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SYNTAXE DU VERBE

ARTICLE PREMIER

Des temps.

$ 470. Les temps que nous appelons parfait et aoriste désignent, selon $ 110, l’un l’action comme accomplie, l’autre comme en train de s’accomplir.

Pour nous rendre compte de leur emploi respectif il faut

d’abord distinguer le parfait et l’aoriste simples du parfait et de l’aoriste unis au \ consécutif, ainsi que de l’aoriste modifié en cohortatif et en jussif.

Le parfait et l’aoriste simples se rapprochent en général de notre passé et de notre futur, Comme par ex. dans la phrase suivante : 7Y ; aux IN i non OV Vale TON (ainsi que j'ai été avec Moïse, je serai avec toi) Jos. 1,5. Néanmoins ils sont loin de coïncider exactement avec nos temps, et il faut encore distinguer diverses manières dont la langue hébraïque les emploie, pour nous représenter leur valeur comparée à notre manière de penser et à nos formes grammaticales.

Arr. II.

Du parfait.

A. Du parfait simple.

$ 471. Le parfait est la forme naturelle pour exprimer le temps passé, en particulier pour désigner l’action comme accomplie, quant à son idée, et comme ne durant plus, quant au temps; par ex. MOV ; Te D’ (reconnais ce que tu as fait) Jér. 2, 23.

Il est donc particulièr ement propre:

a) à constater un fait accompli, comme notre parfait; par ex. 1 72) TDTNN TRÈS D'TONT (Dieu a trouvé l’iniquité de tes serviteurs) Gen. 44, 16; ir DIN 27 (als ont quitté l'Eternel) Es. 1, 4; NA AURA Le

b) à faire le récit plus ou moins détaché d’un fait, comme: VON DINAN FUN ON ([auant] à la femme il [lui] dit: et [quant] à l’homme il [ua] dit) Gen. 3, 16.17; ou à commencer le cours d’une narration (qui sera continuée selon $ 489); par ex. Dion N°72 MUNTZ (au commencement Dieu créa) Gen.

RNTA TIN?2 TINTE not NN nya (en ce temps-là Merodac- Baladan envoya) Es. 39, 1.

$ 472. Lorsque le passé qu’exprime le parfait est antérieur, selon le sens du discours, à un autre temps passé lui-même, nous le traduisons par le plus-que-parfait. — Ex. veu | Nm OÙ Ton (et al y passa la nuit, car le soleil s'était couché) Cren. 28, 11; nova NN IN TUNI FIN IN] (et its le craignirent comme ils avaient craint Moïse) Jos. 4, 14; Gen 240 (2 il avait béni); | 1 Sam. 14, 3 (90 \ 21 était allé).

S 473. Le parfait hébreu correspond dans certains cas à notre présent.

a. Il s'emploie pour exprimer une action accomplie en ellemême, mais qui constitue en même temps un état durable. — Ex. PIS MATIN (tu aimes la justice) Ps. 45,8; *NNJD (je hais) Ps. 31,7; PV? (fu connais) Gen. 30, 26; NAT (je me rappelle) Ps. 119, 55. (Comp. novi, memini, o0a etc.)

Cela fait qu’il se rapproche dans certains cas du sens descriphif de notre présent, qui s’exprime ailleurs au moyen du participe. — Ex. UN TT 22X M32 ? ( (un feu dévore devant lui) Joël Do m?92 2° 12 m2 (le cœur de son mari se confie en elle); Prov. 91 11set Suiv,

b. Il exprime une action accomplie mais qui se répète toujours (ce qui s’est fait et se fait toujours), qui constitue ainsi une règle constante. On s’en sert donc pour des sentences d'expérience (souvent parallèlement à l’aoriste). — Ex. al 107 27722 te honceaux souffrent disette et ont faim) Ps. 34, 11; Dev 1x PIN in 927 (l'Eternel regarde des cieux; il voit etc.) PS48N15 FIN 3: 139, 1 et suiv.

€. Il sert à constater solennellement un acte ou un fait du moment PUR — Ex. Re jhène (j'élève ma main) Gen. 14,22;

$ 474. Le parfait peut même servir à énoncer une action dont l’exécution est encore à venir, si l’on veut faire sentir que celui qui parle regarde la chose comme décidément résolue ou certaine, comme un fait accompli dans son idée. QE l’emploie donc dans le sens de notre futur pour prononcer une attente ou une ntenhon bien décidée; par ex. Yo IN D'5S» | des rois le verront et se lèveront) Es. 49, 7; 32 YANN (es filles me diront bienheureuse) Gen. 30,13; T0 n02 VAN) (Je veux donner l'argent pour le champ) Gen. 23, 13. — C’est pourquoi il s'applique particulièrement au style prophétique; par ex. Et V2 n°) (c’est pourquoi mon peuple sera emmené captif) Es. 5, 13.

