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SYNTAXE DES PARTICULES

Observalion préliminaire.

$ 598. Nous avons vu que les particules sont pour la plupart originairement des noms ($ 429 etc.), et qu’elles conservent ce caractère sous plusieurs rapports; ainsi la possibilité de recevoir des suffixes, de prendre la forme du pluriel ou celle de l’état construit; en outre elles ont, par la même raison, beaucoup de facilité à se lier avec d’autres particules, comme avec le ” local, avec des prépositions etc. Il en résulte naturellement

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une grande variété de nuances quant à la signification; comparez par ex. l'emploi de TX comme adverbe (Exode 5,1), comme préposition (Gen. 15,1), comme préposition composée (2 Sam. 7,8); ou bien celui de EŸ (la, ii), neÙ (là, iluc), CSA (d'où), OÙ TÜN (où, ubi), ; neÿ UN (où, quo), mire TÜN (d’où) etc.

Cette flexibilité des particules donne à la langue hébraïque une grande richesse d'expression et beaucoup d'énergie. Pour leurs significations particulières ainsi que pour les nuances de leurs compositions, nous renvoyons au dictionnaire. [ci nous avons à nous occuper de leur construction.

ARTICLE PREMIER

Des adverbes.

$ 599. Les adverbes ($ 430 etsuiv.) ne s’emploient pas seulement avec des verbes, mais aussi avec des adjectifs et même avec des substantifs. — Ex. SNA Feu (et il se réjouit fort)

1 Rois 5,21; NE 722 (très lourd) Exode 9,3: Gen. 1, 51: ; DPE D (un peu d'eau) Gen. 18, 4.

1. L'emploi d’un adverbe joint à un substantif repose sur la la nature primitive de l’adverbe comme nom; une telle construction peut se présenter sous trois formes :

a) L'adverbe prend.la position de l’état construit ($ 548 14): 270 DD; DWD 22 171 (et assez de lait de chèvres) Prov. 27, 27.

f) Il est régi par un état construit (occupe la place du génitif): DY 7" (gens en petit nombre) Deut. 26,5; 037 V7 (le sang [versé] sans cause) 1 Rois 2, 31.

T) 1 suit le ROUE comme EE 227 DYYIN Me [fréquemment]) Es. 47, o.

2, On répète l’adverbe pour le renforcer ou pour y ajouter l’idée d’un progrès croissant: TN TN (excessivement) Gen. 7, 19; DY DA (peu à peu) Exode 23, 80. |

3. Sur les adverbes composés avec ZX (adv. relatifs), voy.$ 591.

$ 600. Deux adverbes ont un caractère particulier. Ce sont uw) et PN (moins souvent DN; voy. $ 431, 1), qui expriment l'existence et la non-existence, mais qui, outre leur signification adverbiale, renferment l’idée du verbe être dans tous les temps exigés par le contexte, de sorte que dans l’usage ils représentent une espèce de verbe impersonnel: © 1 y a, DN uUny a pas. — Ex. mil 1 Di 22 US ©” (l'Eternel est en ce lieu-ci) Gen. 28, 16; mx ei (et il n'y avait pas d'homme) Gen. 2, 5; 772 DN ( (ul n’y avait pas de roi) Juges 17, 6.

Il y a des constructions elliptiques où TX répond, seulement pour la traduction, à notre préposition sans; par ex. Di7 FNEN 502 VN (et elie sortira gratuitement, sans [qu’il y ait de l'] argent [à payer]) Exode 21, 11.

a. Si le pronom personnel est sujet d’une phrase dont l’idée verbale est exprimée par (ap ou Do il s'attache à ces mots sous la forme d’un suffixe. (Comp. $ 515, 3.4.) — Ex. YIN2 DUT DN (s’il est dans lepays) 1 Sam. 23,23; 122 N1 128 2 F9 2 (quand

le vent a passé dessus, il n’est plus) Ps. 103, 16.

