‹ Grammaire générale: ou, Philosophie des langues, présentant l'analyse de lChapitre 88 sur 96 · G&BC · texte numérisé non relu

G&BC

im, outh outbim^

mad

men ou m (préfixe)

coutam

ghim

Les modificatifsen hébreu ne aont pas susceptibles de receyoir les prépositions; s'ils les reçoifent ils se décunentcom me les noms.

Im, oulb.

oulhim

ôç; cav, été, viy a; ouaa, etc.

ov; ovy etc.

oç, n» a., ov, etc.

oty otXf oLy etc.

fù, oLf %, etc.

)! (ou génitif)

Les modificatifii en grec, sniYant la désinence du génitif, se déclinent comme les noms.

LATIir.

us, er; is; ns, etc.

a^ is ; ns, etc.

um; e, ns, etc.

us, a, um ; is, e, m, etc.

i, œ, a; es, la; etc.

caret

maxime ; issimus, errimus.

magis;ior

minas

qutoi (ou ablatif)

Les modificatifs en latin, suivant la forme que prend an génitif aingnûer leur triple on double ou unique terminaison , se rapportent aux déclinai sons du nom.

TIONS DD MODIFIGATIF.

AUSKAITD*

er, e

es, •

er, e, es e, en caret

sehr ; -este, -tte mehr; «^er

minder 80, wie, so alla.

lr« ifANliftE. 2* MAIïiIRE.

er, e, et, s

er, e, es, s en, e, es, s es, er,es em, er, em em, er, em

e e, e e e, e en, e, e en, en, en en, en, en en, en, en

ARGLilS

caret

caret

most; -est,-ft more;-ery-r

less

than

en

en

er

en

en

en

en

en

Les modificatifs en anglais sont inyariables de genre et de nombre et dans tons léa rapports.

On toit qu^en Allemand les modicatifs se déclinent comme les noms.

ITiUBN.

[ESPAGNOL

a caret

0, a i, e caret

molta; -issime plù »

meno che (on génitiO

Les modificatifs en llalien, ainsi que les noms, sontinyariables de rapport.

os, as;

caret

muy; -lairao mas »

menos clio <o« gtaiOl)

FBANÇUS.

wmmmm

e caret

e s, es

caret

le plos, Iféf plos moins que

Lés modificatifs Les modifiée-

en espagnol, ainsi que les noms, sont in- Tarisbles de rapport.

tils 'en français comme les noms, sontinvariablei de rapport.

BEMànQUES SUR LES MODIFICATIFS EN HEBREU.

Les modificallfs-qaalificatifs en hébreu ne varient point leur terminaison pour inarquer ce que les grammairiens nomment improprement comparatif et superlatif, et par conséquent ils n'ont point de comparatif ni de superlatif.

Pour tenir lieu du comparatif, men (prsd) qui signifie en comparaison de, se met séparément entre le modifica« tif et le substantif terme de comparaison ; ou seulement la lettre m qui est un abrégé de meny s'unit au commencement de ce substantif. Exemple : toubim doudik mejin (boni amores tui prae vino)^ ton amour est plus doux que le vin (Cant. l^*"). Cest ainsi qu'en latin on dit: beatus es pras nobis, pour signifier, tu es plus heureux que nous.r'

L'union de la lettre m au commencement du mot substantif se rencontre plus souvent que le connectif séparé men; c'est par un tour à peu près semblable que la langue grecque désigne le terme de la comparaison par le génitif et le latin par l'ablatif lorsque les circonstances du discours le permettent.

Quelquefois l'hébreu exprime la comparaison par le sutmodatif iouther^ qui signifie magis, plus ; comme ioulher chézakj magis fortis, plus fort.

Pour tenir lien du superlatif, lesubmodatif ma^(très), ou un autre de même valeur, se met séparément devant ou après le modificatif. Exemple : venhe'toub mad (Et ecce bonum valdè), gen. 1. Ce tour correspond à celui-ci: Et ecce erat optimum. Quelquefois le superlatif est exprimé par la répétition du modificatif: rah rah (malus malus), ce qui équivaut à pessimus. Au lieu de redoubler le modificatif, le superlatif peut s'exprimer par un sùbmodatif de nombre qui en marque la multiplication : c'est ainsi quer Virgile a dit par imitation de Thébreu : 6 ter quaterque beati (pour ô beatissimi), ô trois et quatre fois heureux !

aCHàKQOtS «OK LES MODinCÀTm OMCt.