1. Par la même raison le parfait peut servir à poser une condition avec une certaine énergie. — Ex. 219 RAS TEN NEM (7 a — si quelqu'un a] trouvé une femme, il a trouvé le bien) Prov. 18, 22; Amos 3, 8.

L'effet de la condition peut être introduit par * (comp. & 478, 1); par ex. NA] PANTNX 2101 (ei [s’]ù quitte son père, il mourra) Gren.44, 22.

2. Si le passé exprimé par le parfait est antérieur à un temps futur, le parfait hébreu répond à notre futur antérieur, ce qui se rencontre surtout dans des propositions conditionnelles. — Ex. VITN YO] EN (quand le Seigneur aura lavé) Es. 4, 4; comp. Gen. 43, 9.

$ 475. La langue hébraïque ne possédant pas de formes distinctes pour le conditionnel et le subjonctif, ces modes s’expriment par le parf. ou par l’aor. selon l’idée du temps dont il s’agit dans le discours en question (comp. $ 478,3). — Ex. du parfait: 197 72 1 DID... DD 19 MNT... MI 210

(si l'Eternel... .ne nous eût pas laissé un reste, nous serions comme Sodome, nous ressemblerions à Gomore) Es. 1,9; DYON TT nés VIN 222 | les rois de la terre n’eussent pas cru) Donne. 4, 12 ;

AND 200 NN TD PDT AD 92 (car maintenant l'Eternel au-

rait aff ermi ton règne) 1 Sam. 13, 13; Ezéch. 14, 13 et suiv. (Pour les exemples de l’aoriste, voy. $ 482, 2.)

248 — SyNTAXE — S 476-478.

B. Du parfait avec le \ consecutif.

$ 476. La langue hébraïque présente la particularité suivante: lorsque deux ou plusieurs verbes dont le premier se trouve à l’aoriste se siuvent, les autres se mettent ordinairement au parfait ($ 142) en se rattachant au premier verbe par le \ dit consécutif; par ex. 1901... ND? (als viendront..et ils iront) Zach. 8, 20. 21. De même, une phrase commencée par un parfait se continue de préférence par des aoristes avec le 1 consécutif {$ 489). — La notion dominante, quant au temps, étant suffisamment marquée par le premier verbe, ceux qui suivent se subordonnent pour le sens à cette direction première et générale, et ajoutent en outre à la diction la modification de leur caractère particulier. Cela prête au langage hébreu une variété des nuances de la diction

et une énergie de l’expression très efficaces.

$ 45%. Ce Ya le sens et l’effet de ne pas seulement enfiler ces verbes en les attachant l’un à l’autre, mais d'établir entre eux une consécuhion, c’est à dire un rapport logique d’antécédent et de conséquent. De 1à son nom de 1 consécutif.

Ce rapport peut être celui d’une stricte conséquence, rapport de l'effet à la cause ou à la condition dont il dépend; mais il peut aussi être envisagé dans le sens plus général d’une consécution d'actions qui découlent l’une de l’autre d’une manière quelconque jusqu’à indiquer le lien logique plus ou moins étroit de la suite

historique, marquant des faits qui se suivent l’un l’autre dans le temps. ,

$ 4%8. Le parfait consécutif ($ 144) exprime donc en premier lieu une action ou un fait futur qui doit se réaliser en conséquence ou Comme suite d’une autre action future, annoncée par l’aoriste qui vient de précéder. Dans ce cas nous Le rendons par notre futur. — Ex. P2T TANT NN1 PIN DN CNT 21 INÜNI (l’homme quittera son père et sa mère et sera attaché à sa femme) Gen. 2,24:

1. Le parfait consécutif peut être lié avec l’aoriste précédent de manière à constituer avec celui-ci une proposition composée, dont

l’aoriste forme la protase et le parfait l’apodose. C’est Le cas lorsque l’aoriste dépend d’une conjonction conditionnelle, comme EN, 5. Le 1 consécutif sert alors à introduire l’apodose. — Ex. PANDA... NEMN ON (si je trouve... , je pardonnerai) Gen. 18, 26.

