‹ Grammaire générale: ou, Philosophie des langues, présentant l'analyse de lChapitre 21 sur 96 · ALPHABET ANGLAIS · texte numérisé non relu

ALPHABET ANGLAIS

!• Confonnes.

Pigateê, Komsi Prononciation expliquée par le français.

B bi C!bmmé h français ; mais il est muet s'il

est précédé d'un m ou suivi d un f j làmb (agneau), 'debt (dette).

C ci Comme c; ihàis il prend le son de ck

devant les terminaisons qui commencent par e, z, suivi d'une voyelle:

oceaÀj ancient.

D ai Comme d. Il est muet dans quelques

mots entre plusieurs consonnes :

Tiandselj êtrenhe.

C effe Comme /; mais comme p dans le con-

nectif invariable o/, et reprend sa prononciation naturelle dans les composés d'o/l

G dgi 1^ devant a, o^ u, comme g français

dans la même position ; 2^ devant e^ I, Yj comme ag; 8" devant e suivi d'un «, comme gu (get) ; 4® devant un huire g^ tomme deux O^aggét):

4» devant i\ souvent ^oJanme gM (lo give) ; quelquefois guttural, dotix, dg (giles); 6* muet, s'il est suivi dans là bême syllabe de /n ou n : phUgm'^ . gnau

H êtcbe Comme li dur. Muet dané thàrnes\ tîiilti

7%omàsi ihymè.

3 dgé Comme dg.

K ké Comme k. Muet aevant ii: J(no^\

Fiforei. N«nii« Prononclatioii,

L elle Comme /^ mais jamais mouillée. Il est

muet lorsqu'il est im médiatement pré* cédé d'un a et suivi d'un /) k^ m, ca^ tdlk^ balni; dans would^ could, should^ et quelques autres mots.

M emm Gomme m»

N eau Gomme n» Muet 8*ii est précédé d^un m

dûû% la même syllabe : h/mn^ to cort"

P pi Gomme pk Muet devant le s de psalm^

pmlmisty pstâmody.

Q kioU Toujours suivi d'un u et prononcé

tomme dans le mot français quoii quake^ qumch^ queen^ quick, to ^liotei

R ait Gommé n

5 «8S Gënéraleme&t comme s sifflant dans les

inémefe pi9siti«ns ; comme z dans les métees postlioDS » c'est-à-dire entre deux vK^Y^kfSé Voici les irrégularités :

1® comme ^ ^ifflant^ s'il est précédé 4ilittiédiatem«ht de c^fi Ar, p, t^ dans h métne sytt&be (republics) ; ou s'il est Ééfiaré dt ces consonnes par un e Éiuet ihterposé dans lîa ttyème syllabe (grapes); 2^ comme z s'il est précédé immédiatement de toute autre con- 40MM <^flè ieS sus-Mominéesy ou s*il est détaché des consonnes de ce dernier cas par un e muet interposé } de même à la fin des mots ou il «st immédiatement précédé d'un e grave {wisher^Jlies}^ à la terminaison plurielle des noms en €« et des «mAio'' syllabes {pleas^ 4^^ has^ wàsi, 15); ^0 comme ch dae^s les tenamaisôns seate^ seous, sia j âans les terminai-

Figurei. Nom!.

V vi

W doubliou

ex

zedd

Prononeialioo.

sons 510/Ï, surcy précédées d'une consonne ; dans les mots sugar, sure\ et leurs dérivés ; 4® comme g dans les terminaisons sier, sion^ sual^ sure, précédées d'une voyelle; ô"" muet dans isle, island, demesne, viscounU Comme f ; mais l"" muet entre 5 et 2:

castle^ hx)stlei\ et dans ofien^ tosof" ten^ mortgage ; 2* comme s sifflant dans satiety^ satiété; 3* comme ch dans les terminaisons liai, tian^ tiene^ tient y tiouj tions, à moins qu^elles ne soient précédées de s ou de x.

Comme a;.

Comme ou s^il est suivi d'une voyelle ou d'une h muette, wal^r. 11 est nul, et o se prononce ou dans ivAo, whùm, whose, two : il est également nul dans whole, wholly, whotesome^ sword, answer\ de même après r, write^

Comme ^5 il la fi a d'une syllabe; comme gz à la fin d'une syllabe suivie d'une voyelle accentuée : luxuriant, etc.

Comme z. Mais comme j dans les terminaisons zier^ zure^glazier^ azuré.

COKSOMUIS 81ICCE8BIVB8 DANS LÀ IléMB 8TLLABB.

Ch se prononce le plus souvent comme tch, church» Exceptions : 1® comme ch, s'il est précédé de /, n : welch, hrartch, et dans les mots dérivés du français \ 2^ comme k dans les mots et noms propres tirés du grec: Achilles^ dans arch devant une voyelle seulement : archangeL

Gh le plus souvent muet et toujours après un i : might ( pourrait), night ( nuit ) ; comme p dans hiccough ( ho*

quel), et comme/ dans quelques mots: enough ( assez }^ laugh ( rire ), draught (trait, coup ).

Ph ordinairement comme /: philosophy. Comme v dans nephe{p{neytM)^ ;>Aia/ ( fiole ), 5{6/;/ien (Etienne). Mais si ces deux consonnes appartiennent à deux syllabes successives 9 elles ont chacune séparément leur son naturel : shep - herd ( berger ) .

