IL:°1: — LANGUE HÉBRAÏQUE — XXV
qu’eux-mêmes, se regardant comme peuple de Dieu, rattachaient leur nom à celui que leur patriarche Jacob reçut de Dieu comme titre d'honneur et gage de bénédiction (Gen. 32, 29), et se nommaient PNTE? 722 (fils d'Israël). — Plus tard, principalement après la division du royaume de Salomon en royaumes d'Israël et de Juda, le nom d'Israël perdit sa signification théocratique et prit un sens politique. Après la destruction du royaume d'Israël le nom de Juda subsista seul (74), et il est resté jusqu’à nos jours aux descendants de Jacob dans toutes nos langues, quoique parfois bien défiguré *. x
Quant à l’étymologie du mot 2}, il est clair qu’il dérive de ay. Mais qu'est-ce que ap? Comme nom appellatif ce mot signifie: ce qui est au-delà, par rapport à un fleuve: le rivage opposé (à l'endroit de celui qui parle); 229 peut donc signifier : les habitants du rivage au-delà (de l'Euphrate), et l’on peut supposer que ce nom fut donné par les peuplades cananéennes à la tribu mésopotamienne dont Abraham faisait partie, et que, une fois fixé, il resta attaché à Abraham même après son immigration en Canaan et se transmit à ses descendants. Cette étymologie se trouve déjà mentionnée dans la version des LXX, qui traduit 99201 Van par “ABoau rw reodrn (Gen. 14,13); elle fut soutenue par plusieurs rabbins, plus tard entre autres par le célèbre Wazrox (dans ses prolégomènes de la Bible polyglotte de Londres), et elle est reçue par la plupart des savants de nos jours. Néanmoins il faut convenir qu’elle n’est pas exempte de difficultés assez sérieuses, dont Le détail nous mènerait trop loin. — Le texte sacré de son côté nous engage à rattacher, du moins en première instance, le terme de D2y au nom propre ap
par lequel la généalogie sacrée désigne l’arrière- -petit- fils de Sem.
1) Le mot Juif, de même que l’anglais Jew, remonte à la prononciation turque yefoud pour yehoud.
XXVI — INTRODUCTION — ICT
Car s’il est dit (Gen. 10, 21) de Sem qu'il est 22972270 72N (le père de tous les fils d'Héber), il faut en conclure que dans ces temps le terme de descendants d'Héber était une désignation connue et que Héber était regardé et nommé comme le patriarche de plusieurs tribus. Une conclusion pareille découle du passage Nomb. 24, 24, où 92Y est employé dans le sens collectif de | 2) 722, de même qu’on disait PN T0” pour ND 722. On se demande sans doute pourquoi c’est précisément Héber qui est pris du milieu de la ligne généalogique. En effet, cela ne se comprend que lorsqu'on se rappelle que selon les dates de la Genèse Héber est le dernier représentant. de la longévité patriarcale, de sorte que selon cette généalogie il survécut à cinq, presque à six générations qui le suivirent jusqu’à Abraham, de même que dans ce récit il se trouve placé au point précis de la grande époque de la dispersion des nations (Gen. 10, 25) comme dernier patriarche de la maison de Noé. Il faut supposer alors que les descendants d'Abraham, dans la ligne de Jacob, ont maintenu leur descendance d’ÆHéber, dernier des grands patriarches auxquels se rattachaient:leurs traditions sacrées, tandis que les autres tribus prirent plus tard d’autres noms, par ex. les Yoktanides celui d’ Arabes, les descendants d’Ædom celui d’Zduméens.
2. La littérature de la langue hébraïque est contenue exclusivement dans les écrits de l'Ancien Testament !). Il est évident
7) On connaît en outre un petit nombre de pierres gravées (cachets), qui datent en partie du temps antérieur à l’exil, et de monnaies datant du 2e siècle avant l’ère chrétienne. (Voy. pe Vocÿüé, Mélanges d'archéologie orientale, Paris, 1868, pag. 131 et suiv.; DE SAULCY, Recherches sur la numismatique judaïque, Paris, 1854, et Numismatique de la terre sainte, Paris, 1874.) Et dans ces derniers temps on a fait la découverte de deux inscriptions très intéressantes. La première, trouvée en août 1868 dans l’ancien territoire de la tribu de Ruben à Dhibän (7293, Jos.13,9 etc., à environ vingt kilomètres à l’est de la Mer Morte), est connue sous le nom de l'inscription de la stèle de Dhibän; elle était