III. Manière d'exprimer le comparatif et le superlatif
$ 563. L’adjectif, en hébreu comme en français, n’a pas de formes particulières pour les différents degrés de comparaison. Il reste toujours, comme s'expriment nos grammaires occidentales, au positif; pour exprimer le comparatif et le superlatif la langue a recours à d’autres tournures, moins précises, il est vrai, dans quelques cas.
$ 564. Le comparatif se forme, sans rien changer à la forme de l’adjectif, en plaçant la préposition à (ou le 3 préfixe, $ 441) devant le substantif (ou le pronom personnel) qui sert de terme de comparaison. — Ex. TP F1 0272 Pin na 7N2 (qu'y a-t-ù de plus doux que le miel et qu'y a-t-ùl de plus Fort que le lion?) Juges 14,18; ; APN m9 M2 YA (des abominations plus grandes que celles-ci) Ezéch. 8,15; FAN DD SN 37 1 | tu es plus sage que Daniel) Ezéch. 28, 3: nor mhrss DSN2 nD22 j HAE 2 (mieux vaut se confier en l Eternel que de se confier en l'homme) Ps. 118,8; le substantif remplacé par un pronom personnel (suffixe): 720 2127 12? (à ton prochain qui est meilleur que toi) 1 Sam. 15, 28. (Comp. $ 603, 4, b, 0.)
Remarque. Cela s'applique de même aux comparaisons exprimées par un verbe: PTS" TN D'UN (l’homme serait-il plus juste que Dieu?) Job 48 ire on 722" nx 729" (et tu as honoré tes fils plus que moi) 1 Sam. 2, 29; Gen. 26, 16; 41, 40..
1. Quelquefois il n’y a que le substantif avec F4 qui soit exprimé, l’adjectif se devinant facilement par le sens du terme de comparaison: 727 Di} DEN) (et la vie se lèvera plus brillante que le midi) Job 11,17; 7219 VW (le [plus] droit est pire qu'une haie de ronces) Mich. 7, 4; Es. 10, 10. — Sur l'emploi de 7, voy. $ 603, 4, b, d.
2. D'autre part, si l'adjectif prend l’article, le terme de comparaison, qui alors s'entend de soi-même, est supprimé; cela s’applique en particulier aux adjectifs 2173 et JD? (grand et petit); par ex. 11: niDpT DU FIND 72790 OÙ (le nom de l’aînée était Léa et le nom de la cadette était Rachel) Gen. 29,16. Dans ce cas le comparatif ne se distingue pas du superlatif (comp. $ 565, a).
$ 565. Pour le superlatif, il y a trois manières de l’exprimer: La première et principale consiste à donner à l’adjectif (qui ne change pas de forme) un sens exclusif, en le déterminant:
a) par l’article (le bon par excellence — le meilleur): D2 T2" (les meilleurs) 1 Sam. 8,14; VOX VD2N" nwJn2 Sin ES V2N 22 (ma famille est la plus faible en Manassé et je suis le plus petit dans la maison de mon père) Juges 6, 15; DYŸ22 ; 112917 (la plus belle parmi les femmes) Cant.1,8;
b) par un nom régi (génitif partitif, comp. $ 548, À, c), l'adjectif se mettant à l’état construit (le bon des objets — le meilleur des objets), 1732 TD (le plus petit de ses fils) 2 Chron. 21, 17;
c) par un suffixe (sa bonne qualité — sa meilleure qualité): Pi D21D (leur bon [— le meilleur d’entre eux] est comme une LUE Mich:,7, 4% DD 7h) Die (depuis le plus grand jus-
qu'au plus petit d’entre eux) Jon. 3, 5.
$ 566. Ou bien on a recours à l’expression du comparatif, mais on lui empreint un sens exclusif en ajoutant le mot Ss à la préposition Ÿ. — Ex. nTDN NT 92% ONY A DR (et le serpent était plus rusé que tous les animaux des champs) Gen. 31: 27 722" 55 Sÿ73 ( le plus grand de tous les fils de l'Orient) Job 1, 3: avec un verbe ($ 564, rem.) : Dpn- 95% 247 (et il était le plus grand de tout le peuple) 1 Sam. 10, 23 Com: BEA
Preiswerk, Gram. héb. 20
306 — SYNTAXE — S b67-569.
$S 56%. On indique enfin l’idée du superlatif en assignant une signification exclusive au substantif comparé, moyennant sa répétition, de manière à donner au mot répété la-forme du pluriel et la position du génitif, et en sous-entendant l'adjectif qualificatif voulu : 2772) 72) (le serviteur des serviteurs — le
serviteur le plus vil) Gen. D AR 5 Es D'?2n 729 la plus grande vanité) Eccl. 1,2; DAUrT gi” (les cieux les plus élevés) 1 Rois 8, 27 ; Exode 29, 37; Cant. 1, d
ART. VII
Des noms de nombres.
A. Noms cardinaux.
$S 568. Nous avons déjà parlé ($ 381 et suiv.) de l’accord du nom de nombre avec le substantif. Il nous reste à traiter de la construction du substantif accompagné d’un nom de nombre. Sous ce rapport il s’agit de savoir si le substantif compté se met au singulier ou au pluriel, ce qui dépend en partie de sa position avant ou après le nom de nombre.
En général le substantif se met toujours au pluriel lorsqu'il précède le nom de nombre.
Pour l'application de ce principe et pour les cas où le substantif suit le nom de nombre, on peut établir les règles suivantes.
$S 569. Avec les nombres de 2 à 10 le substantif se met au pluriel, qu'il les précède ou qu’il les suive; ordinairement il Les suit. — Ex. D'OpU NU... DOpU ADN... DD VEN (cing ans... cinq sicles .… trois sicles) Lév. 27, 6; D'be j nu y (dix da Gen. 24,10; 8,10; 47,2; mir D (trois jours) 1 Chron. 12, 39.
Il y à cependant des cas exceptionnels, où le substantif est au singulier; par ex. Dn2"nUan (cinq pains) 1 Sam. 21, 4; D? ny (dix
TT
pains) 1 Rois 14,8; 73% ni (huit ans) 2 Roïs 22,1; avec un substantif