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c’est que ce qui paraît volonté n’est qu'une supposition, une contingence , et les prétendus subjonctifs sont les formes dé l’optatif ou suppositif. Les exemples font foide cette volonté.
Mais, puisque les tems du subjonctif objet de la volonté sont en relation à une époque secondaire de comparaison, ils sont relatifs, ettirent leurs caractèresdistinctifs de cette époque secondaire. La volonté détermine donc seulement Ja période , et l'époque secondaire caractérise la simultanéité, l’antériorité ou la postériorité des tems subordonnés.
Si donc la volonté est présente ou future, les tems du subjonctif seront placés dans la période future; ils conserveront dans le grec la figurative du simultané-présent et de J'antérieur.présent pour marquer leur relation d'objet . avec la volonté présente. Si la volonté est au passé , ils seront placés dans la période passée, et prendront leurs inflexions et leurs désinences dans les tems historiques du positif correspondant ; car les temps périodaux ne sortent pas du positif qui est le seul cas de la déclinaison verbale où ils soient usités. La rationnalité des tems subordonnés ou voulus n’exige point dans la période passée ce degré de précision qu’il faut admettre dans la narration des tems positifs passés; c’est ce qui rend indéfinis les temps rationnels pastés.
Les développemens que nous avons donnés sur le cas subordonné ont expliqué suffisamment le système des tems qui le constituent. Nous y ajouterons seulement une réflexion que fait Beauzée sur la posilion de l'époque de relation, |
« Le moment déterminé par l’un des simultanés da « verbe principal est pour les tems dn subjonctif ce que le « seul moment de la parole est pour les tems de l’indica- «tif : c'est le terme immédiat des relations qui fixent « l'époque de Ja comparaison. À l'indicatif les tems ex- « priment des rapports d'existence à une époque dont Ja « position est fixée relativement au moment de la parole: « au subjonctif, ils expriment des rapports d'existence à
« une époque dont la position -est fixée relativement au « moment déterminé par l’un des présents da verbe prin- « cipal.
« Or ce moment, déterminé par l’un des simultanés du « verbe principal, peut avoir lui-même diverses relations « au moment de Ja parole, puisqu'il peut être ou actuel « ou antérieur ou postérieur. Le rapport d’existence au « moment de la parole qui est exprimée par ces items du « subjonctif, est donc bien plus composé que celui qui est « exprimé par un tems de l'indicatif. Celui de l'indicatif « cst composé de deux rapports; rapport d'existence à « l'époque et rapport de l’époque au moment de la parole : « celui du subjonctif est composé de trois; rapport d’exis- « tence à une époque, rapport de cette époque au moment « déterminé par l’un des simultanés du verbe de la phrase « principale, et rapport de ce moment à celui de la pa- «role. »
La langue grecque a distingué les tems voulus des tems supposilifs. La langue latine les confond sous une même expression. Les langues modernes ont les tems du subjonctif sans avoir tous ceux du suppositif; elles y suppléent pour le cas subordonné.
Le latin emploie les tems voulus de la période future pour exprimer les suppositifs de la période présente. Cet usage n’a pas seulement lieu pour la période présente, mais encore pour Ja période passée ou future du suppositif,
D'où il suit que les tems voulus et les temps suppositifs dans les langues défectives , seraient mieux caractérisés par l’idée générale de rationnel qui renferme les deux autres comme ses espèces. En effet, le rationnel exprime ce qui est de droit comme le positif exprime ce qui est de fait; il ajoute à la coexistence intellectuelle d’un sujet avec un modificatif l’idée accessoire de volonté qui caractérise le subordonné, ou l’idée accidentelle de possibilité qui caractérise le su ppositif.
Nous avons placé les tems subordonnés à la volonté immédiatement après les tems positifs , parce qu'ils cor-
respondent au cas de l'objectif (accusaif), qui est un cas direct dans le nom, et qui doit prendre rang immédiatement après le nominatif. Nous continucrons donc par le suppositif qui correspond au cas de circonstantif ou régime indirect des noms. De cetle manière nous observerons la plus grande liaison des idées, et nous mettrons dans nos développemens un ordre méthodique conforme aux principes de l'analyse.
LE SUPPOSITIF.
Le suppositif est un cas du mode personnel qui, en énonçant directement l'existence intellectuelle d’un sujet avec relation à un modificatif, y ajoute l’idée accessoire d'hypothèse ou de supposition.
L'acte de la parole, qui est l’époque primitive de comparaison de tous les tems de chaque mode, se modifie au suppositif par l’idée de possibilité. Ainsi, au positif l’acte de la parole prend un caractère de certitude ; au subordonné un caractère de volonté soit ellyptique soit exprimée; au suppositif un caractère de possibilité, d’incertitude, de condition, de supposition, derestriction, de désir, de permission. Exemples : Que n'ai-je fait ce que vous m'avez dit! Que ne puis-je vous suivre ! Fasse le Ciel que vous réussissiez |
OÙS” ei max ro xaumoire,
Non pas même quand vous travailleriez beaucoup. . Oùx dv dyoys vhov mpèc dima veoluev,
Je ne retourneraïis pas même à votre maison.