«ScA comme sk: school (école). ^

kSA comme c/i •• ^Aar7ie( honte).

Th a deux prononciations ; l'une douce, l'autre dure. Pour prononcer le th doux, avancez la kngue entre les dents rapprochées; serrez-les contre les dents supérieures^ et en faisant un effort de voix avant de retirer la langue et de serrer les dents, prononcez les mots ihat. Pour prononcer le th dur , disposez les dents et la langue de la même manière, et en expirant fortement la voix avant de retirer la langue et de desserrer les dents, prononcez le mot ihin (mince).

Mais ces deux lettres se prononcent séparément lorsquelles appartiennent à des syllabes successives: goatherd ( gardeur de chèvres).

a» Foyelles.

Les voyelles (a, e, i, o, u, ) conservent ordinairement le son indiqué dans l'alphabet, lorsqu'elles terminent les syllabes; elles se prononcent presque comme en français lorsqu'elles se trouvent au commencement ou au milieu des syllabes.

Cependant Va lient un peu plus de Xe français ; Vo lient un peu de l'a; Tu tient beaucoup de To faible ou de eu dans le mot neuf. Le tableau suivant est destiné à dbtinguer les différentes espèces de sons que ces voyelle» peuvent exprimer ; Tusage apprend les applications et exceptions cpii en sont faites dans la prononciation.

— to —

yonusi «oMiDiaiu nmui.

um iiûNoifailio»

aï ouaï

iCNl

aï

ft

eu

>«"Hn«^M«aHii«aaaa«

Me, netf ère, ber, tnîbe.

Like^ fin^ pîfne, 4irt*

Magiiify,l)eaaty| only.

ft=n«

yonuM ivecBssiTB mt imcmxm Mm pam u «âiai muBB.

PRgNpNÇIiTIpN.

baac, Aaron.

Gaetar, Michael.

A-im; day; complaisant» aisle.

Qaoly extraordinary.

TodanbfUwdry; aunl; laurel ; to gauge.

Ear, |>read, bear.

Flambeau, beauty.

Bee, been.^

Heir, rcceivc.

^eople , leopwrd , geometry,

Géirge. ^'^ Peucé, few.

Dey.

To believe, lo die.

Toast.

Foe, iboe» does.

Boot, door, blood, good.

Pout , conesiry , amour ,

court, tbongbt.

FowK flow, tovn.

Due, virtae«]

Suit, fruit.

ALPRABCr ITALIEN.

Fiiaiw.

Romi.

bt

di

eff

dgi

acca

ell

emm

enn

pi

cou

err

ess

ti

dzêta

I I* Consonnes.

^PrononeiatiOB expliquée par le françtii.

Comme h français.

V devant «, o, u, comme k 5 2* devant e, i, comme tch.

Comme d* Comme Jl

V devant a^ o, m, comme g français dans gai^ gosier \2'' devant e, i, comme dg^ à peu près, dans adjudant^ sans desserrer les dents et en portant Tarticulation des deux consonnes sur la voyelle suivante.

Comme une aspiration à peu près imperceptible à Poreille,

Comme /•

Comme/».

Comme n dans ennemi. '

Comme p. •

Toujours suivi de u et prononcé kou , comme dans quatuor.

Comme r.

Comme s^ observant de l'adoucir en deux voyelles: asia (prononcez a^ia).

Commet dans amitié^ ne pouvant avoir le son de ts devant i suivi d'une voyelle , parce qu'il sç trouve alors remplacé par z: au lieu de intentione^ on écrit généralement inlenzione.

Comme v.

Comme ts : uizio (prononcez W^/o). Quelquefois comme dz: /o ^lo ( prononcez d^zio).

C0N80IIKBS successive DANS Là IfÊMt STLLABC.

Fifnres.

Ch devait toutes les voyelles^ comme k : oche^ occhi (prononcez ôké, okki).

Se lo devante, i\ comme cAdans cherchons ^ scemarej 2<* devant les autres voyelles et les consonnes , comme sk : scacciare, scherzare.

Gh ComxûQ g àtm^- guérite ^ g^uiWe , observant que ^ n'est suivi de h que pour modifier son articulation devant e, i, et lui donner le même son que devant a, o, u:purghi^ leghe.

Gl lo devant i comme // mouillés dans saillie, si à Fî succède immédiatement une autre voyelle et si gli se trouve dans les pronoms et déterminatifs, dans les désinences des noms qui au singulier se terminent en ie, ib, et dans celles des verbes io: eanagUa\ vogUe; gli y eglino, quegli '^ mogli ( pluriel de moglie)^ perigli ( pluriel de periglio\ pigU^ tu prends (de piglio). 2« Hors ces cas, gl^ quoique suivi de ij se prononce ainsi que devant a, o, comme dans les mots français négligence j gladiateur^ glorieux : wegUgenzaj gladiatore^ glorioso*.

Gn Suivi d'une voyelle, comme g^n dans les mots magnijicence^ cocagne^ magnifique^ oignon.

Zz Tantôt Uy pozzo (potso) ; tantôt ds^ rozzo (rodso).

Ce Comme tch dans les mêmes cas que le c, avec cette différence qu'ils rendent longue la voyelle précédente.

?î Co^re^ l Et rendent longue la voyelle

Ss Comme . sifflant ( P'^^cédente,

A Gomme a tantôt bref, tantôt long.

