LANGUE HÉBRAÏQUE — XXXV
(Matth. 5,18) eût mentionné par une locution proverbiale le yod comme la plus petite des lettres, si l’on n’eût été habitué, déjà depuis un assez grand espace de temps, à écrire et à lire Les livres saints en caractères carrés, puisque ce n’est que dans cet alphabet que cette épithète convient au yod ?). Le manuscrit le plus ancien en écriture carrée qu’on connaisse remonte au Commencement du 10€ siècle de notre ère ?).
Ajoutons un mot sur les noms des lettres. Ils paraissent être d’une haute antiquité et désignent les objets représentés par les formes primitives des lettres; cependant la traduction de quelques-uns d’entre eux n’est pas certaine. Voici la signification de ces noms: n 2x [tête de] bœuf; pus MASON ; 7273 cha-
mea ; n°7 porte; NT treillis[?]; 1 pieu; DT ornement Où arme; raun haie 11 art outre [?] (serpent [?1 ; 7 main; F2 creux de la main; 72? aiguillon; DYA eau; 112 POISSON ; 120 soutien ; Ty œil; NE bouche; TS harpon [?]; AP anse, trou d’aiguille, de hache ou partie postérieure de la tête (lat. occiput) ; D tête; To dent ; \N marque, croix. — En comparant les figures du tableau
des alphabets on s’apercevra que plusieurs de ces termes n’ont de sens que par rapport à l’ancien alphabet, comme yod, an ; tandis que le nom de vav, par exemple, ne convient guère qu’à l'écriture carrée.
1) Dans l’ancien alphabet au contraire cette lettre a la forme digitée qui lui a fait donner le nom de main. — On a même cru reconnaître dans l'expression xsoæa (au même passage) une allusion aux petits traits verticaux dont les Juifs se plaisent à surmonter les petites lignes horizontales des lettres 4, 7, D, 3, Ÿ, X, ©, et qu'ils appellent ÿ4n (couronnes), enjolivements auxquels déjà le Talmud attache une grande importance.
2) Prophetæ posteriores ad fidem Codicis Babylonici Petropolitant, ed. H. SrraAcCK, Pétersb., 1876, dont une partie a été publiée à part: Hosea et Joel prophetæ ad fidem Codicis Babylonici, ed. H. STRACK, Pétersb., 1875.
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