SU ••.S
En réunissant 1rs signes nécessaires et les signes utiles du discours d après leur nature et leurs fonctions détermî* nées par le nombre de nos facuttés intellectuelles éléinen*> taires selon les espèces de nos idéi s, nous en formons la classification suivante qui les distribue en trois espèces générales : 1"* le substantifs qui nomme les êtres; 2* V attributifs qui exprime les déterminations et les modifications; 3® le co»/2<îc£j^ qui exprime le rapport. Chacune de ces espèces générales se divise en espèces particulières qui elles-mêmes se sous-divisent en espèces subordonnées et singulières.
Système figuré de Vuiage des espèces de mots.
Subftantir.
AUribatif.
Nom.
Pronom.
Délerminatir.
Modificatir.
Submodatir.
Hommo, roi, Ulysse.
Jo, lu, il, mol, diacani persooMi le mien.
Le, cet, plosieors, la plupart des.
Sage, Torloeux, aimant, estimé.
Peu, très, toujours, amicalement.
GonneeUr.
Variable ou I Pensée, d'identité, ildée.
Je suis, j*ai ; j'agis, Je marchais»
« Je conduirai.
Eire, avoir; agir,marchant, ayant conduit.
inTariable on | de parallélisme. Et, ou, ni, mais.
de circonstance ' de subordlnatian. A, par, de, pour, afin que , do ce
que, pour que.
La classification suivante offre, à notre avis, les mots dans un ordre plus conforme à leur déduction dans le discours. C'est celle des Hébreux et des Grecs, avec la différence qu'ils placent le mot verbe où nous plaçons Vattributif. On pourra choisir.
ÎtpéciBqae (eommuD].
nom
pronom
penonnel.
répélillf on délerminalif.
conneclif yariable d'ideniilé ou d^ezis*
tn I / complel ou Yerbe } *;?f«- ,.
g ^ I I modificatii actionnel on Terbal (parti
AUribatif
cipe).
modificalif
J principal (adjeclif).
incomplet
I secondaire (adTorbe).
délerminalif on définitif (article).
Conneclif
(de de
de mot! (proposition), phrase (conjonction).
Le substanlifesl l'espèce de mol quî représente les êtres, genres, espèces, individus, comme principes de modiBca^ lions ou termes de rapports.
y attributif est Tespèce de mot qui représenle les déterminations, modifications et actions des êtres, comme moyens de nous les faire connaître et distinguer les uns des autres par la diflérencc des sensations qu'ils nous en donnent.
Le connecti/esi l'espèce de mot qui représente les idées de rapports entre les êtres comme des déterminations communes qui les lient entre eux, et nous les font connaître les uns par les autres.
Le substantif est nom ou pronom.
Il est nom quand sa forme représente une idée déjà. revêtue de modifications générales, qui le rapprochent plus ou moins de findividualilé sensationnelle. Le délerminalif qu on lui donne dans la phrase ne tend qu'à le rapprocher de ce degré d'individualité, ou qu'à rapprocher son idée des sensations. Exemples : L'hommo sage^ ces hommes sagesy cet homme sage^ mentor.
