CHAPITRE III
IkÉOOlIMMITIOIf DBS OPiftàTIOllS OB L*Air4LYflB.
Lorsque Tesprit opère pour s'instruire, il a deux manières d'exercer son activité : il peut apercevoir à la fois plu« sieurs objets, recevoir plusieurs sensations simultanées ou embrasser plusieurs idées ; il peut aussi considérer successivement chacun de ces objets, chacune de ces sensations ou chacune de ces idées. Dans le premier cas, il ne fait que sentir et ne peut acquérir la connaissance parfaite de son objet; dans le second cas^ il^sent des rapports, et bientôt il connait.
Or, rendre successives plusieurs sensations simultanées, plusieurs idées simultanées, c'est analyser.
La vraie méthode d'étudier une chose quelconque est donc de l'analyser^ c'est-à-dire, de la décomposer en parties ou espèces que l'on compare entre elles pour en saisir la différence, et de recomposer ces espèces en généralités pour en connaître l'analogie et l'unité.
L'analysesecomposedonc de deux opérations : la ^ecomposition ou analyse proprement dite^ et la recomposition ou synthèse (1). Par l'une elle découvre les élémens qui constituent la nature d une chose; par l'autre elle se replie sur elle-même pour vérifier ces élémens : une analyse n'est complète que quand on a fait avec succès ces deux opérations> dont Tune sert de base, l'autre de preuve.
(i) 2uv6eotc, composition; mot grec dérivé de cuv, ensemble , et de TiOnfa, placer» mettre.