DES TEMS ET DES MODES AYEC LES VUES DE LA SYNTAXE
Puisque les modes et les tems expriment les divers rapports du connectif d'identité dans la phrase, ils sont des moyens de syntaxe; mais ces moyens, ainsi que les cas de la déclinaison du nom , sont variables dans les différens langages; l’expression d’un même rapport ne s’énonce pas toujours par les mêmes signes; la conjonction qui marque le rapport des phrases entre elles, renferme souvent une idée accessoire , un point de vue particulier en conséquence duquel une langue ne se sert pas du même cas de mode ou du même mode qu’un autre dans les mêmes circonstances. Il y a des langues où l’on ne se sert point du subjonctif dans les mÊêmes-occurences où d’autres exigent qu’on y ait recours ; il y en a qui emploient le
* mode abstrait ou impersonnel, où d’autres adoptent le
LS
subjonctif; et il peut y en avoir où l’on n’emploie jamais le subjonctif ni le suppositif, sans qu’elles y perdent rien du côté de la clarté, comme les rapports du nom en français se marquent par la place d’une manière aussi claire qu'en latin par les cas.
En effet la plupart des langues modernes ont négligé la déclinaison dans les noms; elles marquent les rapports du sujet et de l’objet de la phrase par une place fixe et les rapports de circonstance par nn connectif invariable posé devant le nom {préposition) ; elles n’ont point établi de distinction positive entré le subjonctif et le suppositif qu’elles confondent dans lusage; d’où il résulte que dans aucun des trois modes elles n’ont de déclinaison complète, Le latin n’a point de suppositif, il y supplée par le syhjonctif ; la déclinaison de son mode nominal est plus complette que celle du grec qui distingue seulement les tems et supplée à l'expression des rapports par un connectif-inyariable adjoint au mode nominal. Il n’y a point de suppositif et de OJAOeEE dans. l’hébreu et dans le suédois.
Puisque les rapports des phrases l’une à l’autre sont déjà suffisamment marqués par les conjonctions comme | les rapports des mots par les prépositions, nous concluons que la déclinaison des modes, ainsi que celle des noms, est peu utile, et qu’il peut y avoir des langues sans déclinaison. Mais il est important de remarquer que l’usage on l'absence de la déclinaison introduit un système différent de construction; c’est ce que nous allons obseryer {par l'analyse des analogies et des disproportions dans l'usage varié que les lisdes font des tems et des modes du connectif d'identité dans les mêmes occurences. Nous prendrons pour objet de nos observations la langue grecque, Ja latine ct la française. Il sera facile de faire l'application des mêmes principes à d’autres langues.