b. Si W° ou PK se lientaun verbe, ce dernier semetau participe, l’idée du verbe être se trouvant renfermée dans l’adverbe.— Ex. DEUS MOY UV EN (s’il y a quelqu'un qui exerce la justice) Jér. pe 1: Dn'ix DE TN (et il n’y avait personne qui les interprétät) Hendies

On aime même à appliquer cette tournure, surtout dans le sens négatif, à des phrases qui, selon notre mode de construction, se formeraient au moyen du verbe personnel. Le sujet est alors exprimé par un suffixe (voy. a), et le participe représente l'attribut. — Ex. DUT 107 EN (si tu vas délivrer) Juges 6, 36; D'Un NON (el si tu ne ramènes pas) Gen. 20, 7; DDR DENT (vous n’eûtes point confiance) Deut. 1, 32.

S 601. Adverbes de négation. (Propositions négatives). La proposition négative se forme:

a) avec x, selon $ 600;

b) avec N= et 5x, qui se distinguent en ce que No exprime simplement le contraire de l’assertion positive (parallèlement à l’emploi de DN); tandis que 5x empreint à la négation le sens d’un souhait, d’un ordre. (Comp. en latin non et ne, en grec ox et wy.) C’est pourquoi ND se construit avec le parfait et l’aoriste, 5x avec l’aoriste, en particulier avec le cohortatif et le jussif. (Comp. $ 481, 1 et 2.) — Ex. VAUT N® | (je ne sais pas) Gen. 4, 9: De” No | il ne sera point ébranté) CS To r0: CVS 5x (ne regarde point) Gen. 19, 17; NO ITENE EN | (qu'il n'y ait point de dispute, je te prie...) Gen. 13, FA

1. La négation jointe à #2 (sans l’article) sert à exprimer l’idée de: aucun, rien (comp. $ 595, b); par ex. Ja0 Ÿ? »2 V7N7 N? (vous ne mangerez d'aucun arbre du jardin) Gen. 3, rat ?2 ni N?1 (et al ne resta aucune verdure) Exode 10, 15; PATTIN 721 (et Le pauvre n'avait rien du tout) 2 Sam. 12, 8.

2. Dans certains cas ?N est remplacé par N> avec l’aoriste pour rendre le commandement plus péremptoire ($ 481,a,2); par ex. 7? MYTITND (tu n'auras point) Exode 20,3 etc.

3. Parfois on emploie N> et >X en construction elliptique, en sous-entendant le verbe que suggère le contexte; ils répondent alors à notre non; par ex. N? VAN (et il dit: non) Jos. 5,14; 1 Rois 2,30; *132 ?N (non, mes filles) Ruth 1, 13. — Comp. $ 602, rem.

4, La négation de linfinitif précédé de la préposition ? s’exprime par Vn?227; par ex. 7241 22? ….DVE£# (j'ai commandé... de ne point te toucher) Ruth 2, 9.

5. Le style poétique présente encore les mots de négation 52 et Pet par ex. MNY-?2 (i ne voit point) Ps.10,11; 07-22 (il ne sera point ébranlé) Prov. 10, 30; 21pn 72 (elle n’a point d'effet) Job 41, 17.

6. ?2 s'emploie aussi comme conjonction (afin que...ne... pas): 19772 (afin qu'ils ne se relèvent pas) Es. T4, 21.

En prose on exprime ce sens par la conjonction 732 {$ 607, 6); par ex. Ÿ1£3772 (de peur que nous ne soyons dispersés) Gen. 11, 4; en

construction elliptique: \72 n2wr-7E MAY (eé maintenant [empéchonsle], qu’il n'étende sa main) Gen. 3, 22.

7. Lorsque deux négations se suivent, elles ne produisent pas le sens positif, mais elles s'appuient l’une l’autre; par ex. 2201 22242 DD DK (est-ce parce qu’il n'y avait pas de sépulcres en Egypte, que... ?) Exode 14, 11; NII N D 2193 (avant que vienne) Soph. 2,2; 22 PNA (litt.: sine nullo habitante) Es. 5,9; 6, 11.

8. Quand deux phrases négatives se suivent, ce n’est souvent que dans la prAquIre de la RENE se trouve RE surtout

eos ie

reprends pas dans 5h courroux et ne 7 PL. pas ma : fureur) Ps. 38, 2.