Les modificalifs grecs ont^ tantôt trois désinences pour marquer les trois genres; tantôt deux dont Tune pour le masculin et le féminin, et l'autre pour le neutre; quelquefois une seule qui sert pour les trois et même pour deux, lorsque le neutre est inusité. La désinence du singulier caractérise la déclinaison à laquelle il faut les rapporter ; d'où il suit que le féminin est toujours d*une déclinaison différente du masculin, et que le neutre se rapporte à celle du masculin.

Les modificatifs forment leur comparatif et leur superlatif de deux manières. L'une, qui est la plus générale, consiste à placer à la fin delà terminaison ^epoc pour le com« paratif et Taroç pour le superlatif:

Ev^o^od gloriosusi Trpaoç, dulcîs; ooffoçt sapiens ; a'fio; , sanctus ; (iieXav, DÎgrum , lupu , latum ; ottf pov, modestum ; XoX'oç, loquax; aiïoù^alocy studlosus;

comp. cv^G^oTipoç; superl. tv^oÇcraTOc

— irpaoTipoç; — «pqioTaToç

acçoTtpa; ; a')ft6»Ttpo;; |fciX«vTipoç ; eupuTtpoç; ottf poviOTipo( , XaXioTtpoç ; oirev^ottiaripoç

{AiXavraTOÇ

cupuraroc

au^povtaraTOC

XoXicrraTOç

Ces trois derniers sont des formes du dialecte attique.

L'autre manière consiste à substituer à la fin du mot les désinences x$u pour le comparatif et toroç pour le superlatif.

KaXoç , piilcher ; comp. xxXXtuv j superl. xoXXtrroç Tttxuç, celer; — Taxvwvj — taxioto;.

Quelques modificatifs de cette classe forment irrégulièrement le comparatif et le superlatif. En voiei les principaux :

A^aOcc ) bonus; comp.^e^TKttv; superl. psXriaro;

— apeieoy; — apiaroç

xoxoç^ malus ; — x^^P^i^^ 5 **~ x^'P'^'^^î

p.ixpcc , parvus ; — r^(satù'i j —

(Ai^ac , magnus ; — ftiiÇcov ; — « |/ie^itfToç

icoXua , multut ; — irXitov ( **« irXetoToç p^oç, facilÎBi *— pouov ;

ou pawv ; — p^TOÇ,

On trouve quelques comparatifs et superlatifs formes régulièrement d^autres superlatifs irrëguUers ; comme

de xu^toToç, illustrissimus , on fait xu^ioraToç de ÙMxiomf minimus, on fait lUxiftonpoc»

L'usage apprendra les autres fisrtnes irrégulières.

BBXAaQUES 8UB LB9 HODIPrCiTVS LATINS.

Les modifioatifs terminés en ii^, a, um; li, e ; forment leur comparatif par le changement de cette terminaison en ior^ et le superlatif en issimus.

Dootns, savant; eompar. dootior, doctius; 8uperi« doetissimos, a, um.

gén. doctioris; gén« doctîssimi, œ, u U!ilis,otae5 ^ utitior, ttliliosî ^ uUlissimus, a, um.

gén. ulilioris 5 gén. ulilissiim,ae,i.

Ceux en «r, ra^ rum^ forment leur comparatif par l'addition de iar^ et le superlatif par celle de rimus.

Pulcher, beau j pulchrior; pulcherrimus.

Ceux qui ont une voyelle devant iiy, comme idoneus, necessarius, pius^ strenuus, ne subissent aucune combinaison avec le ir.odificalif de degré. On dit donc: ma^is idoneuSy maxime idoneus.

n en est de même de memor^ reconnaissant^ et de prcediius^ doué.

CevLX en dicuSj ficus^ voluSy font eniior, entissimus : maledicus (médisant), maledicentk)r9 maledicentissimus ; magnificus (magnifique), magnificentior, magnificentissimus; benevolus (bienveillant), benevolentior, benevo* lentissimus.

Les huit modifîcatifs suivans en lis font le superlatif en illimus : difficilis , facilis^ gracilis, humilis, imbeeillis, similis) dissimilis, yerisimilis. Exemples ; facilior plus facile ;/aci2/imi«5, très-facile, etc.

