FIGURES DE LA DICTION
Pour éclairer ce que nous avons à dire sur les figures de diction, il est nécessaire de présenter la définition et la division des figures du discours. |
Les figures du discours sont les expressions d'idées senstionnelles et individuelles substitaées aux expressions d'idées intellectuelles et générales pour peindre celles-ci avec plus de clarté, de force, d'élégance et d'harmonie.
Le mot figare se prend iei dans un sens figuré, c'est-àdite détourné de son acception naturelle et ordinaire, Comme la figure dans le sens primitif et propre est la dé-
termination individuelle d’un corps par l'ensemble des parties sensibles de son contour, de même une figure de langage est la détermination individuelle d’une locution "par le tour particulier qui la distingue des autres locutions analogues.
Dans chaque langue l'usage et l'inalogie ont décidé le maiériel de la diction, le sens primitif et les formes accidentelles des parties de l’oraison, les règles de syntaxe qui conviennent à te premier fonds préparé par le génie de Ia langue; voilà, pour ainsi dire, la forme universelle du lan gage, qui se retrouve la même dans tous les discouts, maia qui y reçoit néanmoins diverses modifications particulières, lesquelles ne laissent jamais apercevoir cette forme pritnitive sous le même aspect. C’est ainsi que tous les hommes ont uns forme commune à l'espèce entière, et qu'ils se ressemblent tous par cette conformation générale : mais sion compare les individus, quelle variété ! quelle différence! pas un seul ne ressemble à un autre; la forme est toujours la même, toutes les figures sont diffé. rentes, Il en est de même des locutions dans une Îangue : toutes asssujéties à uhe forme générale qui est inaltérable au fond, elles ont, si nous osons le dire, chacune leur physionomie propre, qui résulte de la différence des figures modificatives de la forme commune; ces figures sont comme celles qui caractérisent les individus parmi les hommes; elles annoncent l'âme et la peignent.
Les Égures se divisent en trois espèces : figures de dic= tion, figures d’élocution, figure de stÿle.
Les figures de diction ont pour objet l’euphonie, l'éner. gie et l'harmonie.
1, Figures d'euphonte.
L'euphonie, mot grec formé de si, bien, et de govi, son, voix, est la forme donnée au matériel du discours pour rendre la prononciation facile et agréable. Exemples : mon épée, pour ma épée ; mon ame; au lieu de
ma ame; m'aime-t-il? dira-t-on? prodest, au licu de proest, etc.
Les figures qui ont pour objet l’euphonie, s’occupent des sons élémentaires qui composent les syllahes, et de la manière plus ou moins agréable dont leurs diverses combinaisons dans la phrase peuvent affecter l'oreille.
Les diverses altérations qui arrivent au matériel des mots pour l’enphonie, sont comprises sous le nom générique du métaplasme, mot dérivé de era, trans, rhucou, je forme, je transforme.
Les métaplasmes arrivent 1° par addition au commencement du mot, grenouille de ranuncula; au milieu du mot, relligio pour relisio ; à la fit du mot, amarier pour amari; 2° par soustraction, au commencement du mot, optn pour soprn, fête; au milieu du mot df pour dit; à la fin du mot, dic, duc, fac, pour dice, duce, face ; 3° par changement, en faisant deux syllabes d'une seule diphthongue, syluæ pour silvæ, terrai pour terræ;'en unissant en diphthongue deux voix consécutives qui se pronoucçaient séparément, opyei pour opgei; oft prononcé ainsi pour août; en troublant l’ordre primitif des élémens du mot, avac de veoox; en substituant un élément à la place d’un autre, olli pour illi; en coupañit un mot en deux parties entre lesquelles on intercale un mot, septem subjecta trioni pour subjecta septemtrioni.
En français il y a deux articulations euphoniques, s,t; elles sont destinées par les règles de notre conjugaison à terminer les personnes qui doivent recevoir cette altéraration pour former la liaison des sons. Exemples : soüf-
fre-t-il? parle-t-il? vas-y; donnes-y tes soins; as-en prendre la défense. La lettre euphonique s ne s enrploie point si le mot en est connectif-invariable : va en Ttalie, souffre en patience les caprices de la fortune. Dans cette locution, entre quatre yeux, l’usage le plus comman est d'insérer le s euphonique, pour la prononciation seulement sans l'écrire ; ainsi l'on dit, comme si l’on écri ivait, entre quaire- your:
La connaissance des métaplasmes, peu utile pour la diction, est indispensable pour les étymologies.