E Gomme e tantôt aigu, tantôt gnyei ftna pouvoir

être muet comme en français* X Gomme i tantôt fort, tantôt doux* O Comme o tantôt fermé, tantôt ouvert Toujours comme ou, tantôt bref, t^tôtlong.

Il serait trop long de développer ici les cas où ces voyelks ont ces nuances de son : c'est Tobjet de la prosodie italienne.

u#0 comme né en faisant succéder rapidement les deux voyelles ^uine forment (ju'une syllabe. Aère (prononcez ae-re ).

Au successivement et rapidement comme àou dans une seule syllabe: uûrora ( prononcez aoiiro-ra^; la, ie, îo, tu, successivement et rapidement^ ia^ îé^ io, iou dans la même syllabe : hajey ciascuno , giostra. Mais si Xi porte faccent tonique , cet accent fe détacbe et en forme tine VOIX réparée : mio'{mUo).

îi forment un î long et s'écrivent à la fin des mots par jj figure du 7 français.

{^ ue^ id^ no successivem^ént et mpidement oua^ H)ué, ouij tmo^i ^m la m^ne isyUabe : 'quanéo , jquesto^ cui^ uomû%

D'après ces tableaux des consonnes et dès voyelles , on voit que les Italiens n ont que IT conso]|nes et 5 voyelles ; en tout 22 lettres élémentaires au moyen desquelles ils peuvent peindre les difierens sons de leur langue parlée. !Dfooë leur «v^As do^né la piVmonciatiôn des Toscans, un peu différente de celle des Romains^ qui^ au lieu de hh ^h diy prononcent ie, ce, etc. Quant aux voyelles', les Ro* mains leur donnent également unç aspiration pl^s fortQ c|ue les Toscans,

La lançm ilafietiM ti*a èone point les lettre) /, h, x^ y,

el faificfiklioii aspirée ph. /est remplacé par gi: giàllo^

gif^fOf giastot jaime, joog, juste, K est suppléé par ci 30

par s o« ff# ; y paf { ; pA par /. Ainsi les Iialiens écrivent

• Alessandro^ kX^Wïiàxe^filosQfQ^ philosophe.

ALPHIBET ESÎÀGKOIi.

WigÈtH. |7oms« Prononciation expliqués par le françaii.

B bé Comme l français , avec une articula-

tion très-r approchée du v: ainsi, caballo , escribir , se prononcent presque cai^alloj escrwir.

C ce 1 devant a , o , u , comme h. 2® devant

e^ i\ comme c dans cécité y avec un léger grasseyement. Dans le premier cas, il ne peut s*adoucir comme le français dans effaça^ façon ^ car ce signe est remplacé par j^. D dé Comme d.

F ef Comme/:

G gue 1^ devanl a,OyU, lyr^et devant e , 1,

précédé de u, se prononcé comme gf français devant gai^ gosier j guttu»

rai ^ guérite y guider à moins que dans ce dernier cas Vu ne soit surmonté d^un tréma ou deux points pour le détacher à\xg^ comme dans s^erguenza (prononcez verguenza).

2^ SHl est immédiatement suivi de e , i y il prend le son de jota.

H ha Comme h dans harmonie sans jamais

reprësenler l'aspiration forte.

J jota Cette articulation est une aspiration

forte de même organe que le ch allemand. Pour le prononcer, desserre^K tes depls, placer la langue coiitre

Flgorei. faon».

el

emm

enn

pé

quou

R er S es

té

V vé X equis

zéd

f rononcUtion eipliqitéfl par le françaii. •

les dents inférieures , expire^ forte* ment l'articulation gutturale et prononcez le mot jurgina , sorcière.

Gomme /• Comme m.

Comme n dans ennemi.

Comme p.

Toujours suivi de u, et prononcé 10 cou devant a, o, et devant e , i, si dans ce dernier cas ïu est surmonté de la diérèse ou tréma ; 2** -k devant e, /, si Yu ne porte point de diérèse : Adquisito^ conquista (prononcez adcouisito , conkislo).

Comme r.

Toujours comme s dans sensation. Au

commencement des mots, s^il est

suivi d'un c , il se supprime, et, s'il

est suivi d'une autre consonne , il

reçoit un e devant lui sciencia^

science; estudio (studium)» étude.

Gomme t dans latitude^ sans jamais

recevoir le son de s dans les cas où

le t français prend ce son ; car alors

en espagnol il se remplace par c :

sehsacion , sensation*

Comme i^*

P Devant une voyelle^ comme jota ou ch allemand : exemplo , exercitar^ 2^ devant une consonne ou à la fin d'un mot ou devant une voyelle surmontée d'un accent circonflexe , comme es ou x français : extremo , carcaXf examinar. Il est, en bien des occasions, remplacé par le double ccj comme z dans zizanie»

Comme z dans zizanie.

COMSONNM SUCCIS8ITBS.

Figura.

ce

GH

double céha

LL double 1

N Dcontilde

RR double r

Prononciation expliquée par le français.

Comme es ou x français: diccionario.

Devant toutes les voyelles, comme tch, ou c italien devant e, i: chticheria , excepté dans quelques mots tirés d*une langue étrangère : chimera , prononcé quimera$ christo prononce cristo»

Comme //mouillés français, ou comme gli en italien.

Comme gn français et gn italien, dans magnanime^ magnànimo.