'Le substantif est simplement /?ro/iom, quand sa forme ne représente Tidée de l'être que dépouillée de toute tuo-
dificalioD^ et ne signifie que sa relation avec Pacte de la parole et son rapport grammatical avec la phrase. Exemple : il est sage^ je le vois» tu lui diras •
Les objets de nos idées sont la nature rapportée à fhomme, et Thomme avec la nature rapportés à Dieu leur su* blime auteur. Par conséquent, le substantif nomme par leur caractère spécifique^ la nature, Thomme et la divinité. Les productions de la nature sont l'animal , le végétal, le minéral ; celles que findustrie humaine fait sortir de ces trois règnes par le travail et la combinaison, sont^ par exemple, une maison^ un vttissmui^ un télescope* Ges deux espèces de productions forment les êtres phy&îques naturels et artificiels où industriels. W^ A donc des noms d'élres physiques artificiels. L'homme, considéré dans ses rapports avec la nature et avec l'être suprême, se divise en quelque sorte en être physique^ moral ^ ci\>il^ intellectuel ;\\ y a donc les noms de Xétre humain^ de Xêtre moral, de Vêtre civil et de Yétre intetlectuelj çiési|[ftés en grec et ea iatin par les substantifs «yOpuncoK, home ; «vif^f , vir^ itoXittk^ civis^ vouç, ingenium. L'homme], par sa facidté de penser, peul coD^dérer les attributs de la nature , les siens propres et oeux qu'il se figure exister en Dieu, iadépendammenl des substances auxquelles il les rapporte, et les transformer en substances abstraites ^ cette considération demie naissance aux noms de substances abstraites. C'est ainsi que des attributs voler ^ être blanc, être modéré ^ nous formons les substantifs voly blancheur, modérttiâon^ ou es termes plus généraux, mouvement, couleur, vertu»
Ces diverses substances peuvent encore se diviser en genres, espèces et individus. Parmi tes êtres de la nature,^ naima/estun genre^ ehêvmlxxne espèce, Bacéphale un individu ; parmi les êtres artificiels , édifice est un genre , palais une espèce, f^ûtican un individu; parmi les êtres. abstraits, mousfement est un genre, vol une espèce, telle ou rMe êo/le de 'ml un individu. L'idée que représente le nom est donc générale , particoHère , individuelle ; H y a éotkt des «Mis génériques, spécifiques, individuels ou
proprés» Mais ces idées sont plus ou moins composëési plus an moins générales, suivant le point de vue général Q$k particulier de la pensée; chenal y par exemple, est une espèce par rapport à animal, et il est un genre par rapport à €h0^»al arabe* De même , les noms individuels devtenjieiit spécifiques^ s'ils sont rendus communs à ptusieors individus semblables sous quelques considérations parlicu^lières. Cest ainsi que Martial a dit :
Rat Mecœaates, bob deemst, Flaeee, HaroBes.
« Qu'il y ait des Mécènes^ et tous verre^^ Horace, qu'il ce naîtra des Yirgiles.»
Il est évident que les différentes sortes de noms que nous venons d'analyser, désignent les objets de nos pensées par le caractère spécifique de leur nature.
Mais il y a une autre espèce de noms qui désignent les êtres, non par Tidée de leur nature , mais par leur rapport avec la production de la pensée par la parole. Ainsi, trois individus qui se rencontrent, peuvent sans se connaître^ c est-à-dire^ sans savoir le nom propre de leur nature, s'interroger et se répondre en désignant leur individu respectif par le rôlcy le personnage ou la personne (1) qu'il joue dans le discours. Ils 'se nomment donc par trois personnes différentes *, celle qui porte la parole , celle à qui s'adresse la parole, celle que la parole concerne 5 ou^ en termes plus généraux , la personne principe de la parole, la personne objet de la parole, la personne sujet de la parole; ou, en termes, numératifs et simplement indicatifs d'ordre, la première, la seconde, la troisième personne;
(1) Le mot personne vient du laUn persona , le masque , dont les acteurs se couvraient le visage sur le théâtre, et signifie par extension, auteur, personnage^ rôle. Ainsi, être la première, la seconde oa la troisième personne, c'est pour le premier, le second ou le troisitat rèto dans le diseaurs. Voilà pourquoi aa ee seas le mot personne se dit ^aleowMrt des bomaies etdes cb^scis, des ètr^ animés et des i\i9$ inanimés*
et revêtus de ces caractères moraux, c'est-à-dire relatifs à la parole^ ils se constituent dans la phrase sujets ou objets ou circonstances de Taitribut. Ainsi, la première personne se nommera par y^, mo/; parlera à la seconde, tu, toif et parlera de la troisième par se^ soi^ à qûoi^ selon les cas, elle substituera les formes on , quelqu'un^ autrui^ aucun^ personne y quelque chose y rien^ et d'autres équivalens de noms.
D*oti il suit que les substantifs que nous appelons pronoms ne sont point, comme les entendent plusieurs grammairiens , et comme Harris les définit [Grammaire unix^. liv. 1, c. 5), des remplaçans de noms, des répétitions de noms déjà connus par les acteurs de la parole ou du discours. Ce sont, au contraire, de véritables noms qui désignent des êtres objets du discours; ce sont des noms de personnes ^ en un mot, des noms personnels; ou ce qui revient au même, des équivalens de noms, des fragmens de nomsj enfin des pronoms. C'est dans ce sens qu'il faut entendre le mot pronom.
