‹ Grammaire générale; ou, Philosophie des langues, présentant l'analyse de l'art de parler, considéré dans l'esprit et dans le discours, au moyen des usages comparés des langues hèbraïque, grecque, latine, allemande, anglaise, italienne, espagnole, française et autresChapitre 119 sur 140 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

L'analogie de la diction est la conformité de l’expression aux idées. C’est une analogie rationnelle de pensée. Elle est donnée ou par la nature ou par l’habitude. L’analogie de nature consiste dans l’imitation des effets des choses par le matériel de l’expression ou par l’arrangement des mots. Elle est un des moyens de l’harmonie imitative. L'analogie d'habitude est celle que des impressions répétées ont établies entre Îles signes de nos idées et nos idées elles-mêmes. On dit, la vertu des plantes; on ne dit pas, des plantes vertueuses. On dit, voler à fleur d’eau; on ne dit pas que l’eau est fleurie.

La propriété de la diction est la conformité de l’expression à la fin de la pensée. Les différens genres d'écrire ont chacun leur diction propre et particulière qui se subdivise et se diversifie encore relativement aux différens objets qu’embrassent et que traitent les sciences dont elle est l'expression.

La disconvenance de la diction est le défaut de convenance entre les mots d’une phrase, soit parce qu’ils sont construits contre l’analogie ou parce qu'ils rassemblent des idées disparates entre lesquelles Pesprit aperçoit de l’opposition ou ne voit aucun rapport. Il semble qu’on tourne d’abord l’esprit d’un certain côté, et lorsqu'il croit poursuivre la même route, il se sent tout d’un coup transporté dans un autre chemin.

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