XL —— INTRODUCTION — IE
milieu du 4° siècle par les rabbins de la Palestine et est appelée la Guemara de Jérusalem. L'autre, beaucoup plus longue, la Guemara de Babylone fut rédigée dans le cours des 62 et 7e siècles dans les écoles rabbiniques de la Babylonie, qui fleurirent après la mort de rabbi Juda le saint, et qui en autorité éclipsèrent même les écoles de Tibériade.
L'’idiome de la Mishna est le nouvel-hébreu ou hébreu rabbinique, qui se rattache encore essentiellement à l’hébreu canonique !); dans la Guemara au contraire c’est l'élément araméen qui prévaut décidément; cela s'applique au plus haut degré à la Guemara de Jérusalem, dont l’idiome est le plus dégénéré, et le dont style est plus obscur et plus difficile que dans celle de Babylone; aussi cette dernière est-elle plus estimée parmi les Juifs. (Comp. I. 4).
La Mishna et les deux Guemara réunies composent le grand ouvrage connu sous le nom de Talmud (125n, doctrine)*), qu’on
pourrait désigner comme le corpus juris judaici *).
tinées à l'illustration de tel ou tel propos, de même que de digressions fréquentes dans le domaine des sciences et de la fable.
1) Le traité le plus célèbre de la Mishna est intitulé NŸ3K 278 (sentences des pères), et son idiome se rapproche le plus de l’hébreu pur. (Réimprimé à part par STRACK, Karlsruhe et Leïpzig, 1882.)
?) Le Talmud est divisé en six livres (877, ordres, chefs), dont chacun contient plusieurs traités (NN392); ceux-ci sont subdivisés en chapitres (2129®), qui se décomposent en un certain nombre d’articles d'enseignement, (35%). Dans chaque chapitre les articles de la Mishna sont accompagnés de la Guemara qui s’y rapporte, si toutefois il en existe une, ce qui n’est pas toujours le cas. (Voy. l'excellent article Talmud de J. DERENBOURG dans l'Encyclopédie des sciences religieuses, tome XIL.)
3) Il y a bien aussi des idées théologiques, contenues dans les parties qui portent le nom de n22p (tradition), mais elles y sont recouvertes d’une enveloppe mystique, de sorte que l'étude des pièces cabbalistiques est très pénible, et le profit à peu près nul.