Mais> suivant les besoins de l'élocution, les noms se substituent aux pronoms^ et ceux-ci aux noms. C'est ainsi que, selon les cas, nous disons: Y homme vertueux est heureux, r homme trouve son bonheur dans la venu, et qu'aux modificaiifs rer^f/ee^^ , /2e2/reua:, nous substituons les noms abstraits vertu, bonheur , sans que les idées de vertu , de bonheur soient autres dans leur nature que les idées de modifications vertueux, heureux. Si donc, nous voulons remplacer par quelqu espèce de signe des noms déjà connus dans le discours, nous n'emploierons pas les noms personnels dont nous venons de parler ; nous nous servirons de déterminatifs , et ces déterminatifs répéteront les noms sous une forme générale ou particulière ou individuelle ; ce seront des déterminatifs de noms ellypsés, des détermi'^ natifs mis à la place des noms, enfin des pronoms défer^ minatifs.Teh sont les pronoms chacun, Fun Vautre 9 cdui^ ci, celui'lày le mien, le tien, le sien, etc., venant des dé* terminatifs chaque^ un, autre^ ce, cet^ mon y ton y son. Il
est évident que les'pronoms dcterminalijs sool bien ditfércns des pronoms personnels.
V attributif se nomme ainsi, parce qu'il exprime les déterminations et les modifications que IVsprit attribue aux êtres ou substances. Il renferme donc le determinatifei le tnodiJicatif{\).
Le. déterminatif é$t ainsi nommé parce qu^il circonscrit retendue et pose les limites de la signification du nom. Exemple : 7'ous les hommes^ les hommes , chaque hom^ me^ quelques hommes ^ plusieurs hommes^ certains ïwm'' mesi cinquante hommes , un homme^ cet homme , le premier homme ^ le dernier homme^ etc. Il marque donc la quantité^ le degré, le nombre général , particulier, indivt- {Juel des notions comprises dans Tidée spécifique du nom, et sert à déterminer le point de vue général, particulier ou individuel sous lequel la pensée considère son objet.
Le modijicatif exprime les modes, les manières d'être ou d'agir attribuées à lobjet de la pensée. Ces modes ou mo-
(1) Âla détermination é^allributif novis aurions pu substituer celle de modificatif , si elle n'était déjà employée comme sous-division de la première. En effet , les objets de nos idées sont de trois sortes : substance^ modificalion, connexion. Par conséquent^ les signes de ces idées doivent être subtianlifj modifiealif, connecUf. Or, la modification prise dans sa signification la plus générale, comprend l'idée de détermination et celle de qualification et d'action ; car modifier, c'est non-seulement désigner les qualités , les modes , les manières d'être ou d'agir d'une chose, mais e'est encore déterminer le nombre précis de ces trois manières d'être ou d^agir rapportées à un sujet , c'est les étendre ou les restreindre , les généraliser ou les particulariser. En conséquence, le modificatif pris dans cette acception générale, renfermerait ;le déterminatif et le modificatif proprement dit. Mais comme c(»tte substitution formerait un double emploi du modificatif « et que loin d'en préciser l'idée, elle ne ferait que la compliquer, nous préférons le mot aUributif ou signe d'attribut pour réunir sous une dénomination générale le déterminatif et le modificatif. Nous prenons ce parti d'autant plus volontiers que le mot attributifs été adopté par le savant Harris, et que l'idée d'attribut est toujours employée sous l'acception générale de modification et de déterminatioQ dans les logiques et dans les grunmûres générales»
— lu -
difîcatioàs sôttt ou des qualifications ou des aclîons 5 par
conséquent, le modificatif se divise en modificatif-quali^
Jicatif(jàA]ec\i()j et modificatif-actiomel (m A* àcùon (pàr-
ricîpe).