Comme r , et. rend grave la voyelle précédente. .

»• FoyeU<s,

aspire

Comme a français, tantôt bref, tantôt ' long, suivant sa position.

Comme é tantôt aigu, tantôt grave, sans jamais être muet.

Comme i, tantôt bref, tantôt long.

Ce signe est un i aspiré correspondant au j français, ou h presque imperceptible à Toreille \ il a le son de l't précédé d'une aspiration très-douce: lunto^ joint; y ayi^fta, jujube 5 j^o, je; ya, déjà ; j'ace/ife, gisant; j^er/io, gendre ; yerba , herbe ; jelmo , heaume ; yerro ou mieux hierro^ erreur, etc.

Comme o, tantôt fermé, tantôt ouvert.

Comme ou^ tantôt sourd, tantôt plus sonore.

Cette voyelle, prëcédëe de g^ q^ et sui- Tiè de à) d| conserve le son de ou, et avec a, o, se'prononce g^oi^a, coua.

Maià ai, étant prëcédéé de g-, ^, elle est àilivie de e, i^ elle ne fait que Inodifier Tarticulation deis cdn^bnbeà, et leur donne le même son que dans leà mots français guérite ^ guide, question^ inquisition^ c'est tommë ën.italien gh^ ch^ devant e, i'y ^gûèro, conquista. Pour lui rendre lé àon guttural de ou, en le éurihtifaté de la diérèse ou deux points :

h)ergûenza^ aaquisiià. Dihé Icà syllabes gàa^ guo^ qua^ quOj Vu n'a pas besoin de diérèse, parce que s'il est supprimé, le gf ou ^ placé devant a, o, n'est pas susceptible de deux sôhà toàniâe devant e, i. Si donc lu devient nul dans la prononciation après gr, il se supprime; mab s'il reçoit cette nullité après q, cette consonne se Remplace par c*

VOTËLLSS SUCfCESSiIrBi*

Led voyéltés sliccessi ves ià y ië , lo, ua^ ue et ni , dans la méûîe syllabe^ se proûoncent rapidement avec la voix propre à bbàcUne : elles ne présentent aucune irrégularité.

Enréâumabt ces explications de Talphabet, on voit : l"" que la langue espagnole a t8 consonnes, 6 voyelles, en tout 23 lettres élén^entaires au moyen desquelles elle peut décomposer les paroles du langage oral dont elle forme la description ; 2^ qu'elle n^a point les consonnes A, ph^ de la langue française, et qu elle les remplace, par c,yi

A fontes ces lelires nous avons donné lorlhograplië et la prononciation du dialecte castillan, adopté par TAcadémié espagnole comme Ife plus parfait de ceux que parlent leà peuples de TEspagiiè.

i' ORTHOGRAPHE.

L'ortographe est la manière vraie et correcte de représenter aux yeux la langue parlée par les caractères figurée de la langue écrite. Ce mot est grec : opOoypacpitt vleiit de opOoci réctus, et de Ypa?«*'> scribo j sa valeur étymologique est donc peinture^ ou représentation régulière.

L*orthographe est l'usage que récriture fait dés caractères élémentaires de Talphabet (1) dans les diÛPérentes combinaisoiis qui forment les syllabes artificielles, expressions (des syllabes naturelles. La prononciation est Tusaigè que là parole fait des articulations, des voix avec la durée èï lé ton dans les différentes combinaisons qui forment les syllabes naturelles, expressions des idées, élémeiis db là pensée.

L'orthographe est donc la peinture de la prononciation', comme U prononciation est la représentation de la décomposition de la pensée ; lorthographe est à la langue écrite ce que la prononciation esta la langue parlée.Âinsv rbrthographe a dû toujours suivre et a réellement suivi, tant qu'on a pu, la prononciation, quoique souvent par des moyens très-maladroits.

Car tantôt un caractère manque, et on en réunit plusieurs pour exprimer une seule articulation; tantôt fe même caractère a successivement plusieurs valeurs. Quelquefois une voix ou une articulation n^a point de signes; d'autres fois on peut les rendre de cinq ou six façons différentes. Souvent la voix est sous-entenaué, et on înei db

i(i)Mot dérivé du nom des deux premiers éaractèred tfe b M^^ grecque; alpha et bém^

suite plmicurs consonnes, en se persuadant quelles appar* liennent à la même syllabe : souvent aussi, c'est l'articulation qu'on néglige, et deux ou trois syllabes voyelles qui se suivent forment ce qu'on appelle des diplitfaongues et des iripthonguGs, qui ne sont autre chose que des syllabes ou des sons differens confondus ensemble. De là il arrire qu'on ne connaît point lee syllabes rénllesj et que celles qu'on distingue sont presque toutes arbitraires et conven* tionnelles. Presque toujoui'S les modifications du ton sont confondues avec celles de la durée ou de la Tois ; et presque jamais elles ne sont marquées régulièrement non plus que celles de la durée.

En un mot, nos alphabets, vu leurs défectuosités et le mauvais usage que nous eu faisons, c'est-à-dire nos vicieuses orthographes, méritent encore à peine le nom dVcriture. Ce ne sont réellement que de maladroites tachygraphies qui figurent tant bien que mal ce qu'il y a de plus frappant dans le discours, et en laissent la plus grande partie à deviner, quoique souvent elles multiplient les signes sans ulililé comme sans motif.