Quelques modificatifa latins forment irrégulièrement leur comparatif et leur superlatif^ tels sont :

Bonus (bon), melior, optimus; Malus (mauvais)^ p^jor, pessimus; Magnus (grand), major, maximus; Parvus (petit), minor, minimus ; Multus (beaucoup), plus, plurimas ; Multi, — - plures, plurimi ;

Et quelques autres que l'usage apprendra»

RBKiRQOSS SVR LIS MODlflCATlM ALUlf AMM.

Les modificatifs, en allemand, sont susceptibles de prendre deux espèces de terminaisons : 1^ en er^ e, e3 ; 2<^ en ê pour les trois genres.

La première espèce qui se dëcline différemment pour chaque genre, sVpplique aux modifîcatifs quand les noms sont employés à une forme rationnelle et générale avec ou sans déterminatif :

Ein junger mann, un jeune homme ; Eine junge frau, une jeune femme; Ein junges kind, un jeune enfant ; Starker wein^ du yiu fort; Rothe farbci de la couleur rouge ; Schwarzes haar, du poil noir.

La deuxième espèce qui n*a qu'une désinence pour les

trois genres, s'applique aux modificatifs quand les noms sont employés k une forme positive et particulière avec un déterminatifde particularité:

Der gute vater, le bon père ; . Die gute tn^itter, la bonne mère ; Das gute kind« le bon enfant.

La graduation dumodificatif se forme par Taddition de la désinence er pour le comparatif, et ste (ou este au goût de Toreille) pour le superlatif, avec le changement de la pénultième a, o, u, en a, o, u, surmontés d'un signe parti* culier qu'indiquent les grammaires spéciales ;

Lang (long^y langer^ langste ;

Fromm (pieux), frommer, frommeste;

Gesund (sain), gesunder^ gesundeste.

Quelques modificatifs ne changent point la pénul* tième.

Le comparatif est soumis aux doubles formes du modificatif absolu, suivant la détermination positive ou rationnelle du substantif. Le superlatif n'a que la forme positive.

Les modificatifs allemands se placent devant le nom et en prennent les variations de genre et de nombre.

Le modificatif qui a pour sujets des noms de genre différent, ne prend la variation d'aucun nom et se met au neutre : en parlant à plusieurs enfans, frères et sœurs, on dit:

Das geschickteste von euch soll belohnt werden, Le plus habile d'entre vous sera recompensé.

Souvent le modificatif se répète, et prend le genre de chaque liom :

Ein vernunfliger manh, und ein v^rnunftiges weib ; Un homme et une femme raisonnables.

Cette répétition n'est pas nécessaire lorsque les noms sont au pluriel.

Schone kuaben und inadcKen,

De beaux garçons et de belles filles.

Par la traduction de ces exemples on voit que le français suit une méthode toute contraire.

Si le modificalif est placé après le nom par l'effet d'un conneclif d^dentité^ il devient invariable :

Der sohn ist reich^ le fils' est riche ;

Die tochter ist reich, la fille est riche ;

Die kinder sind reich^ les enfans sont riches.

Il demeure également indécliné dans les inversions, pourvu qu'il soit détaché du nom par un connectif qui en forme la liaison d'identité :

Reich sind dièse lente nicht aber rechtschaffen, Ces gens ne sont pas riches mais honnêtes.

Ces règles d'orthographe s'appliquent aux modificatib* verbaux et aux déterminatifs.

Mais les modificatifs-verbaux joints au sujet de la phrase par haben (avoir), sont invariables quand même leur régime direct serait placé devant eux ^ ce qui est le contraire en français.

Ils éprouvent une syncope dans leur désinence : gelobt pour gelobeu Cette syncope a lieu^ans toutes les terminaisons en et^ est^ en, du verbe, lorsque l'euphonie le permet : sehn pour sehen^ du lobst pour du lobestj er lobt pour er lobeU De même l'e final devant un mot qui commence par Une voyelle, ich lob inh^ pour ich lobe ihn*

WnUBQQIS SUB us HQDlFICiTtFS ANOUIS.

Les modificalifs sont invariables^ en anglais, et se pla« cent ordinairement devant le nom.

A french gênerai^ un général français ; Isaw a broken lath, je vis une latte rompue.

Le comparatif se forme par f addition de er ou r^ êf le superlatif par e^t ou 5^:

He is laller than you. Il est plus jgrand que vous. He is ihe wisest of ail. Il est le plus sage de tous.