Nous' avons dit qUe rattribuiif modifie le substantif. Or/ il peut-être , à son tour , modifié par un attributif-acceséoîre qniî en eiprimfera des modifications ou des délerminîatiOnS) commtî datis ces phrases : cet homme est peu for* tmé^màis très4n^(rtdty il agit toujours prudemment^ dont h?s attributs accessoires pea , très^ toujours ^ prudemment^ dérern!iinarnt \ti attributs printipaux^ fortuné, instruit^ rfgf£>5aw^ deviennent eux-mêmes des attributs principawû sous ces constructions : cet homme a peu de fortune y mais bettttcoup d! instruction^ toutes ses actions sont prudentes* Ain^i, peu de, beaucoup de , ioMes ses , prudentes , soht des attributifs de substantif, des attributifs du premier ordre, etc., ^ peUj trèsy toujours, prudemment, sont des attributs d'attribut, dés attributs dnf second ordre, des attrhbuts secondaires, qui sont tantôt déterminatifs secondaires^, tantôt modtficatifs secondaires, et que nous appellerons ^u&mo^^/^cat//^ ou submodatifs, sans nous arrêtera ce quite foïit quètquefoî^ le service de détermiùatîfs ; èar fôirt détérmînatîf peut se résoudre en modificatif, et nous pouvons dire, là fortune de cet homme est petite, son in" struciion est grande 'y par où l'on voit que les détermina^ tife peu de j beaucoup dé, sont i^em placés par les modificafèfs petite, grande.
Le submodaiifTepvésenté donc des attributs d'attribut, des attributs secondaires qui déterminent ou modifient les déterminations où les^ mbdificatrûbs desr êtres.
Le cùnnectif est Constitutif dii verbe ou de la circonstance. Le cphnectîf qui constitue lé verbe se place devant lé modificatif pour en exprimer plus ou moins afErmativement ou négativement la réaKté dans- l'existence dé suri strbstamtif qui en est toujours le principe où Tobjet. C^èst alori qtfîî préndf le nom dé verbe où plutôt qu'il se constitue 'SerAé, parole, pensée^ phrase; Tout verbe suppose donc un modificatif, un substantif^ le reçoit et^tmejdei^
- lia —
lité qui lés lie par une pénâée afflrtîiative ou hégàtlve, oii interrogàtive, ou provocative, ou désidérûlive :je marche (je su:s marchant), tu ne marches pas, màrche-t'-il? ne marche 't-il pas P que ne marche-t-il?
Tout verbe qui ne s'exprime pas ainsi par une pensée , n'est qu'une idée, un verbe-idée une phrase-idée. Ainsi marcher, aimer j parlant^ ayant vu, ne sont que des phrases* idées.
Le connectif du tèrbe constitue ral)solu de l'action ou de la modification. Le connectif dé la circonstance constitue le relatif de là modification ou de l'action en la liant |)ar complément à un second substantif: cette fontaine coule ( est coulant) ai^ec un doux murmure 5Mr un pré seine rfe violettes.
Pour éclstircîr la nature de ces deux espèces de connectif , nous devons faire connaître les espèces relatives des mots dans la phrase simple et expliquer la différence essentielle à observer dans la grammaire entre les espèces relatives et les espèces absolues de mots ; car elle aura son application dans là théorie des phrases.
Vespèce absolue des mots est celle qui en détermine Fidée en elle-même et sans aucun rapport à d'autres înots.
Vespèce relatis^e des mots est celle qui en détermine l'idée d'après son rapport de construction avec d'autres mots (1).
Ainsi, dans celte phrase, Alexandre battit les Grecs, le mot Alexandre est un nom individuel^ c'est son espèce absolue ^ il est le sujet de la phrase, voilà son espèce relative. Battit est un connectif-verbe d'action, c'est son espèce absolue ; il est verbe-pensée ou phrase déterminée à une forme positive de tems antérieur à l'acte de la parole ;
({) Vespèce absolue et Vespèce relative des mots est ce que lés grammairiens nomment ëiat absolu et élal construit. Dans la gramittahr e g^ec<fae Vétat absolu est nommé le îHémey M grec TtdmfAt, poiser ; c'est sa position dans le dictionnaire. Véiat cùnstruU forme làdécW naison et la conjugaison du nom et du verbe.
cVsl son espèce relative. L'espèce absolue de Grecs est crêtre UD substantif-nom spécifique ; son espèce relative est d'être Tobjet de l'action battre et de la phrase.
SYSTEME DES PLUS céLEBRES icEIVAfNS ÂKClENS ET MODERNES SUR Là CL4SSIFICÂTI0If DES MOTS.