En effet, par le détail que nous avons présenté des alphabets, on voit que les huit langues comparées parviennent à décrire plus ou moins nettement les 23 articulations et les 33 voix du son figurées par l'alphabet français ; que par un plus ou moins grand nombre de lettres élémentaires et par leurs combinaisons diverses elles peuvent noter plus ou moins bien les 23 consonnes et les 23 voyelles qui forment les élémens nécessaires des signes artificiels de notre Ungue écrite; et qu^enfin les mêmes . lettres n'ont pas toujours la même prononciation dans tes différentes langues parlées.

Or, cette diversité de prononciation vient de la diversité des climats, qui exerce une influence nécessaire sur l'organe vocal et le rend ononcer certaines articulations i ies Allemands ne peuvent pas krticuler nos // mouillés j ils di: au lieu de fiUe. Ces U mouilléi pronon*

cer pour les personnes nées à Paris ; elles les changent lui un mouillé faible et disent Fersayes pour Fersailles^ bouyon pour bouillon^ à peu près comme les Allemands prononcent le g entre deux voyelles dont la subséquente est un e ou t. Cependant , ces derniers émettent par g suivi de l une articuhation très - approchante de nos // mouillés et g^/. italien, et disent bien moglich (possible), comme nous disons meilleur. Ils ont dpnc aussi Tarticulation nasale mouillée. L'espagnole est la seule des huit langues qui commence par des // mouillés^ si Ton excepte Titalien pour le pronom gli. Les Hébreux et les Grecs n'avaient point celte articulation, ni le son nasal fort de gn français et italien, ou n espagnol. Les Hébreux avaient le ch qu'ils appelaient schin^ comme les Français ont le sch ou c/i, les Allemands le schy les Italiens le 5C. Il y a, dit-on, des peuples en Amérique qui ne peuvent prononcer hs lettres labiales b, p^f^ tn. Les Allemands, qui aiment les aspirations, donnent ordinairement au &, d, le son fort de p, t, et écrivent souvent ces dernières lettres pour les premières; ils font du i;, qu'ils appellent ^aou, une articulation plus forte que le /*, qui est la plus forte du v français.

Les Italiens, qui aiment les sons doux et coulans^ rcjètent le x et substituent 5, 55, ce, articulations moins rudes, comme dans les mots Alessandro, cccellenle; le seul mot XantOy fleuve du Xante^ est excepté pour le distinguer de santo, saint. Quelquefois la langue françaises, sans rien changer à Técrilure, imite dans la prononciation cette manière d'adoucir le son âpre du x et le prononce comme qz dans examen ^ exercice; comme ss dans soixante^ Bruxelles^ jiuxerre; comme z dans deuxième y sixième. De même elle adoucit le s entre deux voyelles et le prononce z : raison, vision. Les Espagnols, qui ont pour méthode d'écrire les paroles du son comme ils les prononcent, n'ont que très-peu de ces irrégularités dans leur écriture. Ils aspirent ordinairement le b et lui donnent à peu près le son du Vj qui est un b faiblement aspiré.

L'Académie française a donné aux lettres prises isolé-

ment une prononciation plus conforme aux sons Tocauk ; c'est de suppléer après la consonne Te muet, qui est la Toix naturelle à toute urticulaiion qui n'en a point d*aùtt*& exprimée. En conséquence, 6, c, rf, /, m, n, doivent sfe prononcer be^ ce, de^ fe, me, /le, etc. j aU lieu dé ôe', céf dé, effe, emme^ enne, que la routine avait conservés. S'il est vrai, comme nous Tarons dit, que la voix suit naturel-^ lement la consonne comme sa continuation ou consé-*quence, il est évident qu'elle doit être suppléée après lacdkisonne et jamais devant elle, et qûé c'est Une erreur dé prononcer essù comme enne, etc.

De tels rapprochemens et d'autres semblables que Toti peut faire, sont fort utiles pour rendre raison des change^ mens arrivés à certains tnot^ qui ont passé d'une langue d^ns une autres

Il est donc démontré que la diversité des lieux habités par les peuples introduit tiécessairement de la diversité dans leurs langues parlées, et que la différence des sdtiâ vocaux fait naitre la différence d'écritui'e de leurs alphabets.

C'est encore le caractère des sons vocaux représenter par les lettres qui détermine les circonstances de la combi* naison de ces lettres pour former les mots de la langue écrite. En effet, chaque nasale a sa correspondante orale faible ou forte avec laquelle elle peut se lier ; m se lie naturellement avec i, p, comme dans imbibé, impitoyable 5 n se lie facilement avec d ou ty comme dans Ândroma(lué^ antre. Celte attraction présente une singularité remarquable, c'est que m ne peut se lier qu'avec b et p, tandis que n se lie bien avec toutes les autres consonnes, excepté Ô et p. De plus, cette attraction ne s'exerce que dans une suecession où ta nasale précède et l'orale suive * car si l'orale précède, la nasale exige qu'elle se change en lettre dé ntéme organe : ambition, empire*, annexer pont àdnexèfi annoncer pour adnoncer.

