‹ Grammaire générale; ou, Philosophie des langues, présentant l'analyse de l'art de parler, considéré dans l'esprit et dans le discours, au moyen des usages comparés des langues hèbraïque, grecque, latine, allemande, anglaise, italienne, espagnole, française et autresChapitre 124 sur 140 · ÉLOCUTION · texte numérisé non relu

ÉLOCUTION

L’élocution est la disposition -artificielle de la diction, ménagée avec goût pour donner à l'oraison de l'énergie, de la noblesse et de l’agrément.

Si l'on prend l’oraison pour une image sensible de la pensée, on peut dire que c’est la syntaxe qui en trace le dessin, que c’est la diction qui en apprète les couleurs, et que l'élocution les distribue avec l'entente convenable.

L’élocution est à la diction ce que le coloris est à la cou-

” Jeur. La diction sert à rendre sensibles les parties que

l'analyse distingue dans la pensée, comme la couleur rend sensibles à la vue les différentes parties du corps; et l'élocation ménage les parties de la diction selon les points de

vue qui doivent éclairer l'esprit ou toucher le cœur,

comme le coloris ménage la distribution des couleurs relativement aux nuances que répand sur les corps la diversité de leurs positions à l'égard de la lumière. Le coloris emploie les couleurs et n’est que de la couleur ; l’élocution emploie la diction et n’est jamais que de la diction : mais il y a de part et d'autre la même différence, celle de la matière et celle de la forme.

Les figures d’élocution dépendent tellement du choix et de la disposition des mots dont on se sert, que la figure disparaît dès qu’on change les termes ou qu’on en dérange l'ordonnance, quoiqu’on ne touche pas au fond de la pensée. , | 1 | | |

L’élocation est la facilité et la fécondité, le discerne-

ment et la sagacité plus ou moins grande de l'imagination dans le discours.

Trois qualités sont nécessaires à l'élocution, savoir la clarté, le coloris et la convenance,

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