C^est du point de vue général ou particulier suivant lequel on considère les mots que procède leur classification diverse. En effet, les mots considérés relativement aux idées se divisent, selon leB grammairiens de Port-Royal» en deux sortes : t^ Ceux qiUsigniJient les objets de nos pensées ; 2^ ceux qui signifient la manière ou la forme de nos pensées. Cette division est admise par Duclos avec quelque changement dans la distributioades mots qui doit comprendre chaque classe générale.
Les mots considérés relativement à la proposition , se divisent en mots principaux e\ accessoires^ ou, ce qui revient au même que la division précédente, en mots significati/s par eux-mêmes et significatifs par relation, dont les preroierisont des signes complets d'idées, les autres des signes de fragments d'idées qui n'ont de valeur que dans leur combinaison avec les mots principaux. Dans la première espèce sont placés : 1® le substantif AW\ï,é en nom et prénom; 2^ X attributif om modificalif comprenant le verbe ou attribut combiné, le participe, Tadverbe nommé attribut d'attribut. Dans la seconde se réunissent : P le définitif om déterminatif, mal nommé article, et que l'abbé Sicard dans sa grammaire générale appelle aussi déterminatif;2''\econnectif divisé en préposition et conjonction. Telles sont les quatre espèces générales de mots reconnues par Jacques Harris, célèbre grammairien anglais, dans son Hermès ou grammaire générale.
Platon dans sou Sophiste et Arislote au chapitre des propositions, en considérant les mots relativement à la logique, ne reconnaissait que le nom et le verbe ou attribut complet. Apollonius nomme ces deux espèces de mots
Ta «lA'lyywTotTa (iepif) tou Xo^ou , les parties les plus anime'es du discours. Plutarque (Quœst. platon) en parle dans le même sens. Aristple dans sa Poétique , considérant les mots relati* vement ù la phrase, ajoute aux espèces de mots principaux OM significatifs par eux-mêmes les deux espèces de mots accessoires qu'il appelle <yuYxaTYiYop7i[JtaT«, significatifs par relation, sansen conclure cependant, quoi qu'en dise Harris, réfuté d'avance par Denys d'Halicarnasse et Quintilien, comme nous allons le faire voir, que ces quatre espèces de mots ne viennent de quelque développement donné à trois classes plus générales.
Les Stoïciens, au rapport de Denys d'Halicarnasse, de Quintilien , de Diogène Laêrce et de Prisien , admettaient ces quatre espèces de mots et en ajoutaient une cinquième en sous*divisant le nom en propre et appellaUf o\x com^ mun.
D'autres, dit Harris (traduction de Thurot), en augmentèrent le nombre en séparant le pronom du nom, le participe et Tadverbe du verbe, et la préposition de la con* jonction. Les Latins allèrent plus loin, et séparèrent l'in* terjeetion de l'adverbe avec lequel les Grecs l'avaient toujours confondue.
Enfin, selon le même Harris, les mots considérés relativement à la syntaxe se divisent en mots variables et in- "variables dont les uns sont susceptibles de changer de forme pour marquer leur relation avec les idées ou leur rapport dans la phrase, et les autres demeurent constamment indéclinables, parce qu'ils ne sont que l'expression de complémens d'attributs ou de rapports d'attributs.
FeuDestult-Tracy^ dans sa Grammî^ire générale, divise les éléments de la proposition en deux sortes : élcmens nécessaires et élémens utiles. C'est sous d'autres Eoms la même division que fait Harris. Maïs dans la distribution des mots que renferme chaque espèce générale, nous trouvons une différence essentielle qui rend sa classification plus conforme à la,nature des idées : c'est qu'il place le définitif o\Ji déterminatifdsius les mots principaux ou élémens. nécessaires de la proposition. En effet, dans les
éboseS) dit Urbain Domergne cite par Thurot, tout est s<ibsrtânoe on modifiefttion ; j'en ai concla^ ajoute-t-il, que dan^i tes mots qui sont les images des choses, toot est substantif ou attributif. Or^ ajoute Thurot, ce les attributs con^ courent à modifier le substantif de deux manières ; les-uns, comme les adjectifs et les participes , en exprimant une attribution de qualité 9 d*action ou dMtat qui ne convient qu'à Fétre particulier auquel nous en faisons Tapplication ; et les autres^ comme l'article et le pronom construit adjectivement, ne servent qu'à exprimer le point de vue particulier et à déterminer le sens plus ou moins général ou restreint dans lequel nous voulons faire considérer le substantif auquel ils sont joints. » Le détermînatifoM définitif est donc aussi nécessaire que le modificatif pour former une proposition. En effets quel sens aurait cette pi*oposition simple, Romains étaient infatigables^ sans le déterminatif les ? Ainsi le déterminaliLet le modificatif sont naturellement les deux espèces du mot attribut ; ainsi les mots se trouvent réduits à trois espèces générales : substantify attributifs connectif^
Or cette division des mois en trois espèces était connue des plus anciens grammairiens. « Denys d'Halicarnasse et Quintilien nous disent qu'Aristote, Théodecte et les anciens grammairiens n'avaient distingué que trois parties du discours ; le nom (substantif), le verbe (attribut combiné)| et la conjonction (conneclif). 53 ( Harris, Hermès^ Grammaire générale).
