‹ Grammaire hébraïqueChapitre 165 sur 289 · DE L'ÉTAT CONSTRUIT · texte numérisé non relu

DE L'ÉTAT CONSTRUIT

s'emploie au sens figuré ou dans un sens particulier. — Ex. ni7 bras du fauteuil (1 Rois 10, 19), et portions (Gen. 47, 24) ; N\39 sources (Deut. 8, 7); 27342 cornes, D31p cornes de l'autel (Ezéch. 43,15), et NŸ399 D29N quatre cornes détachées (Zach. 2, 1); D°531 pieds, DV23) D? trois fois (Exode 23, 14.

Arr. IV.

De l’état construit.

S 30%. Nous avons déjà fait remarquer ($ 276) que la langue hébraïque n’exprime pas les rapports des noms par des cas, mais par des prépositions, et qu'il n’y a que le rapport du gémitif qui soit exprimé par une forme à part. Encore cette forme présente-t-elle une particularité étrangère à nos langues, savoir que ce n’est pas le nom régi qui subit la modification, mais bien le nom régissant.

S 308. Le rapport entre ces deux noms est si étroit que le premier d’entre eux se prononce aussi rapidement que possible, le ton s’inclinant sensiblement vers le mot suivant, si bien que souvent les deux mots sont liés par un maggeph, c’est à dire que le ton passe éntièrement au nom régi. (Comp. $ 539.)

Il s’en suit que le nom régissant, que l’on dit être à l’état construit, prend la forme la plus brève dont il est susceptible, ($ 87, a), tandis que le nom régi (qui en grec ou en latin serait au génitif) n’est aucunement altéré. — Tant qu'un nom n’a subi aucun changement, il est, en terme de grammaire, à l’état absolu.

$S 309. Quant à l’abrégement que l’état construit fait subir

aux voyelles du nom, voy. $ 341, 343, b etc. Voici les changements qu'il produit sur les terminaisons.

a. La terminaison du fém.sing., r,estremplacée par l’ancienne

forme N___ ($ 292): VD (cantique), 113 DT (cantique de

mon bien-aimé) Es.5,1.— La terminaison N __ reste telle quelle.

170 —— DES LETPRES PARAGOGIQUES — $ 309-312.

b. La terminaison masc. du pluriel, 27__,et celle du duel, CO’, perd le E, et la voyelle devient __ ;ilen résulte pour l’état construit du pluriel et du duel la terminaison commune ?___: 0923 (héros), 225 723 (les héros de Babylone); D°p (yeux), 77% JD (les yeux d’un roi).

La terminaison féminine 7 reste invariable.

1. On comprend facilement que le *— du duel, devant s’abréger, se contracte en *; mais on n’a pas d'explication suffisante pour le changement du 27%— en *—, qui paraît également provenir d’une contraction de ay en é. (Comp. Ewald, Lehrb. d. hebr. Spr. $ 211, c.)

2. L'état construit du plur. fém. ne se distingue que par les voyelles; voy. $ 373 etc.

ART. V

Des lettres paragogiques.

S 510. Les lettres 73, *, \, chacune quiescente en sa voyelle homogène (&,2,0),se trouvent, dans Certaines circonstances, ajoutées au nom. L'ancienne grammaire les appelait lettres paragogiques. I] est probable qu’elles représentent les débris d’anciennes terminaisons destinées jadis à marquer ce que nous appelons les cas du nom (comp. $ 276).

$ 311. La terminaison 5 (f paragogique) est la plus fréquente des trois. Elle n’a pas le ton, ce qui la distingue de la terminaison du féminin ee ir s’attachant à une forme se(0lée, elle provoque la restitution de la forme primitive ($ 284, 1,a): D [hars], NOV (soleil); n'ai (à la maison); de même la terminaison fém. 7 en prenant le ÿ parag., revient à son an-

. : J “ cienne forme avec D: JA? (salut), NY).

$ 312. Elle représente l’ancienne forme de l’accusatif, non seulement dans le sens du régime direct, mais dans l'emploi bien plus étendu de l’accusatif dans les langues classiques; comp.$ 555.

Si019-915. — DES LETTRES PARAGOGIQUES — F7:

$ 313. à. Les traces les plus distinctes pour reconnaître encore dans le ÿ5 parag. la terminaison de l’accusatif se trouvent dans un pag nombre de passages, comme Es. 8, 23: LR Sn 9 n2) ; XX) poar ( ait à hruinilié la terre de Zabulon et la terre de Nephtali): ou (acc. de la direction) Ps. 44,27: ; AND na)? 1? ( lève-toi en secours pour nous); comp. Job. 34, 18. De même pour le mot ; n9°? | (nuit), qui est toujours masculin et #mailél, il est assez évident que c’est originairement l’accusatif de Die (la nuit = pendant la nuit); comp. par ex. Deut. 28, 66: De Ans (nuit et jour).

b. Mais en général cette signification primitive s’est effacée, et, dans la plupart des cas, le 3 parag. proprement dit ne sert plus qu’à produire une diction emphatique, surtout en poésie ; par ex. ; nn) ( (un torrent) Ps. 124,4; ; ANT (la mort) Ps. 116, 15; ; ATEN (terreur) Exode 15, 16. à

1. Formation pareille a celle de nov: nn? [malra contre la régle] de D2 (temps): dans le temps = à présent.

2, Dans plusieurs cas cette terminaison ñ— est peut-être réellement la termin. du fém., privée du ton dans l’accentuation de nos textes pour des raisons particulières des masorètes; par ex. nan (vautour) Deut. 14, 17; na VA (four ardent) Os. 7,4.