Comp. sur cet emploi du 1 conséc. $ 464, a et 8. — D'ailleurs il ne faut pas oublier que dans beaucoup de cas le 1 consécutif du parfait ne se distingue pas, quant à la forme, du \ copulatif. Comp. $ 144, surtout b et 2.

2. «) Le sens de l’aoriste précédent peut être exprimé par un autre temps ou mode, sans que l'influence sur le parfait consécutif en soit altérée; par ex. (partic.:) nya DNA 0197 Hi (uorct, les jours viennent que je couperai) 1 Sam. 2, 31; Cimpér.:) 137091... NI IN 7107 7y (fais nous voir. .., et nous userons de grâce envers toi) Juges 1,24; ou même par une détermination adverbiale, par ex. Hop tere DNXA (en allant. tu trouveras) 1 Sam. 10, 2; Joël 4, 1.2; ..2n971 279 MNT 7921 (le soir, vous connaîtrez ... et le matin, vous verrez) Exode 16, 6. 7.

BP) Le parfait consécutif peut même dépendre d’un autre parfait, pourvu que celui-ci contienne la cause de ce que le parfait consécutif énonce comme futur. — Ex. VANa 137921 132 AA EN 29793 (l'Eternel nous a mis au large, et nous fructifierons sur la terre) Gen. 26, 22.

De même en style prophétique on emploie fréquemment la formule HY71 (et à! arrivera) pour rattacher d’une manière générale la suite à ce qui précède.

3. Si l’aoriste précédent contient une supposition, dans le sens de notre conditionnel, ou une intention, ce qui demande notre subjonctif, nous rendons le parfait consécutif par le conditionnel ou le subjonctif (comp. $ 475). — Ex. 111 ANA... 90027) VAN 300 121N (peut-être mon père me tâterait-il, et je serais... et je ferais venir etc.) Gen. 27,12; 993 nNY1...%2 20% 12? (afin qu'il m'arrive du bien… et que mon âme vive) Gen. 12,13; Gen. 3, 22.

4. Si l’aoriste précédent est employé dans le sens de notre #mparfait, il en est de même pour le parfait consécutif; par ex. TK) ARDTI..T2ur (et une vapeur montait...et arrosait) Gen.2,6; (l’aor. rendu par un partic.:) Ni1Di%a 92m DvD 5 .… 03120 (les sacrificateurs… marchaient . ..et sonnaient des trompettes) Jos. 6, 13.

$ 479. De même le parfait consécutif sert à exprimer un

ordre ou une demande qui forme la conséquence, soit le complément, de ce que l’aoriste précédent vient de demander. Cet

aoriste se trouve parfois au mode cohortatif ou jussif, ou même il est remplacé par un impératif. Nous rendons alors le parfait par l'impératif (ou par notre futur dans le sens de ce dernier). — Ex.. “FTP? on | tu vras...et tu prendras) Gen. 24, 4; nrin ? Pr FIN qRi su il soit des luminaires….et qu’ils soient

pour des tes Gen. 1, 14: YEN! 7 (va et dis) 2 Sam. 7, 5.

Le parfait consécutif, dans le sens jussif, peut aussi dépendre d’un autre temps ou d’une autre proposition contenant le motif. — Ex. ANA. MP? [$ 500, b, 3] (prends... et entre) Zach. 6, 10; NYT] nat nvau1 AIONT 79 NPD)... MHoN (et lui, il est ton Dieu, …

To Tr:

et none da fait. .et[en des tu aimeras….et tu observeras etc.) Deut. 10, 21; 11, 1; NAT PYIN NN SN (je suis Ruth … étends donc etc) Ruth 3, 9.

Arr. III.

De laoriste.

À. De l’aoriste simple.

$ 480. L’aoriste, exprimant l’idée non accomplie, est la forme naturelle pour notre futur. — Ex... nÜy Jun bs mx 12 (tout ce qu'a fait l'Eternel... ainsi dl fera) Deut. 3,21; S20N IN 11270770 (et jusqu'à la vieillesse moi je porterai) Es. 46, 4.

$ 481. a. De même que le futur de nos langues, l’aoriste s'emploie pour exprimer un ordre, une permission, tournure que nous rendons par le futur ou directement par l'impératif. — Ex. ai 2/9 ATN naTa (tu feras un autel de terre) Exode 20, 24; DENT a Sn. 12 Se | tu mangeras de tout arbre...) Gen. 2, 16. 1. Pour la négation simple on emploie N>: J'aÿ? ND (il n’entendra point) Exode 7, 4.

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