XXXII — INTRODUCTION — II
l'emportait dans la vie ordinaire et familière et prédominait de, plus en plus.
La littérature de cette époque a dû nécessairement se ressentir de cette influence babylonienne. Cela se voit entre autres par l'emploi de mots araméens (par ex. 77, temps; Ùn”, famille; 112, forteresse), qui se rencontrent déjà chez Jérémie et Ezé-
chiel ; Jérémie a tout un verset (10,11), Daniel et Esdras des morceaux entiers (Dan. 2, 4 à 7,28 ; Esdr. 4,8 à 6, 18; 7, 12-26) en araméen; on remarque aussi dans ces livres, de même que dans Néhémie, Esther et les Chroniques, d’autres particularités caractéristiques d’une certaine décadence de la langue, comme par exemple l'emploi fréquent de l'orthographe pleine CFA pour : 7 etc.), la permutation du x et du ;7 final etc. D’autre part
il faut remarquer combien les prophètes Aggée, Zacharie et Malachie ont eu à cœur de maintenir le langage de leurs prédécesseurs; leurs écrits présentent en effet un hébreu pur et une diction noble, dignes de leurs modèles classiques.
6. À cette même époque de réorganisation se rattache aussi l'écriture hébraïque, telle qu’elle est maintenant en usage; car dans les anciens temps les Hébreux écrivaient avec d’autres caractères. L’alphabet antique (ancien sémitique) dont ils se servaient a beaucoup de ressemblance avec celui des Phéniciens, lequel en effet paraît en représenter une modification un peu plus jeune !). C’est de ce même alphabet que se développèrent
) L'origine de cet ancien alphabet sémitique n’est pas encore hors de doute. — L'opinion acceptée par la plupart des savants modernes se trouve exposée dans le Mémoire sur l’origine égyptienne de l'alphabet phénicien de E. De Rou&é, publié par J. pe Rou&é, Paris, 1874), selon lequel il remonte à l’alphabet hiératique des Egyptiens, lequel de son côté s’est développé des hiéroglyphes, abrégés en une espèce d'écriture cursive. — Les premiers monuments des anciens caractères hébreux que nous possédions sont les inscriptions de la stèle