‹ Grammaire hébraïqueChapitre 12 sur 289 · EUR — LANGUES SÉMITIQUES — XXI · texte numérisé non relu

EUR — LANGUES SÉMITIQUES — XXI

a. Le dialecte des Phéniciens, qui, sur leurs monnaies, se désignent eux-mêmes par le nom de 1922, s’est conservé dans un assez grandnombred’inscriptions, parmi lesquelles se distinguent par leur étendue l’inscription funéraire du sarcophage d’Eshmounazar, roi de Sidon, trouvée en 1855 (maintenant au Louvre), et la grande inscription (tarif des sacrifices) déterrée à Marseille en 1845 1). Ce dialecte régnait dans la Phénicie et ses colonies, par ex. à Carthage, où il se modifia en dialecte néo-punique *)

b. L’hébreu, la langue de l’Ancien Testament, 'est le plus important des dialectes cananéens, et il différait si peu des dialectes voisins que, dans le passage Es. 19, 18, il est même appelé nav 1222 (langue de Canaan). Nous traitons de cette langue en particulier dans le chapitre suivant.

Un dialecte plus jeune, qui en est issu, est l’hébreu de la Mishna, la partie la plus ancienne du Talmud (voy. IIT, 3), qui est de l’hébreu encore, mais fortement aramaïsé, tandis que la Guemara a pour fondement l’araméen même, mais tellement dégénéré que, principalement dans la Guemara de Babylone, il est devenu un dialecte à part, le talmudique (comp. I, 4).

1) Voy. sur la langue phénicienne et ses inscriptions : BERGER, les articles Inscriptions et Phénicie dans l'Encyclopédie des sciences religieuses; et SCHRŒDER, die phônizische Sprache (Halle, 1869), pag. 223 et suiv., où l’on trouve la littérature respective, comme pe Luynes, BARGÈS etc.

?) Des spécimens de ce dialecte sont conservés dans des inscriptions et dans quelques scènes de la comédie de Plaute intitulée Pœnulus. (Comp. l’appendice de SCHR&DER, die phônizische Sprache, et Movers, die punischen Texte im Pœnulus etc., 1845.) — L'ancien dialecte punique doit avoir eu encore beaucoup d’affinité avec l’hébreu. Le mot suffètes (premiers magistrats), par exemple, répond à l’hébreu DDoÿ (juges); le nom de Hannibal est égal à ?22737: grâce de Baal (comp. PNY Nomb. 34,93); Hasdrubal est ?DAVY® : secours de Baal (comp. PNUD 1 Chron. 5,24); Barcas est P72: éclair (Juges 4, 6). Le nom de Carthage lui-même est NŸ7n np: nouvelle ville.

XXII — INTRODUCTION — LR

7. Quant à l’âge des langues sémitiques et à la priorité de l’une d’entre elles sur les autres, les données que peut fournir la connaissance de leur littérature et de leur grammaire ne suffisent pas, à l’heure qu’il est, pour décider cette question d’une manière absolue. Il y a deux points de vue fort différents à distinguer à ce sujet. D’un côté il importe de savoir l’époque historique où une langue a commencé à être écrite et à produire une littérature; d'autre part il faut constater l’état de développement grammatical où cette langue se trouve à ce moment. Car il faut bien remarquer que ces deux ordres de recherches n’aboutissent pas nécessairement à des résultats identiques. En effet, dans certaines circonstances favorables, un peuple ou une tribu, quise trouveparexemple dans une positionisolée avec des mœurs très simples, a pu conserver pendant des siècles sa langue dans un état relativement intact et primitif, jusqu’au moment où elle devient langue littéraire; par contre, sous l’influence de rapports avec d’autres nations ou d’une manière de vivre plus compliquée, la langue d’un peuple peut avoir déjà subi un procès d’altération plus ou moins rapide et sensible avant qu’elle ait été fixée par l'écriture.

Sous le rapport de l’ancienneté littéraire c’est l’hébreu qui occupe la première place. Les livres les plus anciens de sa littérature dépassent en âge de bien loin ceux de toute autre langue sémitique. On peut ajouter, comme un autre indice de sa haute antiquité, que les noms propres qui se rencontrent dans ses premiers produits littéraires, et qui remontent évidemment à un temps encore plus reculé, portent sans contredit le type hébreu). Les écrits araméens sont d’une date beaucoup plus récente ;

) I est vrai que cet argument, intimement lié à la question des archaïsmes (IT, 4), est sujet à discussion. (Comp. au sujet de ces derniers le 3me article de Mr. VUILLEUMIER sur la critique du Pentateuque dans sa phase actuelle, dans la Revue de théologie et de philosophie, juillet 1882, pages 307 et suiv.)

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