Si le modificatifa beaucoup ou du moins plus de deux syllabes, on exprime le comparatif par morcelle superlatif par most:

They are more amiable tban I imagined| elles sont

plus aimables que' je ne Fimaginais; They are most amiable, ellessont très-aimables,

BBMIRQVES SUR LES MODIROiTIFS ITAUlMS.

Les modificatifs en italien comme en français n'ont pas de place fixe, hors un très-petit nombre. En pareilles circonstances, rharmonie et Iç sentiment sont les meilleures règles à suivre.

La graduation du premier degrë s^exprime en italien par pih^ et le terme de la comparaison se traduit par le génitif avec £?i, ou par une phrase avec le coiijonctif <?Ae.

La moglie el figliuolo non mi sono più del padrê e delta republica à cuore. (Davanzati). Ma femme et mon fil» ne me sont pas plus chers que mon père et que la république.

On sous -entend a comparazione^ en comparaison de. Cest le même tour en latin : tu prae nobis beatus es; Tyrus inter cseteras pbaeniciaB urbes nobilis erat.

Ond* ella fessi Lucente più assai di quel eh'ell' era. (Dante).

D'où elle devint beaucoup plus resplendissante qu'elle n'était d'abord (en comparaison de ce qu'elle était d'abord}.

Allor temetti piu che mai la morte. (Datite)* Alors je craignis la mort plus que jamais«

Le ne français^ qui dans le second terme de la comparaison, ne s'exprime pas en anglais , en latin, et en grec^ s'exprime en italien par non.

E dolce il pianto più ch' allri non crede (Pétrarque). Les larmes sont plus douces qu'on ne croit* Seî savio, e'ntendi me' ch'i' non ragiono (Dante)» Tu es sage et tu comprends mieux que je ne parle.

Le second terme de la comparaison, exprimé par une phrase avec che^ a bien plus d'énergie que par le principe génitif atec dï.

Lucevan gli occhi suoi più che la Stella (Dante). Ses yeux brillaient plus que l'étoile de Cythérée.

Le superlatif est ou absolu ou relatif. Le superlatif absolu marque le plus haut degré de la modification d'un être^ et se forme de la désinence issimo :

Bello, beau ; bellisimo, très-beau.

Grande^ grand ; massimo; très-grand.

Le superlatif relatif désigne qu'un être possède une modification au plus haut degré entre plusieurs êtres qui qui lui sont comparés comme possesseurs de cette modification, et s'exprime par Jt, tra^ oltre a\ en latin, c'est l'ablatif avec ex^ ou l'accusatif avec inier, et quelquefois le génitif.

Nella egregiacittà diFirenze, oltre ad ogni allra italica

bellissima.

Dans l'illustre ville de Florence, la plus belle de

toutes celles d'Italie.

Il più forte di tutti gli uomini (Davanzati). Le plus fort de tous les hommes.

Le grammairien Biagioli, en parlant de l'article, dit que le déterminatif doit être supprimé devant le superlatif relatif, et il rapporte cet exemple^ nel caldo piîiminacciante qu'il traduit par, dans là chaleur la plus menaçante» Mais

il tombe en contradiction avec lui-même y lorsqu'au chapitre du superlatif relatif de sa grammaire italienne, il rapporte cette phrase de Davanzati^ il pîh forte di tutti glio uominij qu*il traduit par , le plus fort de tous les hommes. Il est facile de voir que l'exemple, nel caldo più minacciante , est un comparatif dont le second terme est elliptique/et qu^il signifie : dans la chaleur plus menaçai\te qu'elle n*a coutume d'être. Souvent un comparatif latin est traduit par le superlatif dans une autre langue ^ et ce comparatif n'en conserve pas moins sa nature de comparatif. Donc l'assertion du grammairien précité ne détruit point la règle^ que le superlatif doit être précédé d'un déterminatif représentant un nom sous-entendu.

La construction elliptique ; il più forte di tutti gli uomini, devient une construction pleine dans cette analyse : il uoqio di tutti gli nomini più forte, l'homme ^d'entre les hommes plus fort-

C'est donc encore une méprise du même grammairien de suppléer ici Tellipse par a comparazione^ ce qui ne peut s'employer que pour le comparatif.

Le superlatif se forme quelquefois par la répétition du modtficatif: piccin piccino^ très-petit; lento lentOy trèslent; spesso spessoy très-souvent; ratto rattOj très-vite; ben bene^ très-bien. Cest une construction imitée de l'hébreu.

Les modificatifs suivans ont un comparatif et un superlatif à l'imitation du latin.

