EYE — LANGUES SÉMITIQUES — XXIII
leur idiome porte la date de l’exil de Babylone. La littérature arabe enfin est encore plus jeune, puisqu'elle ne date que de plusieurs siècles après J.-C.
D'autre part, pour ce qui regarde l’état de développement de la langue dans la période de ses premiers produits littéraires, c’est l'arabe qui offre les formes les plus primitives. L’ancien arabe présente un caractère antique et une fraîcheur originale, conservés plus ou moins intacts dans la vie solitaire des tribus du désert. Il a les formes non émoussées, les voyelles et les diphthongues encore pures et claires etc. L’hébreu au contraire, tel qu'il se présente dans les livres saints, est décidément à l’état d’une langue qui a déjà passé par plus d’une phase de développement ou, si l’on veut, de décomposition, ce qui se montre par exemple dans la contraction des diphthongues, l’amollissement de certaines formes rudes, la diminution de certaines terminaisons etc. Les dialectes araméens enfin, dans leurs plus anciens monuments littéraires, se trouvent avoir déjà fait des progrès très considérables en fait de décomposition et d’appauvrissement grammatical.
Toutefois ces données fournissent une base insuffisante pour préciser davantage; aussi un des plus profonds connaisseurs des langues sémitiques ne croit-il pouvoir affirmer sur cette question que les faits résumés dans les thèses suivantes :
1) La langue de l’Ancien Testament a des formes déjà sensiblement plus décomposées que l’arabe, dont cependant la littérature est beaucoup plus jeune.
2) Néanmoins on ne peut pas constater d’une manière absolue la priorité de l’arabe à tous égards.
8) La rudesse de l’araméen ne représente pas un état de simplicité originaire, mais bien plutôt la dureté d’un état de décrépitude, de sorte qu’on aurait grand tort de le regarder comme le type primitif des langues sémitiques. (KaAuTzscH, Grammaire de Gesenius, $ 1 fin.)