XX — INTRODUCTION — LL
Sa branche la plus antique, le dialecte nommé himyarite qui se parlait dans les contrées méridionales de l'Arabie, ne s’est conservée que dans des inscriptions. — C’est à elle que se rattache la langue éthiopienne ou ghez, dont il n’est parvenu jusqu’ànous qu’une traduction dela Bible, qui date du 4° ou 5° siècle de notre ère, et un certain nombre d’écrits chrétiens. Depuis le 14° siècle elle a été remplacée en Habesh (Abyssinie) par le dialecte amharique, qui se parle encore de nos jours, et qui, du reste, est aussi affilié aux dialectes sémitiques.
La littérature de l’arabe classique, qui plus tard fut si féconde, prit naissance au commencement du 7° siècle, avec Mahomet et la composition du Coran (al-goran: la lecture). Elle se maintint dans son éclat, ainsi que les sciences des Arabes, en Espagne jusqu’au 14° siècle, tandis que, presque en même temps, l’ancien arabe écrit fut remplacé en Arabie, en Syrie et en Egypte par l’arabe moderne, nommé vulgaire, qui est encore langue vivante. Aujourd’hui encore l’arabe a un vaste territoire; non seulement il règne dans son pays natal, de même qu’en Syrie et dans le nord de l’Afrique, mais il est aussi répandu en Turquie, en Perse et en général partout où le mahométisme existe.
6. Entre la branche sémitique du nord, l’araméen, et celle du sud, l’arabe, se trouve celle du milieu: l’idiome de Canaan. Nous en connaissons deux rameaux principaux qui sont d’une grande affinité entre eux: le phénicien et l'hébreu. Les autres dialectes cananéens nous sont à peu près inconnus; cependant on peut présumer qu'ils ne renfermaient pas non plus de différences essentielles; il ne se trouve au moins dans toute l’histoire des Israélites aucun indice faisant supposer que ceux-ci et les Cananéens aient eu quelque difficulté à se comprendre. Cette présomption est confirmée par les traces peu nombreuses qui nous restent dans les noms propres indigènes (comme 7P22N,
PIS VIN, 7207 TN) et dans l'inscription moabite de la stèle du roi Mésha (voy. Ar