Les consonties^ orales, comme nous venons de le dire, sont faibles ou fortes, douces ou rudes, suivant la nature des arliculattoits qu'elles représentent. Elles sôût ainsi plus

tDU moini lianteS) plbs ou moins dociles à se succéder ^ les unes se suivent coulamment et avec aisance, les autres se froissent et se brisent dans leur choc. Si une faiblic vient à être suivie d'une forte, les organes^ prenant la disposition l*equise pour articuler celte lettre forte, donnent le son fort à la faible tjuifprécède, en sorte qUe celle qui doit être pro*noncêe là dernière^ change celle qui est devant^ en letlra de même organe \ la forte change la faible en forte, et la ^ible fiiit que la forte devient faible. G est ainsi que le b de stribo se change en p dans scripsi, scHpium \ et quoique tious écrivions abèent^ absolu^ nous prononçons €ipsentj apsolu. Le / est facile après le r, let le r est pénible après le /. Deux labiales ne peuvent s'allier ensemble^ non plus l^ue deuî dentales , dont Tune est la faible de l'autre ; le ^à^sage d'une labiale à une dentale est facile du faible au faible, comme dans abdiquer'^ du fort au fort dans apce- Vxde\ du faible au fort, dans obtenir ^^ et très-pénible du faible* au fort^ dans cap de Bonne^Espérance, que l'on est obligé de prononcer cab de Bonne^Espérance. Nous ëprouvons de la difficulté à prononcer le x après le si^ et réciproquement, cbmme Quintilien Ta remarqué dans ces mots : virtus xercis^ arx studiorum.

L'imperfection des signes conventionnels qui ne peignent ]pas exactement les articulations et les voix, a fait imaginet les différens caractères d'expression dont les uns modifient la prononciation, d'autres combinent les signes, soit pour l'euphonie, soit pour l'idée, et les autres décomposent des syllabes conventionnelles.

Les oaraclères de prononciation sont 1® la cédille (') partie inférieure du sigma final (c), qui se place en français devant a^ o, wi^ façade^ Jaçouy reçu^ 2^ l'esprit doux (') et l'esprit rude (') qui remplaçaient dans le grec de véritables aspirations gutturales simples, et dont le dernier s'écrit dans nos orthographes par le h: ^poç, héros ^ mais sans se prononcer dans tous les mols^ honor^ honneur^ comme le faisaient les Romains; Z"^ les points- voyelles avec diverses fijures^ lesqueb sont dans l'hébreu des points

mis aa-dessous des consonnes , et destinés à écrire les voyelles.

Les caractères de combinaison sont.: lo Tapostrophe Q, virgule élevée au-dessus de la place d'une voyelle finale qui se trouve élidée, soit pour Teuphonie devant ia voyelle initiale du mot suivant: T amitié^ t honneur, iilarrwe, soit pour l'idée devant un mot suivant auquel le premier s'intercale^ granàHmère, grandUchose^ grancCcIière ; 2» le tiret ou trait (-) qui unit deux mots, expression d'une seule idée, avant-coureur^ arc-boutantj ou qui sépare deux mois, expression d'idées différentes, viens* tu? Irai-je dans ce lieu'ci? pa'^t'^n dans ce lieu^là.

Les caractères de division développent une syllabe en deux autres*, ce sont 1<» le tréma ( •• ) qui figure laspiration faible au milieu ou à la fin des mots pour empêcher que deux syllabes écrites par les mêmes caractères ne soient prononcées delà même manière, ciguë, comme Jigue\je haïs autrefois, comme je hais maintenant ^ 2^ la diérèse ( •* )dont les poètes grecs et latins se servaient pour diviser en deux une syllabe qui était une dans la prose ; comme «t^e pour «i^e, syluœ pour sylyœ, soluëndum pour sol\^enddm.

La langue française est la seule des huit langues comparées qui fasse usage de la cédille. Elle écrit les esprits grecs par le h faible et fort. Elle se sert de l'apostrophe pour supprimer la voyelle finale des déterminatifs et des pronoms placés devant une autre voyelle, donne-men pour donne me en, lame pour lu ame, Ihomme pour le homme. Le déterminatif ma devant les noms féminins, au lieu de perdre sa finale, se change en la forme du masculin : on dit , mon ame, mon amitié, pour ma ame, ma amitié, ou pour m'ame , ni amitié. Elle se sert du firet et du tréma dans les cas déterminés par les règles précédentes.

L'hébreu n'ayant point séparé les voix des articulations, et par conséquent n'ayant point de caractères propres aux voyelles, ne peut faire aucun usage de nos signes d'orthographe. Lrs caractères que certains grammairiens ont placés au-dessus ou au-dessous des lettres hébraïques servent

à exprimer les voix, le ton, la ponctuation, et non à modifier ces voyelles, puisqu'elles ne sont pas écrites.

Le grec ne connaît ni la cédille, ni le tiait, ni le tréma. Il se sert de l'apostrophe en prose, et surtout en poésie, pour éviter la rencontre désagréable de deux voyelles dont les sons ne peuvent se succéder d'une manière convenable à l'euphonie. Ainsi, il écrit «ir' cfAou pour amt^w, de moi, a;p* f)[iiov pour oLTco ^{Mov. Dans ce dernier cas, ^ est changé en. ff, parce que la voyelle suivante porte l'aspiration nide.

La langue latine ne se sert ni de la cédille, ni de Tapostrophc, ni du trait, ni du tréma. Nous avons déterminé Tusage qu elle t<iit de la diérèse.