$ 602. Adverbes d'interrogation. (Propositions interrogatives.)

a. L’interrogation simple et directe est ordinairement marquée par le 5 interrogatif ($ 433); par ex. WMA (me feras-tu descendre ?) 1 Sam. 30, 15.

Cependant cette marque de l’interrogation n’est pas toujours employée; dans beaucoup de cas il n’y a que le ton de celui qui parle qui fasse sentir le sens interrogatif de la phrase; par ex. 1ÜY °22 NT FIAN (est-ce toi, mon fils Esaü?) Gen. 27,24. Cela se rencontre surtout dans des cas où la question est liée à la phrase précédente par Le 1 copulatif, ou bien quand elle a un sens négatif; par ex. UV FAN (el toi, tu en aurais la possession ?) Juges 11, 23; 5opo? No etils ne nous lapideraient pas?) Exode SUD OVIN K 21 et moi je n'épargnerais pas?) Jon. 4, 11.

Les adverbes te or io (TON où ?, TN comment ?, ; 2°, V17% pourquoi ? etc.) se placent toujours, ainsi que le ff interrogatif, en tête de la proposition.

b. L’interrogation disjonctive (en latin: utrum...an) se forme en introduisant le premier membre par le 3 interrogatif, le second membre s’y joignant par ÊX ou DN\; par ex. AN D?n AIS D ON ( (es-tu des nôtres ou de nos ennemis?) 10810318 "42 Sam.

24,13; ... DN1Y...AN1T Job 34,17. — La même construction s'emploie, sans qu’il y ait une antithèse, pour joindre deux questions parallèles; par ex. Sion SiD'2TDN 15 2p 17en 1720 192 (dois-tu régner sur nous ou dois-tu nous gouverner ?) Gen.

À Dar BBALU, I DaJ0r0 0:

€. L’interrogation indirecte s'exprime:

a) par la même forme que l'interrogation directe, c’est à dire par le 3 interrogatif; par ex. Dan PT min? ( (pour voir si les eaux étaient diminuées) Gen. 8,8;

de même, pour l'interrogation indirecte en sens disjonctif,

par le F3 interrogatif et CN; par ex. 21 NT NPNTT - + AUENI NOTEN VU (que je te tâte,… si tu es bien mon Jils Esaü ou non) Gen. 27, 21; Nomb. 13, 20;

b) par EN; par ex. 1930 1; HAREE EN MINT (voyons si la vigne

a bourgeonné) Cant. 7, 15.

1. Souvent la question insinue déjà la réponse négative qu’on attend; par ex. *52N IN VAUT (suis-je le gardien de mon frère?) Gen. 4,9. Cela fait que parfois l'interrogation prend effectivement le caractère d’une assertion négative; par ex. 772 V?-1327 nANT (ce n'est pas toi qui me bätiras une maison) 2 Sam. 7,5.

2. Pour indiquer qu’on attend une réponse affirmative on emploie N2t (le latin nonne: n'est-il pas vrai que?); par ex. YTINTN?T (ne pourrais-je pas me laver ?) 2 Roïs 5,12; et cette tournure sert également d’équivalent à une assertion positive; par ex. *N7E N?1 (voici, j’ai commandé) Ruth 2,9; 1 Sam. 23, 19. — Dans quelques cas c'est même la simple interrogation, sans N?, qui exprime ce sens affirmatif; par ex. VnV233 n330 ([ne] me suis-je [ pas] clairement manifesté ?| 1 Sam. 2,27; Job 20, 4.

3. Pour poser la question avec plus d’emphase on ajoute parfois 1 (pronom démonstratif) ou N12N (donc); par ex. 71 APNT 2% 932 [interr. indir.] (si tu es bien mon fils Esaü) Gen. 27, 91.24; VX TN (où donc?) Job 17,15. Comp. $ 583, 4.

4, Sur la construction du pronom interrogatif, voy. $ 583. — Pour le sens optatif exprimé par 2, voy. $ 488, b, rem.

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