Buono, bon ; migli^re, meilleur; ottimo, très-bon. Malo, mat; peggiore, pire; pessimo, très-mal. Grande, grand ; maggiore, plus grand; massimo, trèsgrand.

Piciolo, petit ; minore, moindre ; minimo, le moins.

Et quelques autres que l'usage apprendra.

Les Italiens comme les Français ont deux auxiliaires qui servent à conjuguer tous les autres verbes.

La nature du verbe essere est d'exprimer une qualifica-

tion dans le sujet, une manière delrc une situation, une habitude, un état quelconque. Ainsi tous les verbes conjugués par lui désignent une qualification dans le sujet.

La nature du verbe av^ere est d'exprimer Tactivité du sujet, qui s'exerce au dehors de lui, c'est-à-dire, qui agit vers un but, ou qui produit une action sur un objet. Tous les verbes soit neutres ou actifs, soit absolus ou relatifs^ conjugués par lui, désignent une action du sujet, dans le lieu, ou sur un objet.

Si Faction a un objet qui la reçoive, et qu'elle forme en lui une qualification, une manière d'être qui se continue, alors le modificatif verbal , devenu qualificatif, s'accorde avec l'objet devenu son sujet, soit que celui-ci soit placé devant, soit qu'il se trouve après le modificatif: comme,

Xai bouclés mes cheyeux^ foi mes cheveux bouclésj c'est à-dire, j'ai peigné mes cheveux de manière qu'ils restent bouclés.

. Qui JC entre vous a les cheveux bouclés ? cest moi qui les ai bouclés ; c^est toi qui les as frisés*^ c^est lui qui les a négligés.

Si, au contraire, la fin de la pensée est d'énoncer principalement Faction du principe, l'exercice de son activité, sans désigner d'impression ou de qualification sur l'objet, alors le modificatif étant neutralisé par sa nature d'activité, par sa fonction d'exprimer l'activité du principe ^ est en rapport principal avec le sujet de la phrase qui est son principe, et il demeure invariable , quand même l'objet de la phrase serait placé devant lui en italien. Exemple : Qui a peigné vos cheveux ? cest moi qui les ai bouclés '^ le perruquier les a négligés ; tu oublies donc' que tu les as frisés.

Selon la fin de la pensée qui est ou d'exprimer par le modificatif Faction du principe sujet de la phrase, ou de désigner une qualification, une manière d'être dans l'objet de celte action, le modificatif est invariable ou variable.

Dans le premier cas, (e modificatif est in^fariable^ parce qu'il est en rapport principal avec son principe, qui est sujet de la phrase, et que par sa nature d'activité il n'ex*

prime point une qualification qui le soumette à la règle de concordance* Exemple :

Non ho demonj scongîurato. Je n'ai point conjuré les démons.

Dans le second cas, le modificatif eslvariable^ parce qu'il est en rapport principal arec l'objet de la phrase, lequel est devenu son sujet, et parce qu'il énonce en lui une qualification, une manière d'être pour l'expression de laquelle il est soumis à la concordance. Exemple :

E poi ch'ebber li visi a me eretti. Et quand ils eurent

levé leurs vi^ges vers moi.

Avea quella pietra trovata. 3'avais trouvé cette pierrei

cest-à-dire je possédais cette pierre que j'avais

trouvée.

E per queste parole, se raccolte l'faai corne dei, etc.

Et par ces paroles^ si tu les possèdes reciieiUies>

comme tu dois, etc.

Un altro che /amta avea la gola e troncoi naso. ISA un ch'avea l'una e laltra man mozza*

Ces exemples font voir que le modificatif français est susceptible d'énoncer les mêmes nuances que Titalien. Le modificatif français, à défaut de précision, se tourne au passif, quand il faut désigner ces nuances.

X ai frisé mes che^ewv ne pouvant distinguer les deux nuances, on est obligé de dire, 1^ pour exprimer faction du principe : f ai frisé mes che\^eux'^ foi égaré mes bre* bisy ho una pecora smarrito; 2*» pour Tétat de l'objet devenu sujet: mes^heyeujc sont frises, d'est moi qui les ai frisés, qui les possède frisés-^ ho una pecora smarrita, jai une de mes brebis égarées.

Le modificatif français exprimant l'action, est variable si son objet est placé devant lui, tandis qu'en italien il reste invariable : quella sepollura che M tuo valore ha meri^ tato, cette sépulture que ta valeur a méritée. Non ho de-* monj scongiurato^ je n'ai pas conjuré les démons.