$S 314. IL y a cependant encore un autre emploi, plus fréquent et plus précis, de l’ancien accusatif ou du ;7 paragogique, c’est lorsqu'il est ce qu’on appelle F3 Local. L'emploi de la terminalsOn ; HE? non accentuée, dans ce sens, remonte sans doute à son caractère primaire de signe de l’accusatif, ainsi que cela

se voit par le détail suivant.

$ 315. à. Le ;1 local (quiescent en __ non accentué) sert à indiquer la direction vers un endroit. — Ex. pri Fax Fan : 27p) (vers le nord et le sud et l’orient et la Gen. 13, 14:

172 —— DES LETTRES PARAGOGIQUES — $ 315-316.

RAY (à on [comme en latin: Æomam] que 16, 1; avec l’ar- Hoi: 12 VAUT (vers le ciel) Gen. 15,5: ; NV Lx \ (vers la montagne) Gen. 12, 8: à l’état construit: FOV ; male (à la maison de Joseph) Gen. 43,17; avec un nom propre Composé: yat MINI (à Bersaba) Gen. 46, 1.

b. Par une sorte de négligence on s’en sert aussi pour indiquer tout simplement l’endroit où une chose se trouve. — Ex. J ; d, MST : .

n1217017 (sur l'autel) Lév.1,9; FAT (là, 1h, ordinairement illuc) Jér. 18, 2 1. Très rarement le — est remplacé par —; par ex. 133 (à Nob) 1 Sam. 21,2; HAN) DIN Fe et là), 1 Roïs 2, 36. 2, Le ñ local se combine parfois avec des prépositions; par ex. ° À .

APEN T2 (jusqu'à Aphek) Jos. 13, 4; MAIN? (vers les enfers) Ps, 9, 18; A2 12 (dans le tailis) 1 Sam. 23,15; même niDÿn (du côté du nord) 108219, 10, 3. Il s'emploie même parfois par rapport au temps: TT) Dm {de jours en jours) Exode 13, 10.

$ 316. La terminaison *__ (° paragogique) s'attache de préférence à l’état construit, en prenant ordinairement le ton. Elle paraît avoir été l’ancienne terminaison du génitif, mais la-langue semble en avoir perdu le sentiment, et ce crément n'apparaît plus que comme un ornement pour le style poétique ou solennel. — Ex. NN 722 (le fils de son ânesse) Gen. 49, 11; n927 0 PRET 50 | selon l’ordre de Melchisédec) Ps. 110, 4 ; nRÛE DEU (pleine de droit) Es. 1,21; souvent joint à un participe : ñ20 20 (habitant du buisson) Deut. 33, 16; MX 1 MPa 1 (qui tr pas le rocher) Ps. 114,8; même avec une préposition: ON 73? | attachant à la vigne) Gen. 49, 11.

Cette terminaison se rencontre aussi dans quelques particules qui sont originairement des noms à l’état construit ($ 436,1): 7 ‘n?2 (sans),

no" (hors), 39 — 79 (de), et dans plusieurs noms propres, comme > 30" (roi de la justice), DN°I0 | (grâce de Dieu).

$ 317. La terminaison Ÿ — (\ paragogique) est rare et sans influence saisissable sur le sens. Elle est particulière au style élevé, comme le * parag., et ne se trouve qu'avec trois mots: 192 792 QUE Eee NombDA24#35110; ; DV9T y (source d'eau) Ps. 114, 8: VOX 'aun (animaux de la terre) Gen. 1, 24; Ps. 50, 10 etc. 1. Dans Daclinee noms propres on trouve ? au lieu de i; par

ex. nogin (homme du dard); PNY (face de Dieu), à côté de PNV3E.

2. On pense que ce \— était jadis la terminaison du nominatif, en comparant ces terminaisons 1—, *-—, ñ— avec le nom.; le gén. et l’acc. arabe en 04, 1, 4.

3. Le * et le \ paragogique portent en commun le nom de teræ compaginis (lettres de jonction).

Arr. VE Du nom avec des suffires.

$ 318. Le pronom personnel, en s’attachant au nom comme pronom suffixe, prend la signification du pronom possessif de nos langues ($ 406,b; 550), c’est à dire qu’il entre dans le rapport d’un génitif avec ce nom ($ 578); aussi la règle est-elle que le suffixe s'attache à l’éfat construit.

Les modifications produites sur le nom par cette composition sont exposées dans l’article qui traite des déclinaisons ($ 328 etc.); ici nous nous occuperons de la forme que prennent les suffixes eux-mêmes en s’ajoutant au nom.

S 319. Suffixes ajoutés au singulier des noms. singulier pluriel

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