L'opinion de ceux qui n^admettent que trois espèces de mots est très-ancienne, dit Yossius ; c'est aussi celle des Arabes. Les Hébreux même , qui n'ont commencé à écrire sur les règles du langage que lorsque les Arabes avaient déjà cessé de s'en occuper , c'est à dire, il y a environ 400 ans, les Hébreux, disons-nous , ont suivi en cela les Arabes leurs maîtres. Les autres tangues deTorient même admettent celle triple division. On ne sait si les orientaux la reçurent des anciens Grecs ou si ceux ci la tenaient d'eux. Quoi qu'il en soit, nous savons que les anciens Grecs ne reconnaissaient que trois parties di; discours^ non seu-
lemem pârîe'tëmoîgriagede Denys ifHalîcarnasse. » ('îïe 'Ânalogia. liv. I.C. 1), mais aussi par la ^iwer^'e de Sanplius. (Liv. t.C-2).
*Noas avons vu que les mois considérés comtne étémens de la proposition, se divisent en èlémens nécessaires oa principaux et élémens utiles ou accessoires.
* Or les élémens nécessaires se divisenti selon Tabbé^i* caril (Grammaire ge'nérâle), en nomy modificatif t\. môu lien ou copule {([{Me nous appelons connectif variâljlë). Ce moUlien ou ce connectif variable, combiné avec le modificatify constitue le verbe ou attribut complet. Le modificatif comprend le ^e^^rmina^î^comme une de ses espèces.
Les élémens utiles peuvent également , à notre avis , sa diviser en trois espèces ; le pronom (correspondant au nom avec le déterminatif)^ puisqu'il porte en lui-même sa dé«^ termination, l'attribut d'attribut ou modifîcatif secondaire (adverbe), et le connectif invariable (préposition et conjonction).
Il est évident que cette double division n'a pour objet que de considérer les fonctions des mots dans la proposi<af tion, et qu'elle n'offre pas les idées dans Tordre le plus coaforme à leur génération.
Mais si nous envisageons les élémens du discours relativement aux idées qu ils expriment, nous verrons sortir de cette considération la classification des mots dans Tordre que nous avons rétabli d'après les anciens et qui est le plus conforme à la génération des idées.
En suivant cette métbode nous n'avons pu conserver'auz mots les dénominations vulgaires qui ne sont point propres à désigner leur nature et leurs fonctions ; et toutes les fois que nous avons trouvé dans les grammaires raisonnées des dénominations qui nous ont paru plus convenables pour exprimer le rapport des mots aux idées et leur emploi dans le discours, nous n'avons point balancé à les adopter pour les substituer aux anciennes. Si donc quelque ami de la routine désapprouve cette réforme, que plusieurs auteurs ont jusqu'à présent tentée avec peu de succès, nous répondroRS avec Thurot ^ dans sa traduction de la gran^-
maire de Harris : <c II nous semble que Ton a grand tort de refuser d'admettre ces nouvelles dénominations, sous prétexte qu'elles sont peu connues, et que ceux qui les apprendraient ne pourraient plus lire aucun des anciens ouvrages sur la grammaire. Nous croyons, au conirairc, qu'elles en rendraient la lecture plus facile, parce que celles-ci surtout ont le mérite de servir à éclaircir la classification des déno* minalions anciennes qui sont, pour la plupart^ illogiques et insignifiantes. »