Le modificalif français étant variable, est, comme Titalien, devenu qualificatif du second terme de la phrase, qui est devenu son sujel et qui reste objet du verbe a^ere^ avoir, posséder.

Le second terme de la phrase n'est point Tobjet du modificatif, sans quoi celui-ci ne s'accorderait point en genre et en nombre.

S'il est Tobjet du verbe at^ercj il est nécessaire qu'il devienne le sujet du participe suivant, comme dans cette phrase : les actrices que j ai entendues chanter. Si, au contraire^ il est Tobjet du modificatif, il est évident qu'il ne peut l'être du verbe auere^ comme dans cette phrase: la chansonquefai entendu clianter*

Il suit de là que la règle du grammairien italien Biagioli ainsi conçue: ce Le participe est variable toutes les ce fois que le nom qui représente l'objet^ est l'objet du seul ce élément a^^ere^ et il est invariable toutes les fois que le ce substantif qui représente l'objet, est l'objet des deux ce élémens qui expriment l'action, savoir, ai^ere et le par« <c ticipe », celte règle, dis-je, est mal démêlée^ mal ana«* lysée; par conséquent obscure, inexacte ; donc elle est inintelligible pour celui qui la suit àja lettre et qui ne la réforme pas au moyen des exemples; donc elle est impraticable dans l'enseignement»

REMÀHQUES SUR LES M0DIFIC4TIFS ESPAGNOLS.

Le comparatif, en espagnol , n'a pas de forme propre a cet usage *, on se sert du submodatif mà5 (plus) : Mentor màs sabio que Telémaco^ Mentor plus sage que Télémaque.

Le superlatif se forme en ôlant au modificatif la dernière lettre si c'est une voyelle, et en la remplaçant par la terminaison isimo: suave, suavisimOj dulce^ dulcisimo.

Si le modificatif est terminé par une consonne , sans rien en ôter, on lui ajoutera la même terminaison : cruel, cruelisimOy util} utilisimo.

Les niodificalifs terminés en We, changent celle terminaison en bil: amable, amabilisimo ; ajable, afabili" simo.

De fiel se iovmefidelisimoy de bueno, bonkimo; et de fuerte^fortisimo.

Les modificatifs suivans ont un comparatif et un superlatif à Timitalion du latin :

Positif.

, Compartiif.

Superlatif

Bueno

Mejor

Optimo

Malo

Peor

Pésimo

Grande

Mayor

Maztmo

Pequeno

Menor

Miolmo

Baxo

Inferior

Mmo

Alto

Superior

' Supreno

Le superlatif absolu s'exprime ^aussi par le submodatif muj (très): muy grande^ très grand; pequeno, petit; muj pequenOy très-petit.

Le superlatif s'exprime aussi par /o mas, le plus : Los mas precîosos aromas de la Etiopia, les parfums les plus précieux de TElhiopie. Los esclavos le hacian los mas crueles oprobrios^ les esclaves lui faisaient les plus cruelles indignités.

Les modificatifs, en espagnol, s'accordent avec leur sujet, soit que ce sujet soit placé devant ou après eux : Télé* maco se adçlentd d grandes pasos, Télémaque s'avance à grand pas. ji una parte et tartaro donde son castigados los reyes malos^ y de la otra el Elisio donde los rejes buenos son galardonados ;^vliï côlé^ le Tartare, où les mauvais rois sont punis^ de l'autre les champs Élysées où les bons rois sont récompensés.

Les modificatifs verbaux sont invariables quand ils sont joints au verbe haber (avoir), quelle qu6 soit la place de leur régime ; ce qui difière de l'italien et da français.

ABMàBQUBS SUA LES MODIFICATIPS FAAMÇA18.

Les modificati(s français n*ont point de terminaisons particulières pour exprimer le comparatif et le superlatif, et par conséquent ils n*ODt point par eux-mêmes la variation de premier et second degré de comparaison. On en excepte quelques uns par imitation du latin.

Bon,

meilleur,

opime;

Grand,

majeur,

maxime ;

Haut,

supérieur^

suprême ;

Petit,

moindre.

minime ;

Mauvais,

pire.

pessime.