Doprov de Ôle suxoc duabar oùx éxheusetav,
‘ Or deux fois dix chariets n'auraient pas ébranlé ce poids, c’est à dire, vingt chariots n'auraient pas ébranlé cette lourde masse.
Tloerav Auvarot ua Bdxpua aoïor Békeorv.
| (Homère, 1 chant de l’Iliade.) Que les Grecs expient mes larmes par tes flèches.
Cesexemples suffisent pourfaire comprendre la nature du suppositif qui, dans la grammaire grecque, prend le nom d’optatif. Il est clair que cette dénomination d’optatif ne porte que sur un usage particulier du suppositif , qu’elle n’embrasse pas tous les usages de ce cas, et que par conséquent, elle est très-incorrecte. Beauzée qui a, d’après Pabbé Girard, adopté la dénomination de suppositif , a parfaitement prouvé le vague et l'insuffisance du mot d’optatif pour désigner ce cas du mode personnel.
Les tems du suppositif n’ont point dans la période passée de correspondans aux tems périodaux du positif; l’indéter. = mination de la coexistence de ce cas influe sur le système
de ses tems, et exige moins de précision; car quand on parle d’une action possible ou supposée, on n’a pas besoin d’en préciser l’époque aussi scrupuleusement que pour une action positive qui a lieu dans le tems.
Dans la langue grecque ces tems sont parfaitement définis et distingués destems positifs par des désinences particulières; ils sont définis dans les langues modernes de l’Europe qui n’ont que les tems relatifs qu’elles appellent conditionnelset hypothétiques; quant aux tems absolus, elles y suppléent par l'usage des tems du positif auxquels elles adjoignent un submodatif ou adverbe,
Le suppositif, comme le positif, peut présenter dans le discours la coexistence sous la forme principale , tandis que le subjonctif est toujours sous la forme de phrase subordonnée à une volonté qui forme sa principale. C’est ce caractère de construction qui distingue en latin le suppositif du subjonctif, puisqu'ils sant tous deux exprimés sous la mème forme dans la déclinaison du verbe.
Nous résumons les cas du mode verbal ou personnel : de mème que les cas du n&m se réduisent à trois, le subjectif (nominatif) , l'objectif (accusatif}, et le circonstantif (régime indirect, génitif, ablatif, datif), de même les cas du mode verbal se réduisent à trois, le positif (Pindicatif}, le subordonné (l'impératif, le subjonctif), et le suppositif (Poptatif, le conditionnel, l’hypothétique).
ass 31 ee À MODE IMPERSONNEL DU CONNECTIF D'IDENTITÉS
« L'idée de l'existence intellectuelle sous une relation à une modification est ce qui sert de fondement aux différens modes du verbe qui conserve dans tous sa nature essentiellement indestructible.
« Si, par abstraction, l’on envisage comme un être déterminé cette existence d’an sujet quelconque sous une relation à une modification, le verbe devient nom, et c’en est le mode nominal (infiniüf). Si, par une autre abstraction, où envisage un être indéterminé, désigné seulement par cette idée de l’existence intellectuelle sous une relation à une modification, comme l’idée d’une quantité faisant partieaccidentelle de la nature quelconque du sujet, le verbe devient modificatif (adjectif), et c’en estle modemodificatif (participe).
« Ni l’un ni l’autre de ces modes n’est personnel, c’est à dire, qu'ils n’admettent point d’inflexions relatives aux personnes, parce que l’un et l’autre expriment de simples idées ; l’un, un être déterminé par sa nature ; l’autre, un être indéterminé désigné seulement par une partie accidentelle de sa nature; mais ni l’un ni l’autre n’exprime l’objet d’un jugement actuel, en quoi consiste principale ment l'essence de la proposition et du discours. C’est pourquoi les personnes ne sont marqnées ni dans l’un üi dans l’autre, parce que les personnes sont dans le verbe des terminaisons qui caractérisent la relation du sujet'à l’acte de la parole.
« Mais si l’on emploie en effet le verbe pour énoncer actuellement l'existence intellectuelle d’an sujet déterminé sous une relation à une modification, c’est à dire, s’il sert à faire une proposition , le verbe est alors uniquement verbe, et c’en est le mode personnel. » (Beanzée.)
Le mode impersonnel du connectif variable (infinitif, participe) est donc le signe d’un jugement porté dans lesprit, comme le mode personnel est le signe d’un jugement exprimé dans le discours, Ainsi, le jugement se désigne