneille.)
Faire force (se), un* peu de force. Se faire violence :
Que veux-tu ? son esprit se fait un peu de force ;
Elle se sacrifie à mes contentements,
Et pour mes intérêts contraint ses sentiments. (CorneiUe.)
On dit aujourd'hui se faire violence.
Itypron.^ se supprimait souvent devant un impersonnel :
A mal faire n'y a point d^honneur. (Nicot.)
En toutes choses y a mesure, (Le mùme.)
Y A un temple non guères grand, à l'entour duquel y a des arbres, et tmeti de coulomnes de pierres blanches tout à l'environ. (Àmyot.)
)ans les proverbes ou les sentences, il s'employait souvwit une antécédent de qui ou de que^ et se plaçait en tête de la prête proposition ou au commencement de la seconde :
tit fol qui s'oublie,
n'a pas fait qui commence,
ne parle pas au roi qui veut.
n'est digne du doulx qui n'a gousté l'amer,
n'est pas asseuré qui trop hault est monté.
ti aime, il craint,
ti a marastre, il a le diable en V astre.
tt a terre, il a guerre.
^i m'aime, il aime mon chien.
U QUE. En quelque lieu que :
és-humhlement, comme je say et puis, me recommande à vostre très-htmne et
te grâce ol que je sois. (A. de la Sale.)
Où qu'aille le soleil, il ne voit terre aucune,
Où les maux que tu fais ne te facent nommer. (La BoStie.)
Où que puissent mes yeux porter ma vue errante,
Je vois ou Créon mort, ou Creuse expirante. (Conieille.)
I QUE vous sofjei, vous êtes mort pour moi. (J.-J. Rousseau.)
.'Académie autorise l'emploi de cette construction, dont il est cile de rendre compte par une exacte analyse , mais qui répond locution latine ubicumque sis.
toiî QUE (a), loc. conj. C'est à peine si :
PEINE QOE Rome eut jamais un prince plus grand que Nicolas. (E. Pasquier.)
W, prép. Il se prenait pour seulement :
Gn est faite d'un air, je pense, à pouvoir dire
Qu'on n'a pas pour un cœur soumis à son empire. (Molière.)
est dans ce sens qu'on dit encore pour une fois, c'est-à-dire fois seulement.
ODTom MAIS. Pouvoir davantage (magis) :
Sur la tentation ai-je quelque crédit ?
Et puis-je mais, chétif, si le cœur leur en dit ? (Molière.)
' s'emploifr surtout dans le sens négatif.
^ODvoiR QUE (ne), suivi d'uu subjonctif :
Je ne puis, cher ami, qu'avec toi je ne rie
Des subtiles raisons de sa poltronnerie. (Corneille.)
Ce reproche vraiment ne peut qu'il ne m*étonne. (Le même.)
QoB, conj. Si ce n'est :
Et quand, charmante Élise, a-ton vu, s'il vous plaît
Qa*on cherche auprte des grands que son seul intérêt 7 ( Molière.)
Quelque sot, quelque sotte. Elliptiquement, un sot, une soti^ ferait j aurait fait cela :
Tu te vas emporter d*un courroux sans égal.
— Moi, Monsieur ! quelque sot : la colère fait mal. (Molière.)
— Que ne te parles-tu ? — Il ne me plaît pas, moi.
— Certes, je ty guettais. — Quelque sotte^ ma foi. [Le môme.)
Sans sujet ni demi. Sans sujet ou sans la moitié d'un motif:
Je ne suis point de moi si mortel ennemi,
Que je m'aille affliger sans sujet ni demi. (Molière.)
On trouve encore dans Molière : Sans respect ni demi. Tant, adv,, devant un adjectif. Si, tellement :
Ne dura rien ce tant beau, tant saint, tant juste gouvernement auquel ton royaume avoit été de son temps. (Amyot.)
Elle n'est point tant sotte, ma foi, et je la trouve assei passable. (Molière.)
Très. Il s'employait souvent en composition comme augmentatif •
La chaleur fut moult grand ; chacun s'y tressua ;
De sueur et de sang la terre rossoya. (Combat des Trente»)
Tenir que. Prétendre, soutenir que :
// dit qu'il y en avait de ceux de son côté qui tenaient qob la grâce n'es^ ^ à tous, (Pascal.)
Je tiens qu'un homme droit
Peut accepter le fait sans admettre le droit. ( C. Delavigne.)
... Je tiens qu'il faut suivre, et dans toute méthode. Et la plus ancienne et la plus à la mode. ( Regnard.)
Un. Il s'employait comme pronom : Quelqu'un, une person^
J'ai voulu m'assurer de l'assistance d'un
A qui le nom libyque avec nous fût commun. (Mairet.)
• Nymphe demeure, il lui crie ;
Demeure, tu n'es suivie D'un qui te soit ennemi. (Baîf.)
DES ÀRCSAÏSIIES. 205
dM diff^remU termet de grammaîre ei âm didion.
Nous croyons utile de donner ici la liste des termes employés par les grammairiens et les rhéteurs , et dont quelques-uns sont encore usités dans les écoles.