La langue allemande n*emploie dans son orthographe que Yapostrophe et le tiret. Elle se sert de l'apostrophe pour supprimer non seulement la voyelle finale, mais même la Toyale initiale du mot suivant : er spracKs^ il le dit, pour er sprach es. Elle donne au tiret une double forme pour le distinguer du trait, et s'en sert 1^ pour lier un modi* ficatif avec un nom propre, un mot étranger avec un mot allemand , ou un mot étranger avec un autre mot étranger, lorsque ces mots expriment une même idée, comme gross^pohlen^ la grande Pologne ; pnVaf* lektion , leçon particulière ; justiz-collegium , collège de justice; 2o pour marquer après un mot qui entre en décomposition, l'ellypseda mot radical ou principal, lorsque celui-ci se trouve déjà réuni avec un autre mot sui-* vanty et qu'il forme successivement deux composés qui désignent deux idées parallèles, comme ober-und untergC" weht\ hautes et basses armes; die border^und hinterftisse^ les pieds de devant et de derrière. Hors ces deux cas, les mois composés ne. doivent point être séparés; on doit donc écrire derabenstern, l'étoile du soir, et jamais aie/ufstern. Si Ton rencontre ailleurs le trait d'union ou de division, c'est à la fin des lignes^ lorsque le mot n'étant pas fini, on veut indiquer par ce signe que la suite se trouve au commencement de la ligne suivante. Tel est l'usage qu'on en fait, même dans les autres langues.

La JangQd allemande se sert aussi du Irait pour séparer les difTérens sens des phrases, ou pour marquer les changemens d'interlocuteurs, et par conséquent remplacer les expressions ditM^ répondit-il. Dans Fun et l'autre cas, ce n*est plus un signe d'orthographe, c'est un signe de pone^ tuation. Les autres langues modernes ont également ce trait de ponctuation, et l'écriture l'allonge pour le distin* guer du trait d'orthographe proprement nommé tirei.

L'espèce de tréma qu'emploie l'allemand sert, non à diviser les syllabes, mais à modifier la voix, au lieu du petit e qui se place ordinairement au-dessus des voyelles : ainsi,

on écrit trâge pour îrage^ shçn pour shor^j gfunen pouf^

grunetii

JLa lai^gue apglaiae fait usage de lapostroph^i ppur mp^ primer une voyelle et même une consonpe, ^pit ^u com* mencament, soit au milieu^ soit à la fin des mots Ve pour mrcj o^er pour oy^er^ hd pour haue. Elle ne connaît niTa cédille^ ni la diéràse. Le trait lui ren4 le même service que dans les autres langues qui l'admettent.

La langue italienne se sert de l'apostrophe pour mar« quer 1 elision des voyelles e, i, à la fin ou qu commence» ment de certains roots. Ces voyelles ne se suppriment dans les mots terminés en ce, ci, gcy gi, que devant les mots qui commencent par e^ i; autrement les oopsonn^s c, g^ liées aux voyelles a, o, i/, changeraient nécessairement d'articulation. Ainsi, Ton ne peut écrire ni prononcer dolc* ardore, faS ardenti, piagg^ àpriche^ san^ modifier Tofgane propre des consonnes c, g. Par la même raisQp> le déterpiinatif g/r ne peut perdre sa finale que dans le cas eu le mot suivant commence par un i voyelle de méiHe or^ gane, gV impetj pour gli imperj pour gli imperf. On dirm donc gli amoriy degli amorij etc. Mais les déterminatib àdlo\ alla^ dalloy avec leùïs autres formes, peuvent per* dre leur voyelle finale devant to^le espèce de voyelles ini-s lialesdes mots suivants. C'est une élégance d'élider la finale du délerroinalif féminin /a, comme rinnoceme donzeUa^ pour la innocente dxmzella , [enfante famigUa pour h

mvan^a fiWiigUa.^ Gepetidaiit^ si râisbn rendait obscur ou équivoque le rapport du nom, elle ne se pratiquerait pas. Ainsi, il faudra dire pour la netteté de la diclion : la irmocente soffra per voi, au Heu de F innocente^ eto.^ Pin- Tiocenie sciure pour vous. Sous celte forme il se confondrait aTec le masculin lo qui s'élide toujours, et l'on ne saurait si Ton parle d'une femme ou d'un ^omme. Les Toyelles accentuées ne peuvent pas être élidées, parce que toute voyelle accentuée suppose déjà un retranchement fait. Le mot che et ses composés benchè^ percha^ etc., sont exceptés, parce que cet accent ne se trouva sur Ye final que pour marquer la place de IViocent tonique.

Si , au lieu d'élider la dernière voyelle d'un mot , on élide la première du mot suivant, Fapostrophc sç place au eommenceïQent du second mot ; mais cette élisîon ne peut avoir lieu que dans le cas où le mot précédent se termine par une voyelle : ainsi, l'on écrit et l'on prononce, tmo'l^ mondo, hassonfèmo, pour tutia il mondo^ ha^so injerno,, C^te élision est très-favorable à l'harmonie.