Les qualificatifs sont variables dé genre et de nombre et se placent devant ou après le nom^ tantôt suivant lés besoins de Tharmonie , quelquefois suivant les lois de la construction, d'autres fois suivant le sens nécessaire de la phrase. Exemple:

Le roi et le berger sont égaux après la mort. L'esprit et la vertu sont seuls faits pour plaire. Cette actrice joue avec un goût et une noblesse cliar* mante.

Les qualificatifs demi, nuj cU-joint^ placés devant le nom sont invariables. Exemples :

11 marche nu-pieds.

11 partira dans une demi-heure.

Vous trouverez ci-joint une lettre pour votre ami.

Placés après k verbe, ils sont variables :

Ils marchent pieds-nus.

Il partira dans trois heures et demie.

La lettre ci-jointe vous apprendra des nouvelles de votre ami*

Le substantif gren^ V€Ut au féminin le qualificatif^ qui est devant lui, et au masculin celui qui est après. Exemple : Ton. I. 22

~ 338 — Les vieilles gens sont soupçonneux.

On dit et Ton écrit : feu la reine^ la feue peine.

Les modificatifs verbaux de tems simultanés sont tou« jours invariablesi à moins qu'ils ne perdent leur propriété d'exprimer Taction du sujet. Exemple :

Les eaux courant vers la tner, vont s'y perdre pour en ressortit en vapeurs attirées par le soleil.

La femme appartenant à son mari, ne doit pas en être séparée, sans des causes graves.

Les mbdificàtifs verbaux exprimant une qualité, une action perfnanétite dans le sujets deviennent qualificatifs et en suivent là variabilité. Exemples :

Cette femme eist engageante ; sa société est atta-'

chante.

La Cour toyale séante à Met2.

Les villages dépendans de la commune de Rupt. Les femmes sont naturellement dépendantes de leurs

marisi Les. citoyens démeuruns^ résidons à Nancy.

Il faut excepter ceux qui sont suivis d'un régime direct ou objectif.

Une femme attachée à ses devoirs, craignant Dieu, aimant son mari, et ayant soin de ses cnfans, est respectée et estimée de tout le moade*

Lé^ mbdi&catifs verbaux de tems antérieur^ considérés dans leqir nature d'activité, sont variables oii invariables, suivant l'auxiliaire qui les joint au sujet.

Quand ils sont accompagnés de l'auxiliaire êlré^ ils sont variables. Exemples :

Les sciences ont toujours été protégées par les grands

princes.

Ces dames se sont aperçues de leur erreur.

lis S6 sont plus à la campagne.

Elle s*est repentie de sa faute.

Les lois que se sont prescrites les Romains.

Elle s est laissée aller a la tentation.

Elle s*est laissée mourir.

11 faut excepter le cas où ils sont suivis d^un régime direct ou objectif.

Elle s^est laissé séduire^ (elle a laissé^ permis^ qu^on

la séduisit • Cette dame s^est imaginé ( a imaginé en elle ) que la

coquetterie est un moyen de plaire.

Elle s'est proposé ( a proposé à soi ) de montrer la

géographie à ses enfans.

Elle s^eSi laissé prendre (ou prendre elle).

Quand ils sont conjugués par Tauxiliaire ai^oir^ ils sont invariables, quelle que soit la place de leur sujet. Exemple :

Dans les derniers troubles qui ont affligé la France^ beaucoup de femmes ont montré un courage héroïque.

Il faut excepter le cas où ils sont précédés de leur régime direct ou objectif. Exemple :

La gloire que nos ancêtres nous ont laissée.

La personne que j-'ai entendue chanter.

Les peines que mVcausées cet événement.

Les arbres que j'ai vus naître, fleurir.

Mais si ce régime direct, exprimé au sous entendu^ vient aptes eux, ils restent invariables^ par suite de leur caractère de neutralité. Exemples :

La chanson que j'ai entendu chanter (on chantait la

chanson.

Imitez les vertus que vous avez entendu louer. Les arbres que j'ai vu couper (on les coupait).

Le verbe ya/re suivi d'un inânili(ëtant considéré comme partie intégrante de cet infinitif pour exprimer avec lui une seule et même action^ il s'ensuit que son inodificatif reste invariable. Exemples :

La maison que j^ai fait bâtir.

Les souliers que j'ai fait faire.

Deux phrases qui forment df s gallicismes , ne sont pas soumises à la variabilité dans leurs modificatifs :

Les chaleurs qu'il a fait cet é^é (qui ont eu Heu)* La disette qu'il y a eu en 1794.

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