Les poètes et les orateurs italiens pratiquent à ta fin des

mots des élisions de syllabes entières que l^s graniinainens

appellent r^tranchememyet qu'ils n'indiqupnt p?is (qvijours

par l'apostrophe. Ainsi, dans tpvis Içs mots terminés t\i e,

o, précédés de Z, m, /i, r, on peut ret|•^nçhe¥; Ig vpye||p

finale et écrire i^uol^ siam^ pour vuale^ siamo> sq^y gmn^

quel, bely pour santOj grande^ qu^llo^ bellQ. Ces retpan^

ehements n'ont pas lieu si le mot suivant po^pme^ce par

un s suivi d'une consonne •, on doit toujours écrire, j^wo

stupore^ uorna stupido. Il se fait des retranchpmpnâ plus

considérables que Ton note p^r l'apostrophe, tels que bel

ou be pour begliy quel ou que pour quegliy ^o pour v^or

gliy m^ pour mezzo ou meglioy e pour eglh 9«^* Rfl^^

quali^ té pour tieni, re pour rege^ et plusieurs î^Rtrcs que

l'usage fait connaître. Quelquefois ces retrancijiempp^ i)e

sont pas marqués de l'apostrophe, con^rne ^marp») ^war<?>

awar, pour amarono ; poteron^ poieroj poler^ pour po-

terono ; dan pour danno ; stan pour Hanno* Il n y a

d'autre^ règles pour déterminer Us circonstances de ces

retranchemens, que l'euphonie et le rhyihtnê de la phrase oratoire ou poétique.

Si les mots en italien s'altèrent par des élisions et des retranchemens , ils reçoivent en revanche des accroissemens, soit dans leurs premières^ syllabes soit dans leurs finales. Ces accroîssemens sont nécessités par Teuphonie qui ne souffre pas ordinairement que plus de deux consonnes se succèdent immédiatement dans la phrase, sans être di*visées par Tintervention de quelque voyelle : ainsi, au lieu de con studio , avec étude ] per sdegno, par dédain, on écrit con istudio^ per isdegno. Cependant^ il y a beaucoup de circonstance où cette augmentation produirait une mauvaise consonnance; et Ion dit mieux Tarte delben scrwere que Tarte del bene scribere. Il faut du ^discerne* meut et de l'oreille pour pratiquer cette règle avec suc« ces.

On ajoute un d aux connectifs a, e, o, lorsqu'ils sont suivis d'une voyelle, et Ton écrit arf, à; ed, et; orf, ou.

Les Italiens n'emploient ni la cédille, ni le tréma, qui sont inutiles dans leur système d'écriture.

La langue espagnole ne fait usage ni de la cédille ni de Tapostrophe. Elle se sert du tréma sur u après ^et"^, pour lè détacher de ces consonnes et lui donner sa voix naturelle : ou 9 questor^ question.

Les Espagnols , pour donner au n le son gn français et italien, posent sur cette consonne une espèce de s renversé qu'ils appellent ^7£3?e^ c'est-à-dire titrer et ils écrivent moniana^ montagne; £'5pana, Espagne. Ce signe d'articulation remplace le double n dont ils se servaient anciennement ; car ils écrivaient montanna^ Espanna.Ce signe a donc une destination bien différente du caractère d'abréviation que nous employons pour indiquer la suppression de quelque lettre dans le corps d'un mot ; en effet, lorsque nous écrivons cornent^ conaître, nous surmontons la syllabe mutilée du signe abréviatif, non pour modifier l'articulation^ mais pour marquer le retranchement d'une lettre.

Des observations précédentes il résulte.quenous n'avons pas une peinturé fidèle de la parole, et que nous n'en pos-

sëdons qu'un croquis informe , ou il est difficile et même impossible de la reconnaître. En effet, beaucoup dcTues de nos orthographes sont tout à fait contraires à Tétymologie, au lieu de la conserver* Quoi qu'il en soit de ses défectuosités , elle est moins sujète que la voix à subir des changemens de forme ; elle devient par là même dépositaire et témoin de Pancienne prononciation des mots^ et elle facilite la connaissance des étymologies, qui n'est pas. sans mérite ni sans utilité. Cest aux étymologistes qu'il appartient de puiser des principes dans l'histoire même de rorlhographe, et non d'en entretenir les défauts: les Italiens, qui ont banni le ph de la leur» n'en sont pas moins des étymologistes. Il est donc évident que l'histoire des changemens successifs que l'orthographe a éprouvés , donne les lumières les plus sûres et les plus curieuses sur Tétymologic de certains mots, et que l'écriture représentera fidèlement la prononciation et de manière à ne pouvoir s'y. tromper, et pluselle suivra de près ses moindres altérations, plus l'histoire de l'orthographe sera instructive, non seulement sur Torigine des mots, mais sur la manière dont le génie de chaque langue tend à les modifier par Tusage.

Uorthographe est la dépositaire des usages de chaque langue, le répertoire des formes qui constatent la prononciation d'une langue* C'est donc dans Torthographe que l'on dislingue par la prononciation une langue parlée d'une autre langue parlée. En effet, une langue est la totalité des usages propres à une nation pour exprimer les pensées par la voix. C'est la notion la plus précise et la plus vraie que l'on puisse donner des langues^ parce que l'usage seul en est le législateur naturel, nécessaire et exclusif.

Le traité dogmatique de l'ortho graphe peut se diviser en* deux parties: la lexicographie^ dont l'office est de fixer les caractères élémentaires et prosodiques qui doivent représenter les mots considérés dans leur état primitif et avant qu'ils entrent dans l'ensemble de l'élocution ^ et la logographie^ dont TofEce ea de déterminer les caractères élémentaires qui doivent marquer les relations des mots dans l'ensemble de renonciation de la pensée.

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